Contempler la Résurrection avec le Coeur Immaculé de Marie

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Homélie du premier samedi du mois en l’Octave de Pâques 2016
Bien chers amis,  ce Samedi de l’Octave de Pâques dans le Cœur immaculé de Marie. Ce n’est plus, comme samedi dernier, un jour de deuil mais de joie et de fête. Nous ne pouvons pas et nous ne devons pas, cependant, oublier le Samedi Saint. Comment la Vierge Marie l’oublierait-elle ? L’Ecriture ne nous dit rien sur la Vierge Marie en ces jours de l’Octave pascale. Ensuite, une seule allusion sur sa présence au Cénacle après l’Ascension de Jésus et plus rien ! Le Père soulignait la grande discrétion de la Sainte Vierge, tout en disant qu’elle n’en demeurait pas moins la Mère de l’Eglise, qui a, nous en sommes convaincus, beaucoup aidé disciples et saintes Femmes par sa présence maternelle, discrète et silencieuse, sa prière et son offrande. Elle est la Mère qui veille sur chacun, qui veille sur l’Eglise et sur nous.

            L’évangile selon Saint Marc est très synthétique sur les apparitions de Jésus ressuscité. Jacques Perret, grand ami de Gérard Soulages, disait que la Tradition n’a pas cherché à mettre de l’ordre dans les récits des quatre évangélistes, mais les a transmis tels quels. C’était pour lui une preuve de l’historicité de ces récits ! Saint Marc insiste, par trois fois, dans sa synthèse si concise sur le « refus de croire » des disciples. Pourquoi cette insistance ? Cet évangéliste était le collaborateur de Saint Pierre qui, dans sa prédication, a dû insister sur cette incrédulité pour convaincre ses auditeurs que Jésus était bien ressuscité avec son corps. La Résurrection n’allait de soi ni pour un Grec, ni pour un Romain ! C’était un évènement que la raison avait bien du mal à accepter. Le cœur des Saintes Femmes a adhéré tout de suite à la Résurrection, mais la raison des hommes a eu besoin de preuves convaincantes. Benoît XVI insiste beaucoup sur le thème foi/raison, qui est très présent dans les textes évangéliques de cette Octave. La Résurrection de Jésus, dit Benoît XVI, est vraiment une nouvelle création. L’homme racheté est appelé à une vie supérieure à celle qui est la nôtre : la vie éternelle en Dieu par la participation à la Résurrection de Jésus, par le baptême d’abord, puis par le corps spirituel que nous recevrons au jour de la résurrection de tous les sauvés. Pour Benoît XVI, le changement opéré par la Résurrection de Jésus est plus puissant que celui opéré par la bombe atomique. Comprenons cela en profondeur. Nous pourrions encore nous poser cette question : si Saint Marc a été si concis sur les apparitions, ne pourrait-on pas en conclure qu’il savait que d’autres donné plus de détails ? Il s’est contenté de l’essentiel : Jésus est bien ressuscité. Il nous a commandé de vous annoncer l’évangile !

           La première lecture de ce samedi, devrait nous donner une grande confiance. Les membres du Sanhédrin, qui viennent de condamner à mort Jésus, sont surpris par l’assurance de Pierre et Jean, hommes quelconques et sans instruction pour eux. Le Père disait que Pierre et Jean n’étaient ni ignares, ni inintelligents. Pierre dirigeait sa pêcherie. Il connaissait, comme tout bon Juif, la Torah et les prophètes, il pratiquait sa religion. Jean, par son évangile, ses lettres et l’apocalypse, révèle une intelligence pénétrante et une profonde sagesse. L’un et l’autre, cependant, n’ont pas fait d’études auprès du brillant Gamaliel par exemple. Mais la puissance de la grâce de Jésus se déploie dans la faiblesse des apôtres et les membres du Sanhédrin sont bien obligés de le constater. Ils sont également obligés de constater le miracle notoire que ces deux hommes viennent d’opérer. Le Sanhédrin cherche à limiter leur influence : il faut leur interdire de parler de Jésus en les menaçant. Mais Pierre et Jean, qui avaient fui lors de la Passion, n’ont plus peur : il nous est impossible de ne pas dire ce que nous avons vu et entendu. Les nouvelles menaces du Sanhédrin ne les feront pas changer d’idée : ils écouteront Dieu et non le Sanhédrin et seront les courageux témoins de Jésus. Quelle transformation réalisée par le Saint-Esprit ! Saint Luc conclut : tout le monde rendait gloire à Dieu pour ce qui était arrivé !

En ce Samedi de l’Octave de Pâque, avec la Vierge Marie, nous aussi, rendons gloire à Dieu pour tout ce qui est arrivé depuis le Samedi Saint ! Son Cœur immaculé, certes, garde la douloureuse blessure de sa transfixion, mais elle n’est pas repliée sur elle. Elle veut vivre la mission que Jésus lui confie : être, dans la discrétion et le silence, la Mère vers qui tous lèvent les yeux, parce qu’elle est la Mère de Jésus, qui Lui est restée fidèle jusqu’au bout, L’a rencontré sur le chemin de la Croix et était au pied de la Croix pour L’accompagner dans ses trois dernières longues heures d’agonie. Elle était là pour sa mise au tombeau. Elle a ensuite aidé les saintes Femmes, les apôtres et les disciples à ne pas se décourager le Samedi Saint. Sa présence, sa prière, sa souffrance offerte ont obtenu, nous en sommes convaincus, beaucoup de grâces. En ce samedi, tous sauf un, sont convaincus de la Résurrection de Jésus. La Vierge Marie prie et offre beaucoup pour que le dernier apôtre incrédule soit vaincu. Cela se fera demain. Saint Thomas sera le premier apôtre à confesser : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Merci, ô Mère, d’avoir accompli avec tant d’amour votre mission maternelle. Nous sommes tout à vous, Totus tuus !

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