Un phare, lucide sur les événements de son temps

10 novembre 2017 : Saint Léon le Grand (Fr. Clément-Marie)

 

Benoît XVI, dans son audience sur saint Léon le Grand, évoque « l’un des plus grands Papes qui aient honoré le Siège romain[1]

Originaire de la région italienne de la Tuscia, il devient diacre de l’Église de Rome vers l’an 430. De plus en plus considéré, il est envoyé en 440 en Gaule pour arbitrer un conflit. Et c’est en son absence que, le pape Sixte III étant mort, Léon est élu pour lui succéder. Commence alors son pontificat de 21 ans qui, dit Benoît XVI, est « sans aucun doute l’un des plus importants de l’histoire de l’Église. »

La situation de ce temps est extrêmement difficile sur le plan politique : l’empire d’occident, après un long déclin, agonise sous la pression et les invasions des barbares. Le pape sera alors appelé à jouer un rôle politique important, et se portera à la rencontre d’Attila, chef des Huns, en 452, pour épargner à la ville de Rome d’être mise à sac. La même démarche se renouvellera avec Genséric, roi des Vandales en 455, avec moins de succès, mais saint Léon obtiendra quand-même que Rome ne soit pas incendiée, et  que la vie des habitants soit préservée.

À l’intérieur de l’Église, son pontificat va être marqué surtout par le concile de Chalcédoine, en 451, qui développe, dans la continuité, les trois précédents conciles. Le concile de Chalcédoine affirme l’union dans l’unique personne du Christ, sans confusion ni séparation, des deux natures humaine et divine. Saint Léon n’assista pas lui-même au concile. Mais il y fit lire son célèbre Tome à Flavien, dans lequel il expose la doctrine concernant le Christ. Après la lecture de ce texte, les Pères du concile s’exclamèrent : « Pierre a parlé par la bouche de Léon ! » Saint Léon a eu en effet la vive conscience que son ministère de successeur de Pierre exigeait de lui qu’il garde la foi de l’Église dans la fidélité à l’enseignement des apôtres et la protège des attaques et des hérésies de son temps. Il n’était pas pour autant un pasteur éloigné de son troupeau, bien au contraire. Léon le Grand sut être proche du peuple et des fidèles à travers l’action pastorale et la prédication. Nous avons de saint Léon une centaine de sermons, d’un style très vivant et accessible – dont nous avons souvent des extraits dans l’office des lectures. Il fut également un pasteur plein de charité. S’il repoussa vigoureusement les barbares qui venait mettre à sac la cité romaine, il « anima  la  charité dans une Rome éprouvée par les famines, l’afflux des réfugiés, les injustices et la pauvreté. » Saint Léon mourut en 461, le 10 novembre, et fut enterré auprès de saint Pierre.

En ce jour, prions ce très grand pape pour l’actuel successeur de Pierre. Qu’il exerce sa mission de défendre et promouvoir la foi de l’Eglise en continuité avec celle transmise par la succession apostolique depuis les apôtres.

Enfin, comment ne pas faire de parallèle entre ce qu’a vécu saint Léon et ce que nous vivons aujourd’hui ? Saint Léon a connu les invasions des peuples barbares, dans un empire qui mourait de sa décadence spirituelle, morale et culturelle ; il a su être un phare, lucide sur les événements de son temps, et protéger ainsi efficacement ses contemporains. Saint Léon a également connu les hérésies qui se multipliaient à l’intérieur de l’Église contre le mystère même du Christ, Verbe de Dieu. Là aussi, il a été une lumière pour maintenir vive la foi de l’Eglise en Jésus Fils de Dieu, vrai Dieu et vrai homme.

Faisons donc nôtre de tout cœur la très belle et très actuelle oraison de ce jour : « Dieu qui ne laisses pas les puissances du mal prévaloir contre ton Église fondée sur le roc inébranlable des Apôtres, fais qu’à la prière du pape saint Léon, elle reste ferme dans la vérité, et, sous ta garde, soit pour toujours en paix. »

[1] BENOÎT XVI, Audience générale, 5 mars 2008

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