Le secret de la paix et du bonheur, c’est de s’oublier, de se désoccuper de soi-même 

8 novembre 2017 : Ste Elisabeth de la Trinité – Bx Jean Duns Scot (Fr. Joseph)

Sainte Elisabeth de la Trinité

Elle naît le 18 juillet 1880. Elle a 2 ans quand sa famille s’installe à Dijon. C’est là qu’elle vivra jusqu’à sa mort, en 1906. Elle est très vive et a des colères impressionnantes. Elle est aussi très pieuse, capable de rester de  longs moments en silence à l’église. Elle n’a que 7 ans lorsque son père meurt d’une crise cardiaque. Dès cette époque, elle a le désir d’être religieuse.

A 10 ans, Elle prépare sa 1ère communion avec joie, mais sa maman, démunie face aux violentes colères de sa fille, la menace de retarder sa 1ère communion si elle ne fait pas quelques progrès. Dès lors, elle s’exerce à se dominer. Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité : la 1ère communion d’Elisabeth est pour elle un jour de grandes grâces : ce jour-là, elle fait une visite au Carmel. La prieure lui donne la signification de son prénom : «maison de Dieu». Elisabeth, qui ne le savait pas, en est touchée et bien décidée à ne pas laisser le Bon Dieu seul dans la maison de son âme… Souvent elle s’entretient avec «les Trois», c’est ainsi qu’elle appelle les Personnes de la Ste Trinité dont elle a de plus en plus conscience d’être la demeure. Elle a beaucoup d’amies et est souvent invitée à des soirées. Mais elle y pense davantage à la communion du lendemain qu’aux mondanités.

Elle aimerait réaliser son désir de vie religieuse mais sa maman refuse avant qu’elle n’ait 21 ans. Cette attente est une souffrance pour Elisabeth, mais elle n’attend pas pour vivre le plus possible unie à Jésus et pour multiplier les petits sacrifices, qui, loin d’assombrir sa jeunesse dorée, revêtent toutes ses actions d’une joie divine bien supérieure à celle des filles de son entourage !

A 21 ans, elle entre au Carmel, elle prend le nom de Sr Marie-Elisabeth de la Trinité. La vie y est rude … pas de chauffage en hiver ! Elle écrit : « Le Bon Dieu donne des grâces » ou encore « Le Bon Dieu a tant besoin de sacrifices pour compenser tout le mal qui se fait ».

 Elle lutte avec persévérance contre son défaut dominant : « Lorsque je reçois une observation injuste, je sens bouillir mon sang » mais, après une victoire, elle peut dire : « Jésus était avec moi, et alors j’étais prête à tout supporter ».

Mais sa santé se détériore. Une maladie qui entraîne des troubles intestinaux et une quasi impossibilité de se nourrir et même de boire. Elle se montre très courageuse et pense sans cesse aux autres. Elle meurt le 9 nov. 1906 à 26 ans.

Retenons son secret du bonheur, en lien avec sa dévotion à la sainte Trinité : « Le secret de la paix et du bonheur, c’est de s’oublier, de se désoccuper de soi-même ». En effet, les Personnes de la Sainte Trinité sont don mutuel.

Bienheureux Jean Duns Scot

Bx Jean Duns Scot est une figure importante dans l’histoire de la théologie. Il est né probablement en 1266 en Ecosse dans un village qui s’appelait Duns. Il devient franciscain. Doué d’une intelligence brillante qui lui valut le titre de «Docteur subtil», il est dirigé vers des études puis enseignera dans les universités d’Oxford et de Cambridge et aussi de Paris. Quand un grave conflit éclate entre le roi Philippe IV le Bel et le Pape Boniface VIII, Duns Scot quitte Paris, préférant s’exiler volontairement, plutôt que signer un document hostile au Pape, selon ce que le roi imposait. Par la suite, ses supérieurs l’envoient à Cologne comme professeur au Studium de théologie franciscain, mais il meurt le 8 novembre 1308, à 43 ans à peine, laissant un nombre d’œuvres important.

Jean Paul II l’a défini comme «Chantre du Verbe Incarné et défenseur de l’Immaculée Conception».

Il a avant tout médité sur l’Incarnation et, à la différence de beaucoup de penseurs de l’époque, il a soutenu que le Fils de Dieu se serait fait chair même si l’homme n’avait pas péché. En affirmant que l’Incarnation n’est conditionnée par aucun fait contingent, mais qu’elle est l’idée originelle de Dieu de s’unir toute la création dans la Personne et dans la chair du Fils, il soulignait que le Christ est le centre, qu’il est notre Tout.  Fidèle disciple de St François, il aimait contempler et prêcher la Passion, où le Christ déverse les rayons de son amour. «Cet amour, dit-il, fut au commencement de tout, de même aussi c’est dans l’amour que sera notre béatitude éternelle».

Le rôle de Marie est aussi l’objet de sa réflexion. A son époque, la majorité des théologiens opposait une objection, qui semblait insurmontable, à la doctrine de l’Immaculée conception de la Sainte Vierge : cela leur semblait aller contre l’universalité de la Rédemption opérée par le Christ. Duns Scot développa un argument qui sera adopté par le Pape Pie IX en 1854, lorsqu’il définira le dogme de l’Immaculée Conception. Cet argument est celui de la «Rédemption préventive», selon laquelle, la Vierge Marie est totalement rachetée par le Christ, mais avant même sa conception. Elle est même le chef d’œuvre de la Rédemption opérée par le Christ, parce que l’amour rédempteur l’a préservée du péché originel. Les Franciscains accueillirent et diffusèrent avec enthousiasme cette doctrine, et d’autres théologiens — souvent à travers un serment solennel — s’engagèrent à la défendre et à la perfectionner.

Que bienheureux Duns Scot nous entraîne à accueillir l’amour ineffable du Christ, dans une dévotion tendre et filiale envers la Sainte Mère de Dieu.

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