Soyons conscients de l’urgence de notre propre conversion

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Du 1er au 8 mars : Soyons conscients de l’urgence de notre propre conversion

          L’évangile du 3e dimanche de carême devrait être encore inscrit dans notre mémoire et notre cœur : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de la même manière » ! Ces paroles de Jésus ne sont pas acceptables par ceux qui ont l’esprit mondain ! Mais, pour ceux qui veulent vivre selon l’évangile, les paroles de Notre-Seigneur sont des paroles de miséricorde. Jésus, en effet, ne veut pas la mort spirituelle de ceux qui ne vivent pas selon la Loi de Dieu mais Il désire leur conversion afin qu’ils aient, eux aussi, part à la vie éternelle et au Bonheur éternel. Comprenons cela en profondeur et méditons attentivement la deuxième moitié du message de carême de notre Pape François, cité ICI.

Pour recevoir l’indulgence plénière de l’Année Sainte, il est nécessaire de prendre la ferme décision de la conversion. Nous avons, plusieurs fois, parlé de la conversion dans nos consignes spirituelles des années passées. Nous devons souligner davantage encore, en cette année jubilaire, l’urgence de notre propre conversion. La conversion, en effet, ne concerne pas seulement les autres, elle nous concerne en premier, soyons-en bien convaincus ! Mais que signifie : se convertir ? C’est tout simplement remettre Dieu au centre de notre vie ! Pouvons-nous dire que Dieu est le premier servi dans notre vie, que nous n’avons aucune attache au péché et que nous exerçons la charité envers tous ? Pouvons-nous dire que nous n’avons pas besoin de conversion ?

Reprenons ce que Joseph Ratzinger disait à des catéchistes au sujet de la conversion:

« Le verbe grec [utilisé pour parler de la conversion] signifie : repenser – remettre en question son propre mode de vie et le mode de vie ordinaire ; laisser entrer Dieu dans les critères de sa propre vie ; ne plus juger uniquement selon les opinions courantesSe convertir, c’est ne pas vivre comme tout le monde vit, ne pas faire ce que tout le monde fait, ne pas se sentir justifié en accomplissant des actions douteuses, ambiguës ou mauvaises par le fait que les autres font de même; commencer à regarder sa propre vie avec les yeux de Dieu ; donc, chercher le bien, même s’il est dérangeant : ne pas s’en remettre au jugement des multitudes, des hommes, mais au jugement de Dieu – autrement dit : chercher un nouveau style de vie, une vie nouvelle. Tout cela n’implique pas de moralisme ; en réduisant le christianisme à la moralité, on perd de vue l’essence du message du Christ : Le don d’une nouvelle amitié, le don de la communion avec Jésus, et par la suite avec Dieu.

          Celui qui se convertit au Christ n’entend pas se créer une autarchie morale bien à lui, il ne prétend pas construire sa propre bonté par ses propres forces. La « Conversion » (métanoia) signifie précisément l’opposé : sortir de l’autosuffisance, découvrir et accepter son indigence – une indigence des autres et de l’Autre, de son pardon, de son amitié. La vie non-convertie est autojustification (je ne suis pas pire que les autres) ; la conversion est l’humilité de s’en remettre à l’amour de l’Autre, un amour qui devient mesure et critère de ma propre vie. Certes, la conversion est avant tout un acte éminemment personnel, elle est personnalisation. Je me sépare de la formule « vivre comme tout le monde » (je ne me sens plus justifié par le fait que tous font ce que je fais) et je trouve devant Dieu mon propre moi, ma responsabilité personnelle. Mais la vraie personnalisation est également toujours une nouvelle et plus profonde socialisation. Le moi s’ouvre de nouveau au toi, dans toute sa profondeur, en donnant naissance à un nouveau Nous. Si le style de vie répandu dans le monde comporte un risque de dépersonnalisation, de vivre non pas sa propre vie, mais la vie de tous les autres, dans la conversion doit se réaliser le nouveau Nous du cheminement commun avec Dieu. En annonçant la conversion, nous devons aussi offrir un parcours de vie, un espace commun du nouveau style de vie. On ne peut pas évangéliser uniquement par des paroles ; l’Evangile crée la vie, il crée une communauté de parcours ; une conversion purement individuelle n’a pas de consistance » (Conférence du Card. J.Ratzinger pour le jubilé des catéchistes, 10 décembre 2000).

Cet enseignement de Benoît XVI est lumineux, vivons-le en vérité !

Notre Pape François n’a ni le même style, ni la même manière d’enseigner, mais son message de carême et sa bulle d’indiction sont en parfaite continuité avec Benoît XVI. La conversion, pour lui, c’est décider résolument d’aller courageusement à contre-courant, en se dépouillant de la mondanité spirituelle et en sortant de soi pour aller à la rencontre de nos frères et sœurs en humanité, sans craindre d’aller aux périphéries.
Demandons à Saint Joseph et à Notre-Dame des Neiges, la grâce d’une vraie conversion. Les fruits de cette conversion ne seront pas la tristesse, mais la joie, la vraie joie, la joie de l’évangile. Participons aux 24 heures pour le Seigneur et prions afin que beaucoup s’ouvrent au pardon et à la réception de la miséricorde divine dans le sacrement de pénitence.

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