Nous avons trouvé le Messie !

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Mercredi 30 Novembre : St André (P. Bernard)

Nous sommes très heureux de fêter en ce 30 novembre le frère aîné de St Pierre : Saint André. Jésus les a appelés ensemble : “Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes”. Saint Jean révèle qu’André, disciple de Jean-Baptiste comme lui, a obéi au Précurseur qui leur avait dit : « Voici l’Agneau de Dieu » (Jn 1,36). Ces deux disciples ont suivi Jésus et Lui ont demandé : « Rabbi, où demeures-tu ?». « Venez et vous verrez », leur a répondu Jésus. Après cette première rencontre avec Notre-Seigneur, André alla trouver son frère Simon pour lui dire : « nous avons trouvé le Messie ! ».

Le Père nous rappelait souvent que l’appel décisif, rappelé dans l’évangile : « venez et voyez » avait été précédé par d’autres rencontres avec Jésus. André a cru avant Simon, son frère cadet. Mais Simon, de par la volonté de Jésus, passera ensuite devant son frère aîné en devenant Pierre le Rocher !

Le pape Benoît XVI a consacré une catéchèse du mercredi à Saint André. Après avoir parlé de sa première rencontre avec Jésus, il a rappelé que c’est André, encore lui, qui signale au Seigneur, la présence d’un enfant avec cinq pains et deux poissons « bien peu de choses pour cette foule immense » que Jésus nourrira en multipliant les pains. André, disait encore Benoît XVI, est aussi l’un des disciples qui interroge Jésus quand il annonce la destruction du temple. Enfin, c’est lui qui, avec Philippe intervient auprès de Jésus en faveur d’un groupe de grecs venu le voir. Le Seigneur lui répond par la parole du grain de blé tombé en terre, révélant ainsi que sa mort sur la croix, sera source d’une fécondité nouvelle dont la résurrection deviendra pain de vie pour le monde, lumière pour tous les peuples. La tradition orthodoxe fait découvrir le zèle de Saint André dans sa mission après la Pentecôte. Il connut de nombreuses souffrances et maintes tribulations en prêchant le Christ. Mais, soutenu par l’aide toute-puissante du Seigneur, il supporta pour Lui tous ces malheurs avec joie. Il fut en particulier cruellement traité dans la ville de Sinope : on l’y traîna à terre par les bras et par les jambes, on le frappa à coups de gourdins, on le lapida, on lui brisa les doigts et les dents. Cependant, par la grâce de son Sauveur et Maître, il sortit indemne de ces tourments et put poursuivre son périple vers de nouvelles contrées : Néocésarée, Samosate, Alania, Avasgia, Zicheia, et la région du Bosphore. Par la suite, il s’embarqua pour la Thrace et la petite ville de Byzance, où il fut le premier à prêcher le Christ. Il enseigna des foules nombreuses, institua des presbytres, et nomma Stachys (dont parle Saint Paul dans l’épître aux romains) premier évêque de Byzance. Après Byzance, Saint André endura les maux du labeur apostolique en prêchant le Christ dans la région du Pont et de la Mer Noire, en Scythie et en Chersonèse. Poussé par la providence, il remonta le Dniepr à travers la Russie jusqu’aux collines de Kiev, où il s’arrêta pour passer la nuit. Au matin, comme il s’éveillait, il dit à ses disciples : « Voyez-vous ces monts ? Croyez-moi, la grâce de Dieu resplendira sur eux ! Il y aura ici une grande ville. Dieu veut y édifier de nombreuses églises et illuminer ces terres par le saint baptême ! » Il fit l’ascension des collines, les bénit, et planta une croix, annonçant la future conversion du peuple russe par l’entremise du trône apostolique de Byzance. Il traversa ensuite d’autres lieux plus au nord, et parvint même à l’emplacement du futur Novgorod-le-Grand. Plus tard, il se rendit à Rome, en Epire et en Thrace, où il affermit les chrétiens, nommant évêques et docteurs. Après avoir instruit de nombreuses contrées, Saint André partit pour le Péloponnèse, et se rendit à Patras en Achaïe où il fut martyrisé sur une croix en X. Les presbytres et les diacres de l’Eglise d’Achaïe, témoins du martyre de Saint André, ont écrit à toutes les Eglises d’Orient et d’Occident, du nord et du midi, pour faire connaître les souffrances de ce grand apôtre et donner ce témoignage : Nous avons été initiés à la foi par Saint André, apôtre de Jésus-Christ, et, selon nos moyens, nous rapportons ici ses souffrances, auxquelles nous avons assisté, que nous avons vues de nos yeux.

Benoît XVI concluait ainsi sa catéchèse sur Saint André : L’apôtre André nous invite à suivre Jésus avec promptitude, à parler de lui avec enthousiasme à ceux que nous rencontrons et surtout à cultiver avec lui des relations vraiment intimes, conscient que c’est seulement en Lui que nous pouvons trouver le sens ultime de notre vie et de notre mort. Si la question de Jésus a réveillé en nous aussi le désir de le rencontrer dans l’intimité de sa demeure, nous savons désormais où le trouver : c’est dans son Eglise qu’il nous invite à venir : « Venez et vous verrez ». Seigneur Esprit-Saint ouvre les yeux de notre cœur, et accorde-nous d’y discerner, au-delà de ce qui s’y donne à « voir », la présence cachée de l’Epoux, afin que nous puissions devenir nous aussi les témoins de sa venue, et proclamer à nos frères, d’une façon aussi convaincante qu’André : ‘Nous avons trouvé le Messie’. Prions en cette Messe pour l’unité avec nos frères orthodoxes. L’Europe ne pourra retrouver la fidélité à ses racines chrétiennes que si l’Eglise respire à nouveau avec ses deux poumons. Mais l’unité ne peut se faire que dans la fidélité à la Vérité révélée et la charité. En outre, comme nous l’avez dit le Patriarche Bartholoméos, actuel successeur de Saint André, l’unité sera un don de l’Esprit-Saint.

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