La sainteté exige un effort constant, mais elle est à la portée de tous !

1er novembre 2017 : Toussaint (Fr. Clément-Marie)

En ce jour de Toussaint, Saint Jean lève une partie du voile pour nous montrer un peu ce qui se passe au Ciel. Et il nous montre une foule immense, et magnifique. Saint Jean nous précise : une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer. Alors il nous décrit cette foule, par quatre caractéristiques : d’abord ils viennent de partout. Ils sont de toutes les époques, de toutes les catégories, de tous les âges, de toutes les nations… Ensuite ils sont devant le trône de Dieu et de l’Agneau. C’est-à-dire qu’ils sont en  présence de Dieu, de qui ils ont reçu leur sainteté. Ils sont également tous revêtus de robes blanches, signe de la pureté de leur vie, de la vérité dans laquelle ils ont vécu. Enfin, ils tiennent des palmes à la main. Ce dernier signe rappelle qu’ils ont combattu, et qu’ils ont vaincu. Un peu plus loin, en effet, il nous est dit qu’ils viennent de la grande épreuve. Qu’est-ce que cette « grande épreuve » ? C’est notre vie ! Parce qu’elle est faite aussi de souffrances, de peines, d’efforts. Mais les saints les ont vécus en union avec la Passion de Jésus. Ils ont lavé leurs robes, et les ont blanchies dans le sang de l’Agneau. Cette pureté et cette sainteté, ils les ont acquises par la grâce de Jésus qui nous les a méritées. Mais aussi par leurs combats. Cette foule immense nous encourage aujourd’hui. Il est certain qu’il n’y a pas de sainteté sans effort. Jésus nous l’a dit : « Elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie » (Mt 7, 14). Ceux qui nous parlent aujourd’hui d’une porte large et d’un chemin spacieux nous mentent ! Ceux qui nous parlent de sainteté sans efforts nous trompent ! L’esprit du monde n’accepte pas la sainteté. Il s’y oppose frontalement, ou bien il la dissipe dans la compromission, en faisant croire que l’on peut être à la fois saint et pécheur volontaire. Les saints seront toujours en butte aux contradictions du monde. Saint Jean nous l’a dit dans sa lettre : « Le monde ne peut pas nous connaître, parce que nous sommes enfants de Dieu. » Voilà pourquoi il nous dit, dans sa vision de l’Apocalypse : « Ils viennent de la grande épreuve. » Voilà le chemin resserré que nous montre cette foule immense, tous ces enfants de notre Église, qui nous ont précédés. Ils nous appellent. Ils nous disent : « Prenez-le, ce chemin resserré. Il conduit au bonheur. Il conduit à la vie. » Sur ce chemin, nous ne sommes pas seuls. Nous avons la grâce de Jésus. Benoît XVI disait : « La sainteté exige un effort constant, mais elle est à la portée de tous car, plus que l’œuvre de l’homme, elle est avant tout un don de Dieu, trois fois saint. »[1] Par sa grâce, l’impossible devient possible. Ce n’est pas là seulement une belle idée spirituelle. C’est l’expérience concrète et vécue des saints : pour chacun d’eux, l’impossible est devenu possible. En célébrant tous les saints, comme nous le dit l’oraison de la fin de la Messe, c’est Dieu que nous célébrons, car c’est lui qui a donné toutes les grâces nécessaires à ces saints. Voilà pourquoi la sainteté n’est pas un idéal pour quelques uns, mais un commandement pour tous ! « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lv 19, 2). Dieu nous donne ce qu’il ordonne !

Rendons grâce à Dieu pour l’extraordinaire variété des saints. Tous ont obéi à la loi de Dieu, qu’ils ont accueillie et mise en pratique dans les situations particulières concrètes, variées, difficiles, qu’ils ont vécues. Au lendemain des 500 ans de la révolte de Luther, il est important de le redire. L’Église, disait Benoît XVI, « ne manque certes pas de fils contestataires et rebelles, mais c’est dans les saints qu’elle reconnaît ses traits caractéristiques, et c’est précisément en eux qu’elle goûte sa joie la plus profonde. »[2]

Cette joie la plus profonde est précisément le fruit de la sainteté. Elle est le fuit des béatitudes : Bienheureux ! Cette joie est le fruit certain du combat nécessaire pour rester pauvre, affligé du péché, doux, affamé et assoiffé de justice et de sainteté, miséricordieux, pur, pacifique, malgré les contradictions et les persécutions. Toutes ces attitudes sont des manières de vivre l’amour comme don de soi. Nous avons médité, en cette session, sur l’amour. Il n’y a d’amour vrai que dans le don de soi. Les saints ont vécu cette réalité dans toutes les vocations et toutes les situations. « Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même. » Voilà pourquoi l’amour vrai est toujours le fruit d’un combat, et toujours la source de la joie ! La dernière béatitude développe ce paradoxe. Jésus nous rappelle que le fruit de la sainteté est la joie éternelle, la béatitude. Nous sommes bienheureux déjà ici-bas lorsque nous vivons dans l’amour – dans la sainteté. Voilà pourquoi nous pouvons dire dans la préface de la messe de ce jour que « nous hâtons le pas » !

Que la Vierge Marie, elle qui savait se mettre en route « en toute hâte » (Lc 1, 39), et qui est la première des Bienheureux, nous aide à hâter le pas, malgré les difficultés, pour vivre et témoigner, là où nous sommes, du fruit de l’amour et de la sainteté : la joie éternelle qui nous rend déjà bienheureux.ciel

[1] BENOÎT XVI, Homélie pour la Toussaint, 1er novembre 2006

[2] BENOÎT XVI, Homélie pour la Toussaint, 1er novembre 2006

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