Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges !

Lundi 2 octobre 2017 : les saints anges gardiens (Frère Jean-Régis)

 

La liturgie, en ce 2 octobre, nous fait célébrer les saints anges gardiens. C’est un peu étonnant que ce ne soit qu’un degré de mémoire, nous leur devons tant, ils mériteraient bien que ce soit degré fête… Alors, que chacun souhaite une bonne fête à son ange et le remercie avec ferveur pour toute son action à notre égard. Nous leur devons tant, ne soyons pas ingrats mais extrêmement reconnaissants !

Attachons-nous tout d’abord à ce que la Parole de Dieu nous dit en ce jour. La première lecture nous montre le rôle que Dieu assigne aux anges. C’est un rôle de gardiens, de protecteurs que les anges exercent auprès de nous. Ils sont chargés par Dieu de marcher devant, d’ouvrir la route sur le chemin difficile : « Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé… Mon ange marchera devant toi. » Dans le psaume 90, on voit les anges chargés en quelque sorte de notre protection même matérielle : « il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. Ils te porteront sur leurs mains pour que ton pied ne heurte les pierres. » Mais pour cela, Dieu nous demande :  » Respecte sa présence, écoute sa voix, ne lui résiste pas !  » Et dans l’évangile, on peut dire que Jésus évoque leur rôle de protection dans le domaine spirituel. Jésus nous appelle à garder et développer l’esprit d’enfance pour entrer dans le Royaume. Cet esprit d’enfance et cet esprit de foi de « ces petits qui croient en moi », ces petits auxquels est révélé le Royaume ne doivent pas être méprisés car, dit Jésus, « leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux. » Les anges ont donc aussi – et peut-être d’abord – une mission de protection spirituelle, pour nous garder dans l’esprit d’enfance et dans la foi, c’est-à-dire pour nous garder sur le chemin qui mène au Royaume, et nous préserver des dangers qui nous menacent aussi bien matériellement que spirituellement.

Voyons maintenant ce que le catéchisme de l’Eglise catholique nous enseigne sur les anges. Il rappelle en premier lieu que « l’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Écriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi » (CEC 328). « De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent « constamment la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18, 10), ils sont « les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole » (Ps 103, 20) » (CEC 329); « ils sont des créatures personnelles et immortelles » (CEC 330).

« Ils sont là, dès la création et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation » (CEC 331). « De l’Incarnation à l’Ascension, la vie du Verbe incarné est entourée de l’adoration et du service des anges … Ils protègent l’enfance de Jésus, servent Jésus au désert, le réconfortent dans l’agonie, alors qu’il aurait pu être sauvé par eux de la main des ennemis comme jadis Israël. Ce sont encore les anges qui « évangélisent » en annonçant la Bonne Nouvelle de l’Incarnation, et de la Résurrection du Christ. Ils seront là au retour du Christ qu’ils annoncent, au service de son jugement » (CEC 333).

« Toute la vie de l’Église bénéficie de l’aide mystérieuse et puissante des anges » (CEC 334). « Dans sa liturgie, l’Église se joint aux anges pour adorer le Dieu trois fois saint ; elle invoque leur assistance et fête plus particulièrement la mémoire de certains anges comme les saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël que nous avons fêté vendredi dernier, les anges gardiens que nos fêtons en ce jour.

« Du début au trépas, la vie humaine est entourée de leur garde et de leur intercession. … Dès ici-bas, la vie chrétienne participe, dans la foi, à la société bienheureuse des anges et des hommes, unis en Dieu » (CEC 336). C’est donc à juste titre que « l’Église vénère les anges qui l’aident dans son pèlerinage terrestre » (CEC 352).

Dans la lecture patristique de ce jour, Saint Bernard résume nos devoirs envers notre ange gardien par trois mots : « Quel respect, quel amour, quelle confiance de notre part ne méritent pas les anges ! Respect pour leur présence, amour à cause de leur bienveillance, confiance en leur protection. » Ajoutons un quatrième devoir, la docilité à leurs bonnes inspirations.

Vivons donc ce saint sacrifice de la messe avec beaucoup de ferveur pour adresser à Dieu notre ardente reconnaissance pour l’aide et les protections qu’il nous dispense par l’intermédiaire de ses anges gardiens. Dieu nous offre gratuitement une assurance tout risque contre les coups et blessures corporels, matériels et spirituels ! Sachons donc développer une plus grande et étroite collaboration avec notre ange gardien, ayons plus souvent recours à eux : qu’ils nous gardent, nous protègent et nous conduisent sur le chemin qui nous conduit au Ciel. Tous nos anges ont fait le choix de Dieu, sachons profiter de leur aide pour nous développer dans cet esprit d’enfance dont parlait Jésus dans l’Évangile : notre bonheur ne viendra pas de notre émancipation de Dieu, mais bien au contraire, c’est dans la mesure où nous serons capables d’apprendre à dire ‘Père’ que nous pourrons avec « les anges dans les cieux voir sans cesse la face de Dieu qui est aux cieux. »

 

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