Entrons avec ferveur dans la quinzaine de la Passion

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Homélie du samedi 4e semaine de carême. 2016.

Bien chers amis, la Liturgie de la Parole de cette 4e semaine de carême nous prépare à entrer dans la Quinzaine de la Passion. Notre Père Fondateur et Mère Marie Augusta invitaient leurs enfants spirituels à vivre intensément cette quinzaine qui culmine avec le Grand Triduum pascal. Le sommet de l’Année Liturgique, en effet, est le mystère pascal. Le sommet de cette année de la Miséricorde doit aussi être le mystère pascal. Puisse cette quinzaine de la Passion de l’année de la Miséricorde nous affermir dans la Foi et la confiance en la divine Miséricorde. La divine Providence qui guide tous les évènements de notre vie et de l’histoire a permis que notre Père Fondateur meure le dimanche de la Passion de l’année 2006 et que notre Mère vive, quant à elle, sa pâque le Jeudi Saint, 11 avril 1963. L’un et l’autre n’avaient pas cesser de demander à leurs enfants spirituels que la Passion de Jésus soit l’objet de leur pensée.

Méditons attentivement la première lecture de ce samedi, qui est une prophétie de Jérémie. Pendant la semaine sainte, nous entendrons les quatre prophéties de Jérémie sur le Serviteur souffrant. Le passage d’aujourd’hui est comme une introduction à ces prophéties. Jérémie, le prophète persécuté, a été inspiré pour parler de la Passion de Jésus : « J’étais comme un agneau docile qu’on emmène à l’abattoir. » Jérémie prophétisait également l’humble Rédempteur que serait Jésus : « C’est à Toi, Père, que je confie ma cause ! » Pensons davantage à Jésus en cette quinzaine de la Passion.

Demandons à l’Esprit Saint la grâce de mieux comprendre l’image de l’Agneau pascal que les membres du Peuple de Dieu en Egypte devaient immoler pour être protégés de l’ange exterminateur. Le sang de cet Agneau sur le linteau de la porte de leur maison était le signe que des membres du Peuple de Dieu l’habitaient.  Le sang d’un agneau ne peut pas sauver un pécheur, c’est évident ! Mais le sang de l’agneau pascal l’a pu parce qu’il était le symbole de Jésus, le véritable Agneau de Dieu ! Saint Jean-Baptiste, qui a préparé les voies à Jésus, a dit à ses disciples en leur montrant Notre Seigneur : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Avant la communion, le prêtre présente l’Hostie consacrée aux fidèles et redit les paroles du Précurseur : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Pensons davantage à cela en nous préparant à communier à cette Messe.

Le psaume 7 nous permet également de communier aux sentiments de Jésus pendant sa Passion. Notre Fondateur a compris l’importance de faire découvrir à nos amis la richesse de l’Office divin et, particulièrement, des psaumes pour mieux vivre le Triduum dans une grande union à Jésus. Prions l’Esprit-Saint qui a inspiré les psaumes de nous aider à les prier comme Jésus, Marie et Joseph les ont priés. Ces psaumes que l’Eglise propose à notre méditation pendant les Jours Saints nous aident à être plus unis à Jésus et à mieux comprendre la réalité de Sa Passion d’Amour qui est, en même temps, une Passion très douloureuse.

L’évangéliste Saint Jean, tout au long de cette quinzaine, nous permettra de revivre avec l’Eglise le drame de la Passion. Il a gardé en sa mémoire les controverses entre Jésus et ses adversaires. Il nous est difficile de comprendre l’endurcissement d’une grande partie des pharisiens et des scribes. Par la Foi de l’Eglise, nous savons que Jésus est vrai Dieu et vrai homme. Mais les contemporains de Jésus, sans une grâce toute spéciale de Dieu, ne pouvaient pas comprendre ce mystère. Le pharisien Saul, quelques années après la Passion, était encore convaincu que Jésus était un imposteur. Ses disciples prêchaient bien Sa Résurrection, mais il ne les croyait pas. Et, bien au contraire, il les persécutait en pensant servir Dieu et le Peuple de Dieu ! Pour lui, en effet, un homme dont on connaissait l’humble origine, et qui était – aux yeux de tous – le fils de Joseph et de Marie ne pouvait être ni le Messie, ni encore moins le Fils de Dieu ! De Nazareth pouvait-il sortir quelque chose de bon ? Ne sous-estimons pas, en outre, la puissance des démons qui ont aveuglé le cœur des adversaires de Jésus ! Rendons grâce à Dieu de nous avoir fait don de la Foi. Remercions Jésus, en cette année jubilaire de la Miséricorde, d’avoir accepté d’être l’Agneau immolé pour accomplir notre Rédemption. Il n’y aurait pas de dimanche de la Miséricorde, nous le répéterons, s’il n’y avait pas eu avant le Jeudi Saint et le Vendredi Saint !


Vivons cette quinzaine de la Passion en grande communion avec le Cœur douloureux et immaculé de Marie.
Dans deux semaines, nous vivrons le Samedi Saint, ne le vivons pas comme un samedi ordinaire, mais comme le Samedi Saint, jour du deuil de l’Eglise,  en communion avec Notre-Dame des douleurs. Le Samedi Saint bien vécu nous prépare au sommet de l’année liturgique : la Vigile pascale. Beaucoup sont touchés en découvrant le courage de la Vierge Marie, debout au pied de la Croix de Jésus. Puisse la 4e Station du chemin de Croix ne jamais nous laisser indifférents : quelle souffrance et quel amour dans ce « oui » du Nouvel Adam et de la Nouvelle Eve à la Volonté du Père. Pour Saint Irénée, le péché originel, commis par la collaboration du premier Adam et de la première Eve, devait être expié par la collaboration du nouvel Adam et de la nouvelle Eve.

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