Prêtre, pour vous amener à sortir de vous-mêmes…

Lundi 9 octobre 2017 : Bx John Henry Newman (Fr. Joseph)

John Henry Newman, né à Londres le 21 février 1801 et mort à Edgbaston le 11 août 1890, est un ecclésiastique anglican qui s’est converti au catholicisme. Il a été béatifié, le 19 septembre 2010, par le pape Benoît XVI, ce qui est remarquable, car Benoît XVI avait repris la tradition laissée par Jean-Paul II, selon laquelle le pontife romain ne béatifiait pas mais canonisait uniquement.

Newman, a été étudiant à l’Université d’Oxford, il est devenu prêtre anglican. Ses travaux sur les Pères de l’Église l’ont conduit à analyser les racines chrétiennes de l’anglicanisme et à défendre l’indépendance de sa religion face à l’État britannique, sous la forme de « tracts ». Ainsi est né ce que l’on a appelé « le Mouvement d’Oxford », dont Newman fut l’un des principaux acteurs. Mais ses recherches l’ont conduit à reconnaître la vérité du catholicisme, qu’il a vu dès lors comme la confession la plus fidèle aux racines du christianisme. Il a donc fait le choix difficile de passer à l’Eglise catholique. Par la suite, il a beaucoup souffert même de membres éminents de l’Eglise catholique, mais il a suivi la voie que lui ouvrait le Seigneur. Devenu catholique, il a voulu entrer chez les oratoriens fondés par Saint Philippe Néri. Il a alors demandé et obtenu du pape l’autorisation d’ajuster les Constitutions de l’Oratoire romain aux nécessités présentes en Angleterre. Il est par la suite devenu cardinal.

Tradition et développement du dogme

Donnons quelques orientations de la grande œuvre de Newman. En face de la crise de l’Eglise anglicane influencée par le protestantisme, mais tout en étant profondément anticatholique, il a étudié les Écritures et les Pères de l’Église. Son but était de montrer que l’anglicanisme traditionnel correspondait à ce qui se vivait au temps des Pères de l’Eglise. Ses recherches l’ont conduit à découvrir le lien entre les évangiles et la formation de la doctrine et des dogmes au temps des Pères. Il a vu que les dogmes de l’Église n’étaient pas des réalités nouvelles, mais un développement harmonieux de ce qui existait dès le début. Mais cela l’a conduit à ce qu’il ne recherchait pas : force lui a été de constater que les développements du dogme dans l’Eglise catholique ne faisaient que continuer ce qui se faisait déjà au temps des Pères. Il dut alors reconnaître la vérité du catholicisme. Par son étude de la grande Tradition et du développement du dogme, Newman est un véritable précurseur du concile Vatican II qui a approfondi la notion de Tradition. Quand Benoît XVI a parlé de l’herméneutique de la continuité et rejeté une herméneutique de la rupture, il se situait dans la droite ligne de Newman.

Les laïcs dans l’Eglise

Toujours dans le sens du concile Vatican II, Newman voit bien le rôle des laïcs. Citons son appel en faveur d’un laïcat intelligent et bien formé : « Je désire un laïcat qui ne soit pas arrogant, ni âpre dans son langage, ni prompt à la dispute, mais des personnes qui connaissent leur religion, qui pénètrent en ses profondeurs, qui savent précisément où ils sont, qui savent ce qu’ils ont et ce qu’ils n’ont pas, qui connaissent si bien leur foi qu’ils peuvent en rendre compte, qui connaissent assez leur histoire pour pouvoir la défendre » (The Present position of Catholics in England, IX, 390). Cela peut inspirer bien des laïcs dans la crise actuelle de l’Eglise

Soyez humains !

Newman avait une autre grande qualité : il était très humain au meilleur sens du terme. Pour s’en rendre compte, citons ce qu’il dit dans un sermon sur le ministère du prêtre, pasteur d’âme : « Si des anges avaient été vos prêtres, mes frères, ils n’auraient pas pu souffrir avec vous, avoir de la sympathie pour vous, éprouver de la compassion pour vous, sentir de la tendresse envers vous et se montrer indulgents avec vous, comme nous ; ils n’auraient pas pu être vos modèles et vos guides, et n’auraient pas pu vous amener à sortir de vous-mêmes pour entrer dans une vie nouvelle, comme le peuvent ceux qui viennent du milieu de vous » (« Hommes, non pas Anges : les prêtres de l’Évangile », Discourses to Mixed Congregations, 3). Il s’est dévoué au service du peuple, visitant les malades et les pauvres, réconfortant les affligés, s’occupant des prisonniers. Il n’est pas étonnant qu’à sa mort, des milliers de personnes s’alignaient dans les rues avoisinantes tandis que son corps était transporté vers sa sépulture. Rappelons-nous une demande adressée au Père Bagnard ; fondateur du séminaire d’Ars : on lui demandait de former des prêtres qui soient humains. Nous aussi apprenons à être humains, d’autant plus humains que nous seront plus surnaturels, à l’image du Verbe qui s’est fait homme !

 

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