Par l’Assomption, nous comprenons que le mal n’aura pas le dernier mot !

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Homélie de la Messe de l’Assomption 2016 en l’année de la Miséricorde

Bien chers amis, puisse cette solennité de l’Assomption de l’année jubilaire de la Miséricorde être pour la France, Fille aînée de l’Eglise, une étape décisive, préparant sa conversion. Rien n’est impossible à Dieu, la Fête de ce jour en est la preuve ! Le pouvoir de la mort, qui pesait sur tous les fils d’Adam et Eve, semblait être inexorable. Pourtant, dans le Cantique des cantiques, il était prophétisé une puissance supérieure : l’Amour ! Oui, l’Amour qu’est Dieu a vaincu les puissances de l’Enfer et de la mort par la Croix et la Résurrection du Christ. La première des créatures à participer à la victoire plénière de Jésus ressuscité a été la Vierge Marie, l’Immaculée Conception, la Mère de Dieu. Aucune des trois lectures de cette solennité ne parle du mystère de l’Assomption de la Vierge Marie, mais les textes choisis par l’Eglise en soulignent les aspects les plus importants. Saint Paul nous appelle à nous réjouir de la Résurrection de Jésus. L’Assomption de la Vierge Marie est une participation plénière à ce mystère, dans son âme et dans son corps glorifié, qui n’a pas connu la corruption de la mort ! St Luc nous invite à approfondir la prophétie du magnificat de la Vierge Marie : toutes les générations la proclament «bienheureuse», parce que le Seigneur a vraiment fait des merveilles dans l’humilité de celle qui se considérait comme la plus petite et qui est devenue la Mère de Dieu. Saint Jean, dans l’Apocalypse, nous appelle à la vigilance : le grand combat entre la Femme et le Dragon n’est pas terminé. Nous en avons fait l’expérience en France en ce mois de juillet. Mais la prophétie de l’Apocalypse rejoint celle de la Genèse : la Femme est victorieuse du serpent et du Dragon. N’ayons pas peur ! Ces mots, Saint Jean-Paul II et Benoît XVI nous les ont répétés, plusieurs fois. Ces mots ne sont pas un slogan. Leur fondement se trouve dans l’évangile. Jésus, avant d’affronter sa Passion, a dit à ses apôtres : « En ce monde, vous êtes dans la détresse, mais prenez courage, J’ai vaincu le monde ! » (Jn 16, 33). Le Cœur de Jésus a rappelé, à Paray-le-monial, cette prophétie : « Je règnerai malgré Satan et ses suppôts ». Ce Règne, qui permettra l’édification de la civilisation de l’amour, annoncée par les derniers Papes, sera précédé par le triomphe du Cœur Immaculé de Marie. Les rationalistes ne comprennent pas bien les raisons de ce triomphe du Cœur Immaculé de Marie. Jésus n’est-Il pas le Fils de Dieu fait homme ? Pourquoi la victoire du Cœur de Jésus devrait-elle être précédée par ce triomphe du Cœur Immaculé de Marie ? Une seule réponse : c’est la Volonté de Dieu. Le message prophétique de Fatima est explicite. Nous pouvons, dans la prière et la réflexion, comprendre le plan de Dieu, qui veut triompher de l’orgueil du serpent et du Dragon par l’humilité de la petite servante du Seigneur. Il me semble important, en ce 15 août 2016, de mieux nous préparer au centenaire des apparitions de Fatima (13 mai-13 octobre 1917). Sœur Lucie, la survivante des voyantes, écrivait à Jean-Paul II, le 12 mai 1982 :

«La troisième partie du secret de Fatima est une révélation symbolique, qui se réfère au Message (prophétique), conditionné par le fait que nous acceptions ou non ce que le Message lui-même nous demande: “si on accepte mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix; sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde”. Comme nous n’avons pas tenu compte de cet appel du Message, nous constatons qu’il s’est réalisé, la Russie (marxiste) a inondé le monde de ses erreurs. Et si nous ne consta-tons pas encore la réalisation totale de la fin de cette prophétie, nous voyons que nous nous y acheminons peu à peu à grands pas. Si nous ne renonçons pas au chemin de péché, de haine, de vengeance qui viole les droits de la personne humaine, d’immoralité et de violence. Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée; c’est pourquoi les hommes sont responsables».

Cette lettre sévère de sœur Lucie de Fatima, a été écrite avant la première consécration au Cœur immaculé de Marie, faite par Jean-Paul II à Fatima, le lendemain. Sœur Lucie avait fait savoir au Saint-Père que cette consécration n’était pas suffisante, mais qu’il fallait que tous les évêques du monde la fassent en union avec lui. Cette consécration avec tous les évêques du monde a été réalisée les 24 et 25 mars 1984 et sœur Lucie a fait savoir qu’elle avait été agréée par le Ciel ! Le Cardinal Joseph Ratzinger, le 27 juin 2000, concluait ainsi son commentaire théologique de la 3e partie du secret de Fatima, qui lui avait été demandé par Jean-Paul II :
« Je  voudrais enfin reprendre encore une autre parole-clé du « secret » devenue célèbre à juste titre: «Mon Cœur immaculé triomphera». Qu’est-ce que cela signifie? Le Cœur ouvert à Dieu, purifié par la contemplation de Dieu, est plus fort que les fusils et que les armes de toute sorte. Le fiat de Marie, la parole de son cœur, a changé l’histoire du monde, parce qu’elle a introduit le Sauveur dans le monde – car, grâce à son «oui», Dieu pouvait devenir homme dans notre monde et désormais demeurer ainsi pour toujours. Le Malin a du pouvoir sur ce monde, nous le voyons et nous en faisons continuellement l’expérience; il a du pouvoir parce que notre liberté se laisse continuellement détourner de Dieu. Mais, depuis que Dieu lui-même a un cœur d’homme et a de ce fait tourné la liberté de l’homme vers le bien, vers Dieu, la liberté pour le mal n’a plus le dernier mot. Depuis lors, s’imposent les paroles: «Dans le monde, vous trouverez la détresse, mais ayez confiance; moi je suis vainqueur du monde» (Jn 16,33). Le message de Fatima nous invite à nous fier à cette promesse ».

Puisse ce témoignage de Benoît XVI nous garder dans la ferme espérance : le Mal n’aura pas le dernier mot ! Notre Pape François a voulu cette année jubilaire de la Miséricorde parce qu’il est convaincu que le pouvoir de Satan est limité par la Miséricorde divine, plus grande que tous nos péchés ! Il est temps d’obtenir la grâce de l’indulgence plénière de cette Année Sainte ! Ne tardons plus et consacrons-nous au Cœur Immaculé de Marie, notre refuge sûr en ces temps troublés. Témoignons de la joie de Dieu par notre sérénité, notre confiance et notre courage. Amen, Magnificat, Alléluia !

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