Le carême et le combat spirituel

Classé dans : Du spi concret, Méditations | 0

Extrait de l’homélie pour les cendres, de Benoit XVI, 1er mars 2006

« Un autre aspect de la spiritualité du carême est celui que nous pourrions définir de « compétition », et qui ressort de la prière de la « collecte » d’aujourd’hui, où il est question d' »armes » de la pénitence et de « lutte » contre l’esprit du mal. Chaque jour, mais en particulier au cours du Carême, le chrétien doit affronter une lutte comme celle que le Christ a soutenue dans le désert de Judée, où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable, puis au Gethsémani, lorsqu’il repoussa la tentation extrême en acceptant jusqu’au bout la volonté du Père. Il s’agit d’une lutte spirituelle, qui est dirigée contre le péché, et, en ultime analyse, contre satan. C’est une lutte qui engage la personne tout entière, et qui exige une vigilance attentive et constante. Saint Augustin observe que celui qui veut marcher dans l’amour de Dieu et dans sa miséricorde ne peut se contenter de se libérer des péchés graves et mortels, mais « accomplit la vérité en reconnaissant également les péchés que l’on considère moins graves… et vient à la lumière en accomplissant des oeuvres dignes. Même les péchés moins graves, s’ils sont négligés, prolifèrent et conduisent à la mort » (In Io. evang. 12, 13, 35).

Le Carême nous rappelle donc que l’existence chrétienne est une lutte sans relâche, au cours de laquelle sont utilisées les « armes » de la prière, du jeûne et de la pénitence. Lutter contre le mal, contre toute forme d’égoïsme et de haine, et mourir à soi-même pour vivre en Dieu représente l’itinéraire ascétique que tout disciple de Jésus est appelé à parcourir avec humilité et patience, avec générosité et persévérance. L’obéissance docile au Maître divin fait des chrétiens des témoins et des apôtres de paix…Sur ses traces et unis à Lui, nous devons tous nous engager en vue de lutter contre le mal par le bien, contre le mensonge par la vérité, contre la haine par l’amour. Dans l’Encyclique Deus caritas est, j’ai voulu présenter cet amour comme le secret de notre conversion personnelle et ecclésiale. En me référant aux paroles de Paul aux Corinthiens, « l’amour du Christ nous presse » (2 Co5, 14), j’ai souligné que « la conscience qu’en Lui Dieu lui-même s’est donné pour nous jusqu’à la mort doit nous amener à ne plus vivre pour nous-mêmes, mais pour Lui et avec Lui pour les autres » (n. 33) ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *