Va, et répare mon Eglise en ruine !

4 octobre 2017 : Saint François d’Assise (Père Bernard)

Saint François est né fin 1181 ou début 1182, à Assise dans une riche famille. Son père était marchand drapier. François passa son adolescence et sa jeunesse dans l’insouciance, cultivant les idéaux chevaleresques de l’époque. A l’âge de vingt ans, il participe à une campagne militaire. Il est fait prisonnier. De retour à Assise, il abandonne progressivement le style de vie mondain, mené jusqu’alors. Il rencontre un lépreux auquel, descendu de cheval, il donne le baiser de la paix. La conversion totale va avoir lieu dans la petite église de saint Damien devant une représentation orientale de la Croix. Par trois fois, Jésus crucifié lui dit : « Va, François, et répare mon église en ruine ». Immédiatement, François va réparer cette petite église. « L’état de délabrement de cet édifice, disait Benoît XVI, était le symbole de la situation dramatique et préoccupante de l’Eglise elle-même à cette époque, avec une foi superficielle qui ne forme ni ne transforme la vie, avec un clergé peu zélé, avec un refroidissement de l’amour ; une destruction intérieure de l’Eglise qui comporte également une décomposition de l’unité, avec la naissance de mouvements hérétiques[1] ». Deux ans plus tard, en 1207, le Pape Innocent III voit en rêve la cathédrale Saint-Jean-de-Latran s’écrouler et un religieux petit et pauvre la soutient afin qu’elle ne tombe pas. « Innocent III, disait Benoît XVI, était un Pape puissant, d’une grande culture théologique, d’un grand pouvoir politique, mais ce n’est pas lui qui renouvelle l’église, c’est saint François, appelé par Dieu. François, cependant, ne renouvelle l’Eglise que dans la communion avec le Magistère »

Le père de François, Bernardone, lui reproche sa générosité exagérée envers les pauvres. François, devant l’évêque d’Assise, se dépouille de ses vêtements et renonce à l’héritage paternel. Dépouillé de tout, François va vivre comme un ermite, jusqu’en 1208. En écoutant le discours de Jésus aux apôtres envoyés en mission dans l’Evangile selon Matthieu, François se sent appelé à vivre dans la pauvreté et à se consacrer à la prédication. D’autres compagnons s’associent à lui. En 1209, il se rend à Rome, pour soumettre au Pape Innocent III le projet d’une nouvelle forme de vie chrétienne. Le Pape reconnaît l’origine divine du mouvement suscité par François.

« Il n’avait pas l’intention de créer un nouvel ordre, disait Benoît XVI, mais il voulait uniquement renouveler le peuple de Dieu pour le Seigneur qui vient. » François et ses frères, toujours plus nombreux, s’établirent à la Portioncule, petite église qui se trouve aujourd’hui dans la Basilique Sainte-Marie des Anges.

Claire, qui faisait partie de la noblesse, se mit à l’école de François.

En 1219 François obtint le permis d’aller s’entretenir, en Egypte, avec le sultan musulman, Melek-el-Kâmel, pour prêcher là aussi l’Evangile de Jésus. « Il semble ensuite, disait Benoît XVI, que François ait visité la Terre Sainte, jetant ainsi une semence qui porterait beaucoup de fruits : ses fils spirituels en effet firent des Lieux où vécut Jésus un contexte privilégié de leur mission »

 De retour en Italie, François remit le gouvernement de l’ordre à son vicaire, le frère Pietro Cattani, il se consacra tout entier à la prédication qu’il menait avec un grand succès, rédigea la Règle, qui fut ensuite approuvée par le Pape. En 1224, dans l’ermitage de la Verna, François voit le Crucifié sous la forme d’un séraphin et de cette rencontre avec le séraphin crucifié il reçut les stigmates ; il fait ainsi un avec le Christ crucifié : un don qui exprime donc son intime identification avec le Seigneur. La mort de François advint le soir du 3 octobre 1226, à la Portioncule.

Benoît XVI rapportait cette tradition : Il a été dit que François représente un alter Christus, qu’il était vraiment une icône vivante du Christ. Il fut également appelé « le frère de Jésus ». En effet, tel était son idéal : être comme Jésus ; contempler le Christ de l’Evangile, l’aimer intensément, en imiter les vertus. Il a en particulier voulu accorder une valeur fondamentale à la pauvreté intérieure et extérieure, en l’enseignant également à ses fils spirituels.

Nos Père et Mère ont beaucoup aimé Saint François pour son identification à Jésus et son amour de l’évangile. Ils ont voulu l’imiter en plein cœur du vingtième siècle car ils étaient convaincus que l’on pouvait vivre, comme St François, l’évangile ! St François est le « frère universel » qui attire à Assise tous les artisans de la paix. C’est à Assise que Jean-Paul II, en 1986, a convoqué toutes les religions du monde à venir prier pour la paix, car la religion ne doit pas être au service de la violence et de la guerre mais au service de l’amour et de la paix. La conviction de Benoît XVI doit être une lumière pour notre action aujourd’hui : ce n’est pas Innocent III qui a renouvelé l’Eglise mais St François. Seuls les saints sont les vrais réformateurs !

[1] Audience générale du 27 janvier 2010 – Benoît XVI

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