Approchons nous de la source de la Miséricorde

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Homélie du dimanche de la Miséricorde 2016.

Bien chers amis, le dimanche octave de Pâques est devenu depuis le 30 avril 2000, de par une décision de Saint Jean-Paul II, le dimanche de la Miséricorde divine. Ce Saint Pape avait à cœur de répondre à la demande de Jésus à Sainte Faustine.

Dans l’homélie de la Messe de ce 30 avril 2000, Jean-Paul II disait : « Rendez grâce à Yahvé, car il est bon, car éternel est son amour! ». Avant de dire : «Paix à vous! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus», Jésus montre ses mains et son côté. C’est-à-dire qu’il montre les blessures de la Passion, en particulier la blessure du cœur, source d’où jaillit la grande vague de miséricorde qui se déverse sur l’humanité. De ce coeur, disait encore Jean-Paul II, Soeur Faustine verra partir deux faisceaux de lumière qui illuminent le monde. « Les deux rayons, lui expliqua un jour Jésus lui-même, représentent le sang et l’eau ». Sang et eau! La pensée s’envole vers le témoignage de l’évangéliste Jean… si le sang évoque le sacrifice de la croix et le don eucharistique, l’eau, dans la symbolique de Jean, rappelle non seulement le Baptême, mais également le don de l’Esprit Saint. A travers le coeur du Christ crucifié, la miséricorde divine atteint les hommes: « Ma Fille, dis que je suis l’Amour et la Miséricorde en personne« , demandera Jésus à Soeur Faustine. Cette miséricorde, le Christ la diffuse sur l’humanité à travers l’envoi de l’Esprit qui, dans la Trinité, est la Personne-Amour. Et la miséricorde n’est-elle pas le « second nom » de l’amour, saisi dans son aspect le plus profond et le plus tendre, dans son aptitude à se charger de chaque besoin, en particulier dans son immense capacité de pardon ?»

La première lecture de ce dimanche révèle la Miséricorde divine en action dans la première communauté chrétienne. Peu de temps après la Pentecôte, écrit Saint Luc, des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la Foi. Beaucoup de malades et de gens tourmentés par les démons étaient guéris ! Ces grâces de conversion et de guérison ont été obtenues, c’est évident, par la Rédemption accomplie par Jésus. La source des flots de la divine Miséricorde est le Cœur transpercé de Jésus d’où ont jailli le Sang et l’eau !

La deuxième lecture de ce dimanche rapporte la vision de l’apôtre Saint Jean, alors qu’il se trouve sur l’Île de Patmos. L’apôtre bien-aimé vit Jésus ressuscité, revêtu d’une longue tunique. Une ceinture d’or lui serrait la poitrine. Jésus se présenta comme étant le premier et le dernier, le Vivant. Il invita Saint Jean au courage : sois sans crainte ! Comment ne pas rapprocher cette vision de Saint Jean de celle de Sainte Faustine, reproduite dans le tableau de Jésus Miséricordieux ? Jean-Paul II disait encore dans son homélie de la canonisation de Sainte Faustine :

« Chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu, le Christ a donné sa vie pour  chacun,  le  Père  fait  don  à tous de son Esprit et offre l’accès à son intimité. Ce message réconfortant s’adresse en particulier à celui qui, touché par une épreuve particulièrement dure ou écrasé par le poids des péchés commis, a perdu toute confiance dans la vie et est tenté de céder au désespoir. C’est à lui que se présente le visage doux du Christ,  c’est  sur  lui  qu’arrivent  ces rayons qui partent de son coeur et qui illuminent, réchauffent, indiquent le chemin et diffusent l’espérance. Combien d’âmes a déjà réconforté l’invocation: « Jésus, j’ai confiance en Toi », que la Providence a suggérée à Soeur Faustine! Cet acte simple d’abandon à Jésus dissipe les nuages les plus épais et fait pénétrer un rayon de lumière dans la vie de chacun ».

Notre Pape François, inspiré par l’Esprit Saint, a voulu cette année jubilaire de la Miséricorde dans la continuité avec Saint Jean-Paul II :

« Nous ne pouvons pas oublier le grand enseignement que saint Jean-Paul II nous a donné dans sa deuxième encyclique Dives in misericordia, qui arriva à l’époque de façon inattendue et provoqua beaucoup de surprise en raison du thème abordé. Je voudrais revenir plus particulièrement sur deux expressions. Tout d’abord le saint Pape remarque l’oubli du thème de la miséricorde dans la culture actuelle : « La mentalité contemporaine semble s’opposer au Dieu de miséricorde, et elle tend à éliminer de la vie et à ôter du cœur humain la notion même de miséricorde. Le mot et l’idée de miséricorde semblent mettre mal à l’aise l’homme qui, grâce à un développement scientifique et technique inconnu jusqu’ici, est devenu maître de la terre qu’il a soumise et dominée. Cette domination de la terre, entendue parfois de façon unilatérale et superficielle, ne laisse pas de place, semble-t-il, à la miséricorde… Et c’est pourquoi, dans la situation actuelle de l’Eglise et du monde, bien des hommes et bien des milieux, guidés par un sens aigu de la foi, s’adressent, je dirais quasi spontanément, à la miséricorde de Dieu ». C’est ainsi que saint Jean-Paul II justifiait l’urgence de l’annonce et du témoignage à l’égard de la miséricorde dans le monde contemporain : « Il est dicté par l’amour envers l’homme, envers tout ce qui est humain, et qui, selon l’intuition d’une grande partie des hommes de ce temps, est menacé par un péril immense». Son enseignement demeure plus que jamais d’actualité et mérite d’être repris en cette Année Sainte. Recevons ses paroles de façon renouvelée : « L’Eglise vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la Miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la Miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice  »(Bulle d’indiction).


L’évangile
révèle la Miséricorde reçue par Saint Thomas mais aussi par tous les autres apôtres. Jésus ne leur reproche rien. Il ne les rabroue pas, mais Il leur communique le pouvoir de pardonner les péchés. Sa Puissance se déploie vraiment dans leur faiblesse ! Jésus, aujourd’hui, nous appelle par notre Pape François à être miséricordieux comme le Père ! Exerçons les œuvres corporelles et spirituelles de miséricorde et ne refusons jamais le pardon à qui que ce soit. Nous sommes, tous, des pécheurs pardonnés, nous devons, tous, exercer la miséricorde ! Puisse la Vierge Marie, Mère de la Miséricorde, nous inspirer et nous guider en cette année jubilaire. A la suite de notre Père Fondateur, redisons souvent : Misericordias Domini in aeternum cantabo.

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