Acueillir la sagesse

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Homélie du jeudi 12 novembre 2015

Le passage du livre de la Sagesse que nous venons d’entendre est très important. Il prépare les esprits à la révélation plénière du mystère du Verbe, la Sagesse en Personne.

Benoît XVI, le 22 octobre 2008, parlait de deux dimensions de la Sagesse, qui sont présentes dans l’AT : sa préexistence éternelle auprès du Père et sa descente dans l’incarnationIl est dit dans le Psaume 90 :

« Avant que naissent les montagnes, que tu enfantes la terre et le monde, de toujours à toujours, toi, tu es Dieu » (v. 2); on lit dans les Proverbes :  « Yahvé m’a créée, prémices de son œuvre, avant ses œuvres les plus anciennes. Dès l’éternité je fus établie, dès le principe, avant l’origine de la terre » (Pr 8, 22-23). L’éloge de la Sagesse, dans le passage que nous venons de lire, est très suggestif:  « Elle s’étend avec force d’un bout du monde à l’autre et elle gouverne l’univers pour son bien » (Sg 8, 1). Ces textes qui parlent de la préexistence éternelle de la Sagesse, dit encore Benoît XVI, parlent également de la descente, de l’abaissement de cette Sagesse, qui s’est créée une tente parmi les hommes. Nous entendons ainsi déjà résonner les paroles de l’évangile de Jean qui parle de la tente de la chair du Seigneur. Elle s’est créé une tente dans l’Ancien Testament:  là est indiqué le temple, le culte selon la « Torah »; mais du point de vue du Nouveau Testament nous pouvons dire que celle-ci n’était qu’une préfiguration de la tente bien plus réelle et significative:  la tente de la chair du Christ. Et nous voyons déjà dans les Livres de l’Ancien Testament que cet abaissement de la Sagesse, sa descente dans la chair, implique également la possibilité qu’elle soit refusée.

Comprenons avec le cœur ce que voulait dire Benoît XVI. Saint Jean, dans son prologue, doit nous y aider. La Sagesse qu’est le Verbe ne contraint aucune liberté. Celui qui L’accueille participe à la Sagesse divine. Celui qui préfère les ténèbres à la Lumière s’endurcit et participe à l’antisagesse de l’antichrist ! Demandons à la Vierge Marie, en cette journée de récollection, la grâce de l’imiter pour accueillir humblement et avec reconnaissance la Sagesse divine.

Les philosophes de l’école d’Athènes, Raphaël

La sagesse est un don qui vient d’en haut. Les philosophes grecs, qui n’ont pas bénéficié des lumières de la Révélation divine, ont cherché la sagesse. Dieu ne s’est pas totalement refusé à eux. Ils ont reçu des lumières importantes mais il leur a manqué la plénitude de la Révélation de la Sagesse qu’est le mystère de l’Incarnation. Ne combattons pas les philosophes, c’est évident, mais faisons-leur découvrir que la sagesse humaine, si difficilement acquise a besoin du don de la Sagesse divine. Cette Sagesse n’empêche pas l’effort humain, elle lui permet, au contraire d’atteindre son accomplissement. Saint Justin et Saint Augustin l’ont bien compris : Jésus est la vraie Sagesse, la Sagesse incarnée.

En ce mois de novembre, nous avons rappelé l’appel à la sainteté : soyez saints, nous dit Dieu parce que Je suis saint ! Soyez saints, vite saints, grands saints, nous dit la Vierge Marie. Mais nul ne peut être saint s’il n’a pas ouvert son cœur à la Sagesse divine, au Verbe incarné ! Dieu n’aime que celui qui vit avec la Sagesse vient de nous dire l’auteur sacré du livre de la Sagesse. De génération en génération, elle se transmet à des âmes saintes pour en faire des prophètes et des amis de Dieu. Marthe Robin, notre Mère et tant d’autres âmes saintes ont donné beaucoup de conseils lumineux, parce qu’elles vivaient de Jésus. Saint Claude la Colombière a été appelé par Jésus son serviteur fidèle et son parfait ami. Il a vraiment imité Saint Paul : ce n’était plus lui qui vivait, mais le Christ vivait en lui. Comprenons en profondeur que l’intelligence spirituelle est beaucoup plus importante que l’intelligence spéculative. On peut être un grand savant et avoir très peu de sagesse. Un scientifique sans sagesse peut être cause de grands dommages pour l’humanité. Celui qui a mis au point la bombe atomique était très intelligent, mais cette découverte était-elle l’œuvre de la Sagesse divine ? Les Chefs d’Etat, qui ont légalisé l’avortement et qui vont légaliser l’euthanasie, ne font pas œuvre de sagesse. Dans 2 ans, 2 milliards d’avortements légaux ! C’est la plus grande guerre mondiale ! La priorité des priorités de la mission de l’Eglise est, comme l’a dit Benoît XVI, le retour de Dieu dans le cœur des hommes, le retour de la Sagesse divine dans le cœur de tous !

Jésus, dans l’évangile, nous dit : le Règne de Dieu est au milieu de vous. Le Règne de Dieu est déjà commencé dans le cœur de ceux qui se sont ouverts à Dieu. Les paraboles données par Jésus sur le Royaume de Dieu sont particulièrement éclairantes. Ce Royaume s’étend à la manière d’un grain de sénevé, semé dans nos âmes. C’est ainsi que le Règne de Dieu est au milieu de nous. C’est ainsi que commence le retour de Dieu dans le cœur des hommes ! Mais ce Règne ne se fait pas sans combat. L’ennemi sème l’ivraie. L’ennemi combat les apôtres du Royaume de Dieu. Il est donc nécessaire d’évangéliser et de le faire avec ardeur.

En ce temps de grande confusion, concluons avec le dernier message de Jean-Paul II, qu’il devait donner à l’Eglise et au monde le 3 avril 2005 :

A l’humanité qui parfois semble perdue et dominée par le pouvoir du mal, de l’égoïsme et de la peur, le Seigneur ressuscité offre le don de son amour qui pardonne, réconcilie, et rouvre l’âme à l’espérance. C’est un amour qui convertit les cœurs et donne la paix. Combien le monde a besoin de comprendre et d’accueillir la Miséricorde Divine ! Seigneur, qui par ta mort et ta résurrection révèle l’amour du Père, nous croyons en toi et avec confiance nous te répétons aujourd’hui : « Jésus, j’ai confiance en toi. Aie miséricorde de nous et du monde entier« . La solennité liturgique de l’Annonciation, que nous célébrerons demain, nous pousse à contempler avec les yeux de Marie, l’immense mystère de cet Amour Miséricordieux qui jaillit du Cœur du Christ.

Puissent ces paroles de St JP II nous donner confiance malgré le grand combat spirituel qui se joue en notre temps. Les forces de l’Enfer ne l’emporteront pas contre l’Eglise de Jésus. Notre Mère nous assure aussi que l’œuvre de Dieu s’accomplira envers et contre toutes influences contraires !

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