Dans son Ascension, Jésus nous introduit dans la vie de Dieu

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Homélie du Jeudi de l’Ascension 5 mai 2016

Vivons ce Jeudi de l’Ascension dans la joie et l’espérance, malgré les évènements de ce monde qui ne cessent de faire croître tristesses et angoisse. Rappelons encore ce que disait Benoît XVI : Jésus ne s’est pas éloigné vers un astre lointain, mais Il a pénétré, avec son Corps ressuscité, dans la divinité. Il participe en tant que Tête de Son Corps mystique à la Seigneurie de Dieu. Il peut donc être présent à toute la création, avec son Corps ressuscité, son Âme et sa divinité. Comment, en ce jour, ne pas participer à la joie du Ciel et à l’action de grâce de l’Eglise ? L’Ascension de Jésus marque l’accomplissement de la Victoire du Rédempteur sur le Mal, Satan et la mort. Elle est aussi déjà notre victoire. Puisse cette nouvelle Fête de l’Ascension, en cette année jubilaire de la Miséricorde, produire en nous la joie !

L’Ascension révèle, pourrions-nous dire, le grand et ineffable mystère de la Miséricorde divine. L’humanité, depuis le péché originel, était enfermée dans une condition misérable : séparée de Dieu, esclave du péché, sous le pouvoir du Prince des ténèbres et de la mort. Jésus, le Fils de Dieu, Voie, Vérité et Vie, s’est fait homme pour nous libérer de cet esclavage en acceptant de payer le prix fort par sa mort sur la Croix. Mais, comme l’ont souligné les Pères de l’Eglise, la mort n’avait aucune emprise sur le Verbe de Vie, l’Eternel ! Le corps que le Verbe a assumé est mort, mais l’âme humaine du Christ, quant à elle, ne pouvait mourir, le Verbe, par son âme humaine, a ainsi pu descendre aux enfers pour évangéliser tous ceux qui attendaient la Rédemption dans le sein d’Abraham et pour les libérer de la prison du séjour des morts. La mort du corps de Jésus n’a donc pas été la défaite du Christ, mais sa victoire ! Par Sa mort, Il  a vaincu la mort !

Pendant 40 jours, Jésus ressuscité a donné à ses apôtres et disciples les preuves de sa Résurrection. En ce jour de l’Ascension, Il fait entrer pour toujours l’humanité glorifiée dans la divinité et Il entraîne avec Lui tous les Justes de l’AT ! Le Ciel, fermé par le péché originel, est ainsi à nouveau ouvert pour tous ceux qui croient en Jésus, Notre Seigneur et Notre Dieu. Partageons aujourd’hui la joie du Ciel, vivons dans la joie, témoignons de la joie pascale !

Saint Luc décrit l’évènement historique de l’Ascension dans son évangile et au début des Actes des apôtres. Nous venons d’entendre ces deux témoignages. Jésus s’est élevé sous les yeux de ses apôtres, puis a disparu dans une nuée et fut emporté au ciel. Dans l’AT, la nuée symbolisait la divinité. La nuée a accompagné le Peuple dans sa marche après sa sortie d’Egypte, elle recouvrait la Tente de la rencontre. Jésus, en pénétrant dans la nuée, est entré pour toujours avec son corps ressuscité dans la divinité.

L’Ascension a été précédée par l’envoi en mission qui n’a pas eu lieu au Mont des Oliviers à Jérusalem, lieu de l’Ascension, mais sur une montagne de Galilée. Saint Matthieu nous transmet l’essentiel de cet important discours. Jésus a dit à ses disciples : “Tout pouvoir me fut donné dans le ciel et sur la terre”. Ce pouvoir lui a été donné à par Son Père. Il s’étend sur le ciel et sur la terre.

Jésus dit ensuite : “Allez donc, faites disciples toutes les nations”. Le verbe grec  que l’on traduit par « allez », signifie, de fait : «faites route, marchez». Jésus commande à ses disciples de parcourir la terre et de faire disciples toutes les nations. La mission à laquelle Jésus envoie ses disciples est plus large que le seul Peuple Juif, le Peuple de Dieu, elle est universelle, elle concerne toutes les Nations ! Jésus dit encore : “Les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit”. Les Apôtres ne doivent pas se contenter d’avoir pour disciples toutes les nations, ils doivent les baptiser et les sanctifier au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. L’Église enseigne que le baptême est nécessaire au Salut. Jésus ajouter encore : “Leur enseignant à garder tout ce que je vous ai commandé”. Le verbe grec «enseigner» signifie l’action du Maître, du précepteur qui éduque ceux dont il a la charge. Les Sages enseignaient en faisant apprendre les commandements et en éduquant pour les mettre en pratique. Les disciples devront être enseignés et éduqués à observer tout ce que Jésus a commandé. Jésus conclut enfin par cette phrase : “Et voici que, Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation du siècle”. La promesse de Jésus est faite dans une forme solennelle et elle se réalise immédiatement : “Ecce” : voici = maintenant, sans attendre ! “Moi, je suis” : Jésus, en Personne, est présent. Notre Seigneur ne dit pas : «je serai», mais : «je suis» ! Le «vous» renvoie aux apôtres et, c’est évident, à tous leurs successeurs, puisque les apôtres ne sont pas destinés à vivre jusqu’à la fin du monde ! La présence de Jésus n’est pas “spirituelle et générale”, mais concrète et particulière : tous les jours = chaque jour en particulier. Jésus est là, avec ses Apôtres, dans leur Mission, jusqu’à la fin du siècle. Le siècle, pour la Tradition de l’Église, est ce temps qui s’achèvera avec la seconde venue du Sauveur. Le Concile Vatican II, en mettant davantage en valeur la vocation et la mission des laïcs et des consacrés, a fait comprendre que tous les baptisés, par leur baptême et leur confirmation, sont appelés à participer activement à la triple mission de l’Église donnée par Jésus avant l’Ascension à ses apôtres : –prophétique : lévangélisation ; sacerdotale : vie offerte en sacrifice agréable à Dieu et participation active à la vie liturgique ; royale : faire régner l’esprit du Christ dans toutes les réalités du monde en éduquant selon la morale du Nouveau Testament, qui se résume par le double commandement de l’Amour. Aidons nos frères et sœurs baptisés et tous les hommes de bonne volonté à comprendre ce qu’est la vraie vie : la vie en Dieu, la vie avec Jésus. Témoignons en cette vallée de larmes de la joie et de l’espérance : Jésus est notre Dieu, Il s’est fait homme pour accomplir notre Rédemption, Il est ressuscité, Il est monté au Ciel avec son Corps Ressuscité et Il nous prépare une place, car là où est la Tête, là seront également tous les membres de Son Corps. Magnificat, Amen, Maranatha, viens Seigneur Jésus ! Ce soir, entrons avec l’Eglise dans le grand Cénacle autour de la Vierge Marie pour nous préparer à recevoir les dons du Saint-Esprit et nous préparer à la nouvelle Pentecôte.

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