Jésus est l’Epoux !

Homélie du 25 octobre 2016.

Nous connaissons bien le passage de la lettre aux Ephésiens de ce mardi (Ep 5, 21-33), qui est souvent choisi pour les Messes de mariage. Saint Paul, comme nous l’avons déjà dit, est le premier théologien du mystère de l’Eglise, Corps du Christ. Le Corps du Christ, c’est Jésus Tête et ses disciples, les membres de ce Corps. Mais c’est aussi le deux en un de l’Epoux et de l’Epouse. Saint Paul se fonde sur ce texte de la Genèse qui concerne le mariage : « l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme : tous deux ne feront plus qu’un».

L’apôtre des Nations, cependant, n’a pas été un révolutionnaire. Jésus s’est déclaré l’Epoux : « Les invités de la noce pourraient-ils donc jeûner pendant que l’Époux est avec eux ? ». Le contexte de l’évangile selon Saint Marc (Mc 2, 18s) est une controverse contre Jésus : pourquoi tes disciples ne jeûnent-ils pas alors que les Pharisiens et les disciples de Jean Baptiste jeûnent. Jésus répond qu’ils ne le peuvent pas tant que l’Epoux est avec eux, mais viendra un temps où l’Epoux leur sera enlevé : ce jour-là, ils jeûneront.  L’Epoux dont Jésus parle ne peut être que Lui-même ! Saint Jean-Baptiste a aussi dit clairement à ses disciples que Jésus était l’Epoux. Le contexte de cette affirmation dans l’évangile selon Saint Jean est un dialogue entre les disciples de Jean et le Précurseur. Ils viennent avertir leur maître : celui que tu as baptisé, voilà qu’Il baptise à présent et tous vont vers Lui. Jean-Baptiste va faire cette merveilleuse réponse, qui révèle sa grande humilité et son grand amour de Jésus : « Celui qui a l’épouse est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il l’écoute, et la voix de l’époux le comble de joie. Telle est ma joie, elle est parfaite. Il faut qu’il grandisse et que moi, je diminue. » (Jn 3, 27-30). Le mot « époux » revient trois fois dans cette proclamation du Précurseur ! Comment comprendre cette affirmation ? Jésus ne s’est pas marié ! Le témoignage des évangélistes est clair sur ce sujet. Une seule interprétation peut être donnée : Jésus est l’Epoux parce qu’Il est le Verbe incarné. S’Il n’était pas la Personne divine du Fils de Dieu, Il ne pourrait pas s’appeler l’Epoux. Dans l’AT, particulièrement dans le livre d’Osée, Dieu s’est révélé comme l’Epoux de Son Peuple, Israël. Saint Jean-Baptiste a été éclairé par le Saint-Esprit. Il sait que Jésus est l’Epoux et qu’il est lui-même l’ami de l’Epoux. Jésus, quant à Lui, se sait être le Fils de Dieu, envoyé par Son Père, pour sceller l’Alliance nouvelle et éternelle dans Son Sang. Il peut donc s’appeler l’Epoux. Jésus a également révélé le mystère de l’Alliance nouvelle et éternelle comme celui de ses noces dans la parabole des noces (Mt22, 1-4). Le début de la parabole est explicite : « Il en va du Royaume des cieux comme d’un roi qui fit un festin de noce pour son fils ».

Saint Paul se fonde sur cette révélation pour montrer aux Ephésiens le caractère sacré du mariage entre chrétiens. Le grand sacrement n’est pas l’union d’un époux et d’une épouse, mais l’union du Christ et de l’Eglise. Le mariage entre l’époux et l’épouse est donc, pour Saint Paul, le signe d’un mariage plus grand : celui de Jésus et de l’Eglise. Ce dernier mariage étant indissoluble, il s’en suit que le mariage entre deux baptisés est lui aussi indissoluble.

 

Saint Paul, dans ce passage, révèle aussi quelle doit être la qualité de l’amour de l’époux pour son épouse : il doit l’aimer comme Jésus a aimé son Eglise en Se livrant pour elle. Comment l’épouse doit-elle aimer son époux ? En imitant l’Eglise qui se soumet au Christ ! Saint Paul affirme ainsi que l’époux est dans la famille l’autorité comme le Christ est la Tête de Son Eglise. Autorité ne signifie pas dictature mais service. L’époux doit exercer son autorité comme Jésus exerce la sienne. Aujourd’hui, beaucoup n’acceptent plus ce plan de Dieu. L’autorité est méprisée, refusée, rejetée. Les Foyers amis doivent être les témoins de ce que Dieu a voulu au début de la création et de ce que Jésus a restauré par Son Incarnation rédemptrice. L’époux exerce le service de l’autorité, en imitant Jésus, qui n’est pas venu pour être servi mais pour servir. L’autorité selon Jésus n’étouffe pas, n’écrase pas, mais fait grandir les autres.

Remercions Dieu d’avoir donné au Père et à Mère Marie-Augusta le charisme du « rien l’un sans l’autre ». Ce charisme est un très grand don qui permettra le renouveau de la famille. Prions aussi pour tous ceux qui ont une autorité à exercer dans la société ou dans l’Eglise. Qu’ils imitent Jésus en l’exerçant dans l’Amour jusqu’au don plénier d’eux-mêmes. Il n’y a pas de plus grand Amour que de donner Sa vie pour ceux que l’on aime.

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