Désirer la sainteté

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Une petite fille devant les reliques du Bx José Sanchez del Rio, jeune cristero

« Devenir saint… » désirer cela ne serait-il pas de l’orgueil ?

Non, au contraire, c’est là le commencement nécessaire de toute vie authentiquement chrétienne. La sainteté n’est pas une option pour un baptisé, mais un devoir de réponse d’Amour envers Dieu qui nous a donné sa sainteté lors de notre baptême : il nous a créé pour la sainteté ! C’est la condition de notre bonheur sur cette terre et dans l’autre monde ! Il nous faut donc avoir de grands désirs, et non seulement vouloir être saints, mais être de grands saints ! Ne croyons pas que, par souci d’humilité, les saints étaient des âmes sans désirs, des êtres désincarnés ! Au contraire, les saints sont ceux qui ont eu les désirs les plus violents, des désirs tournés vers Dieu, purifiés par l’Amour, et qui les ont suivis quoiqu’il en coûte… Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, qui a toujours voulu rester « toute petite » redisait souvent qu’elle désirait être « une grande sainte » et elle encourageait ses soeurs et ses novices à développer le même désir, sans se décourager. Elle aimait citer St Jean de la Croix qui disait que l' »on obtient de Dieu tout autant que l’on en espère« . Espérons et désirons donc beaucoup ! Comment pourrons-nous atteindre la sainteté si nous ne la désirons pas?

Jésus, c’est à Toi de tout faire…

« Ne croyez pas qu’il soit folie de désirer être de grands saints » aimait dire notre fondatrice, Mère Marie Augusta. En effet, ce serait « folie » si nous devions compter sur nos propres forces, comme si nous devions « prouver à Jésus notre valeur »… Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. La sainteté s’obtient, certes par une grande volonté, mais tout autant par la confiance et l’abandon. Mère Teresa aimait dire « Je veux, je vais, avec la grâce de Dieu être sainte ». Dans cette phrase le je veux et le secours de la grâce de Dieu sont tout aussi indispensables, néanmoins, la grâce est première car sans elle, nous aurions beau vouloir et faire, nous retomberions lourdement…Ainsi, il ne peut être question d’orgueil pour grandir en sainteté, car il faut développer cette conviction que sans Jésus, nous ne pourrions rien faire. C’est donc à Dieu Trinité de tout faire pour notre sanctification. Mais encore faut-il ouvrir notre coeur aux personnes divines et mener énergiquement le combat contre tout ce qui pourrait s’opposer à l’action de l’Esprit Saint en notre âme, et pour mener ce combat, la volonté et le désir de la sainteté sont indispensable pour nous ramener à notre but malgré les obstacles.

Demandons ce désir

Peut-être n’avons nous pas encore ce désir ? Demandons-le dans la prière, Dieu ne pourra pas nous le refuser: c’est pour cela qu’il nous a créé. Lui qui s’intéresse à toutes nos demandes s’intéresse encore plus aux demandes que nous faisons pour notre avancée spirituelle. il s’occupe de nos corps, mais combien plus de notre âme. Demandons ce désir avec persévérance, pour qu’il soit notre principale ambition.

Un désir à purifier

Peut être ce désir de sainteté pourra-t-il, surtout au début, être quelque peu tributaire de désir de bonheur humain, de récompense ou de gloire humaine plus que de l’Amour de Dieu. Ce n’est pas grave…Travaillons avec l’Esprit Saint, laissons nous transformer par Lui en menant le combat spirituel, en priant, en recevant la grâce au travers des sacrements… Si nous sommes fidèles, si nous continuons le combat sans nous lasser malgré nos chutes et rechutes, Jésus, petit à petit nous aidera à comprendre que la sainteté c’est l’Amour. En grandissant dans l’Amour de Dieu, nous comprendrons que Dieu mérite d’être aimé par dessus tout et que la sainteté n’a pas d’autre but que la gloire et l’Amour de Dieu. C’est ainsi que les saints, en s’approchant de Dieu, en venait considérer la volonté de Dieu comme plus désirable que leur propre volonté. Non seulement parce que c’est la voie du bonheur, mais parce que rien ne leur était plus important que cette conviction : « Pourvu que Jésus soit content! » (Bse Eugénie Joubert) A partir de là, toutes les (saintes) « folies » leur étaient permises, comme celles de désirer « aimer Jésus comme personne encore ne l’a aimé ». Loin d’être de l’orgueil, ce désir naissait de la conviction que Jésus aimait en eux…et du besoin de lui rendre « Amour pour Amour ! »  Pour Jésus…

« Car c’est là réellement la perfection de ne pas abandonner la vie pécheresse par crainte du châtiment, à la manière des esclaves, ni d’accomplir le bien dans l’espérance des récompenses mais …de ne craindre qu’une chose de perdre l’amitié divine et de n’estimer qu’une chose honorable et aimable, de devenir ami de Dieu » St Grégoire de Nysse, Vie de Moïse, éd. Daniélou (SC n°1bis ) p. 174

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