Notre Dieu est un Dieu patient et miséricordieux

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Homélie du 3e dimanche de carême 2016. Grand Fougeray

Bien chers amis, ce dimanche devrait nous aider à entrer dans le temps fort de ce carême de l’année sainte de la Miséricorde, qui culminera avec les 24 heures pour le Seigneur et le dimanche de laetare. Pour nous préparer à ce temps de grâces, écoutons d’abord la deuxième partie du message de carême de notre Pape François :

« pour tous, le Carême de cette Année jubilaire est un temps favorable qui permet finalement de sortir de notre aliénation existentielle grâce à l’écoute de la Parole et aux œuvres de miséricorde… les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles, écrit le Saint-Père, ne doivent jamais être séparées. En effet, c’est justement en touchant la chair de Jésus Crucifié dans le plus nécessiteux que le pécheur peut recevoir en don la conscience de ne se savoir lui-même rien d’autre qu’un pauvre mendiant. Grâce à cette voie, « les hommes au cœur superbe », « les puissants » et « les riches », dont parle le Magnificat ont la possibilité de reconnaître qu’ils sont, eux aussi, aimés de façon imméritée par le Christ Crucifié, mort et ressuscité également pour eux. Cet amour constitue la seule réponse à cette soif de bonheur et d’amour infinis que l’homme croit à tort pouvoir combler au moyen des idoles du savoir, du pouvoir et de l’avoir. Mais il existe toujours le danger qu’à cause d’une fermeture toujours plus hermétique à l’égard du Christ, qui dans la personne du pauvre continue à frapper à la porte de leur cœur, les hommes au cœur superbe, les riches et les puissants finissent par se condamner eux-mêmes à sombrer dans cet abîme éternel de solitude qu’est l’enfer. C’est alors que résonnent à nouveau, pour eux comme pour nous tous, les paroles ardentes d’Abraham : « Ils ont Moïse et les Prophètes, qu’ils les écoutent ! » (Lc 16,29). Cette écoute agissante nous préparera le mieux à fêter la victoire définitive sur le péché et sur la mort de l’Epoux qui est désormais ressuscité, et qui désire purifier sa future Épouse dans l’attente de son retour. Ne laissons pas passer en vain ce temps de Carême favorable à la conversion ! Nous le demandons par l’intercession maternelle de la Vierge Marie, qui, la première, face à la grandeur de la miséricorde divine dont elle a bénéficié gratuitement, a reconnu sa propre petitesse en se reconnaissant comme l’humble Servante du Seigneur ».

Puisse ce message énergique nous aider à bien préparer notre confession de carême et à obtenir, dimanche prochain, l’indulgence plénière de l’année sainte ! Nous avons, tous, besoin de recevoir la Miséricorde de Dieu. Ouvrons nos cœurs à cette Miséricorde.

La première lecture de ce troisième Dimanche rappelle un évènement historique particulièrement important : la révélation du Nom Divin: Yahvé. Demandons à l’Esprit Saint la grâce de mieux comprendre la signification de ce Nom, qui a été traduit en grec : « Je Suis ». Ce Nom révèle que Dieu est l’Eternel. Il n’a pas commencé d’exister. Il est par Lui-même de toute éternité et Il est le créateur de tous les autres êtres. Sans Dieu, aucun être n’existerait. Jean-Paul II, lors des JMJ de Czestochowa, avait dit aux athées de notre temps : Homme, peux-tu exister si Dieu n’existe pas ? Le Cardinal Robert Sarah nous dit la même chose, avec un style différent, dans son livre : Dieu ou rien ! Témoignons sans peur de notre Dieu en ce temps de carême et faisons découvrir son Cœur Miséricordieux. Il a entendu le cri de son peuple, esclave et opprimé en Egypte, et Il veut le libérer ! Dieu, aujourd’hui, entend notre cri. N’ayons pas peur de Le prier avec patience, persévérance et confiance. La France se convertira, la civilisation de l’amour s’édifiera. Ayons confiance !

Dans la deuxième lecture, St Paul nous demande de cesser de récriminer contre Dieu. Le Peuple de Dieu, dans le désert, a beaucoup récriminé. Dieu, pourtant, a multiplié sa sollicitude pour son Peuple par la manne, les cailles et l’eau du rocher. Mais le Peuple récriminait sans cesse. Et nous, pouvons-nous dire que nous ne récriminons jamais contre Dieu ? Dieu n’est pas le responsable du Mal dans le monde. Tout ce qu’Il a créé est bon. Le Mal est entré dans le monde à cause du péché originel et à cause de la tentation de Satan. Les anges révoltés sont les premiers responsables du Mal. Mais ne baissons pas les bras devant les difficultés et l’apparent triomphe de Satan actuellement dans le monde. Méditons ce que dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique au numéro 395 : la puissance de Satan n’est pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature : il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu. La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui L’aiment.

L’évangile de ce 3e dimanche de carême l’amour patient et miséricordieux de Dieu notre Père. Jésus nous invite à ne pas porter de jugements durs. Il fait comprendre à ses contemporains que les victimes d’un accident ou d’un acte terroriste n’étaient pas de plus grands pécheurs qu’eux. Ils n’étaient pas plus coupables. Il tire la leçon de ces évènements tragiques : si vous ne vous convertissez pas, vous périrez, tous, de la même manière. Nous pouvons actualiser cet évangile aux évènements de notre temps : que de victimes innocentes du fait des guerres qui n’en finissent pas, des actes terroristes journaliers, des catastrophes naturelles. Face à ces évènements inhumains, ne restons pas indifférents. Exerçons sans nous lasser la compassion envers tous ceux qui sont éprouvés, comme nous le demande avec insistance notre Pape François et surtout : convertissons-nous !
La parabole de Jésus est une invitation à imiter la patience du maître de la Vigne. Dieu laisse aux pécheurs du temps afin qu’ils puissent se convertir. Prions pour les confesseurs, les conseillers spirituels, les parents et tous les éducateurs. Il n’est pas facile d’éradiquer les défauts de ses enfants et des personnes dont on a la charge. Notre Fondateur ne cessait de nous dire : patience, persévérance et confiance. En cette année sainte de la Miséricorde, demandons au Cœur Immaculé de Marie, Notre-Dame des neiges, la douceur, l’humilité et la miséricorde, ainsi nous imiterons la patience miséricordieuse de Dieu notre Père, qui ne veut pas la mort des pécheurs, mais leur conversion et leur vie éternelle.

 

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