Vivons davantage avec Jésus au désert

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Homélie du premier dimanche de Carême, 14 février 2016, forum à Sens

Bien chers amis, depuis mercredi, nous sommes dans le carême de l’Année Sainte de la Rédemption. Notre Pape François a invité tous les baptisés à se  » laisser réconcilier avec Dieu, et à revenir à Lui de tout leur cœur. Il a rappelé avec conviction que Dieu « triomphe du péché et nous relève de nos misères, si nous les lui confions. C’est à nous que revient de reconnaitre notre besoin de miséricorde : c’est le premier pas du chemin chrétien ; il s’agit de franchir la porte ouverte qui est le Christ où Lui-même nous attend, le Sauveur, et nous offre une vie nouvelle et joyeuse. » 

Mais des freins peuvent nous empêcher de nous laisser embrasser par le pardon de Dieu : «Il y a la tentation de blinder les portes, et de cohabiter avec son péché en le minimisant, en se justifiant toujours, en pensant de ne pas être pire que les autres ; mais en faisant ainsi, les verrous de notre âme se ferment, et nous restons enfermés en nous-mêmes, prisonniers du mal». 

Un obstacle est «la honte d’ouvrir la porte secrète de notre cœur. La honte en réalité est un bon symptôme parce qu’elle indique que nous voulons nous détacher du mal ; cependant elle ne doit jamais se transformer en crainte ou en peur».

Le troisième piège est celui de nous éloigner de la porte. Cela arrive lorsque nous nous terrons dans nos misères, quand nous ruminons continuellement, reliant entre elles les choses négatives jusqu’à plonger de manière abyssale dans les caves les plus sombres de notre âme.»

Face à ces trois risques, notre Pape François a rappelé les trois «médicaments» pour soigner nos maladies, nos névroses, nos freins intérieurs : la prière, la charité vécue activement, et le jeûne ou la pénitence. « Que le Carême, concluait le Saint-Père, soit un temps bénéfique pour nous couper de la fausseté, de la mondanité, de l’indifférence ; pour ne pas penser que tout va bien si je vais bien ; pour comprendre que ce qui compte vraiment n’est pas l’approbation, la recherche du succès ou du consensus, mais le nettoyage du cœur et de la vie pour retrouver l’identité chrétienne, c’est-à-dire l’amour qui sert et non l’égoïsme qui nous sert. »

La première lecture de ce dimanche est un rappel de l’action de Dieu dans l’histoire du Salut. Dieu a entendu le cri du Peuple d’Israël, opprimé par l’Egypte et l’a libéré de l’esclavage. Puisse l’évènement historique de l’exode nous donner confiance en ces temps très troublés. Dieu entend notre prière ! Nous avons psalmodié le psaume 90, qui est un psaume de confiance : notre âme est dans la paix, parce que notre refuge et notre rempart sont en Dieu, qui donne mission à ses anges de nous garder sur tous nos chemins. Que pouvons-nous craindre en étant dans les mains de Dieu ? Saint Paul, dans la deuxième lecture, affirme que tous ceux qui invoqueront le Nom du Seigneur seront sauvés. Confions tout particulièrement en cette Messe tous les hommes de bonne volonté, qui ne connaissent pas encore en plénitude le mystère divin de Jésus : qu’ils aient la grâce, en cette Année Sainte, d’être illuminés par le Saint-Esprit et de recevoir le don de la Foi !  Soyons davantage zélés pour le salut des âmes, de toutes les âmes !

Saint Luc décrit, d’une manière très vivante et très parlante, les tentations par lesquelles Satan a cherché à détourner Jésus de Sa véritable Mission. Nous pouvons remarquer l’intelligence de Satan : les trois tentations sont sous couvert de bien. Il cite même l’Ecriture ! Il ne tente pas Jésus comme Il avait tenté Adam et Eve. Il sait très bien que Jésus ne désobéira pas aux commandements de Dieu. Mais il le tente en le pressant de faire advenir au plus tôt le Règne de Dieu sur la terre, de créer un monde nouveau où tout le monde aura à manger et vivra dans la justice et la paix. Le Messie, le Christ doit donc donner à tous du pain à manger : « Ordonne que cette pierre devienne du pain ». Il doit être admiré : « Jette-toi en bas, on croira en toi ». Il doit être enfin un roi puissant à adorer : « Tous les royaumes de la terre, je te les donnerai ». Jésus rejette avec énergie ces tentations. Dans ce grand vent d’orgueil que Satan lui souffle, il reste impassible dans son humilité. Il n’a qu’un seul désir : accomplir parfaitement la volonté de son Père. Il doit être le Messie, doux et humble et infiniment miséricordieux. Sa Mission n’est pas d’instaurer un royaume temporel, mais le Royaume éternel qu’Il remettra à Son Père après avoir accompli la Rédemption des hommes par Sa mort sur la Croix et sa Résurrection.

Puissent les trois tentations de Jésus au désert nous obtenir un plus grand discernement. Satan nous tente, c’est évident, comme il a tenté Jésus. Vivons davantage avec Jésus au désert, en ce temps de carême, nous participerons à sa victoire sur Satan. Ne soyons pas téméraires comme Pierre avant la Passion : nous sommes, tous, de pauvres pécheurs ! Veillons et prions. Mettons en pratique les conseils de notre Pape François et celui Mère Marie-Augusta : développer en ce carême la belle aventure de l’amour. Puisse notre Forum sur laudato si nous permettre de mieux comprendre l’action courageuse de  notre Pape François en vue de changer les comportements des hommes de notre temps pour un monde plus juste et plus humain. Demandons à Notre-Dame des Neiges la grâce d’aimer Dieu et de respecter la belle création qu’Il nous a confiée. Nous la respecterons en imitant Jésus, pauvre, chaste et obéissant !

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