La terreur des Ariens

6 novembre 2017 : Saint Paul de Constantinople (Fr. Jean)

Si l’apôtre saint Paul a pu se glorifier avec justice d’avoir été fouetté trois fois pour la confession du nom de Jésus Christ, le Saint Paul dont nous parlons aujourd’hui peut aussi se glorifier d’avoir souffert la calomnie, les persécutions et l’exil pour la défense de la divinité de Jésus Christ. Il naquit à Thessalonique, en pleine crise arienne. Il passa sa jeunesse avec honneur et d’une manière irréprochable, car les Ariens, malgré tous leurs efforts, ne purent jamais le convaincre d’aucun dérèglement qui pût ternir sa réputation. Il entra dans le clergé de Constantinople et fut ordonné prêtre par l’évêque de cette ville qui le désigna, en mourant, pour son successeur (340). On eut d’autant moins de peine à se décider à cette élection que Paul était fort habile dans l’art de manier la parole, et qu’à un grand zèle il joignait une science profonde, qui en faisait la terreur des Ariens. Ces hérétiques, à force de calomnies, l’avaient, une fois déjà, fait exiler. Eusèbe, un des principaux chefs des Ariens, n’appréciant pas l’élection de Saint Paul résolut de prendre sa place. Il renouvela contre l’évêque des accusations et le fit déposer dans un concile composé d’évêques Ariens ou courtisans de l’empereur Constance et obtint d’être placé sur le siège de la nouvelle Rome en 340, l’année même de l’élection de Saint Paul.

Paul, se voyant inutile à son troupeau se retira dans l’Occident. Il fut reçu avec de grandes marques de respect et par le prince et par saint Maximin de Trèves. Ayant séjourné quelque temps dans cette ville, il se rendit à Rome, où il trouva Saint Athanase. Là, il assista au concile que le pape Jules tint en 341. Ici il fut décidé que saint Athanase, saint Paul et Marcel d’Ancyre seraient rétablis sur leurs sièges respectifs. Le pape Jules les renvoya avec une lettre circulaire adressée aux évêques orientaux. Saint Paul, étant retourné à Constantinople, ne put recouvrer son siège qu’après la mort d’Eusèbe, qui arriva en 342. Constance, qui était pour lors à Antioche, entra en fureur quand il apprit cette nouvelle. Il ordonna au général de ses troupes de passer par Constantinople et d’en chasser le saint évêque. Il trouva la ville dans une étrange confusion, et les efforts qu’il fit pour exécuter la commission dont il était chargé n’aboutirent qu’à augmenter le trouble et à lui faire perdre la vie. Cet outrage, fait à l’empereur dans la personne d’un de ses officiers, l’engagea à venir lui-même à Constantinople, mais il se laissa fléchir par les prières du sénat, qui sollicitait la grâce du peuple ; cependant il se vengea sur Paul en le bannissant.

On ne sait pas précisément le lieu où le Saint fut exilé : il paraît qu’il se retira de nouveau à Trèves. Nous le retrouvons à Constantinople, où, en 344, il était venu avec des lettres de recommandation de l’empereur d’Occident. Constance ne consentit à son rétablissement que parce qu’il craignait de s’attirer sur les bras les armes de son frère.

La situation de Paul ne fut pas plus tranquille qu’auparavant et les Ariens, toujours en crédit, continuèrent de lui susciter mille traverses. Les Eusébiens prononcèrent une sentence d’excommunication contre saint Paul, saint Athanase, le pape Jules et plusieurs autres évêques qui, comme autant de colonnes, soutenaient la foi catholique. Les mauvais traitements qu’ils souffraient augmentèrent encore après la mort de Constant, empereur d’Occident en 350. Constance, n’ayant plus rien à craindre de son frère, se déclara plus hautement que jamais en faveur des hérétiques. Il envoya un ordre au préfet du prétoire, de chasser Paul de l’Eglise et de la ville de Constantinople, et de mettre Macédonius à sa place. Le préfet était vendu au parti des Ariens, mais il n’osa user de violence, de crainte que le peuple, rempli d’affection pour son pasteur, ne se révoltât. Il fit donc dire secrètement à Paul de venir le trouver à un des bains de la ville où il l’attendait. Ce fut là le lieu qu’il choisit pour lui montrer l’ordre du prince. Le Saint se soumit sans la moindre résistance, malgré l’irrégularité de sa condamnation. Saint Paul fut conduit à Thessalonique, sans toutefois qu’on lui fixât le lieu de son exil. Ainsi, il eut d’abord la liberté de demeurer où il voulait mais ses ennemis s’accusèrent bientôt de trop d’indulgence et ils le firent charger de fers et l’enfermèrent dans les déserts de la Cappadoce et de l’Arménie, où l’air était fort malsain ; là il fut mis dans un noir cachot et laissé dans un abandon total. Ses ennemis allèrent jusqu’à défendre qu’on lui donnât aucune nourriture.

Six jours après, irrités de ce qu’il vivait encore, ils eurent la barbarie de l’étrangler ; mais, pour cacher leur attentat, ils publièrent qu’il était mort de maladie. Son martyre arriva en 350 ou 351.

Saint Paul ne vivant plus, les Ariens restèrent maîtres de l’Eglise de Constantinople, et ils la retinrent jusqu’en 379, époque à laquelle saint Grégoire de Nazianze fut élu évêque de cette ville.

 

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