Qu’Est-ce que le Salut et la Vie éternelle ? (4/5)

Session jeunes, 29 octobre – 1er novembre 2016 sur la Vie éternelle. Père Bernard.

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 Suite de l’enseignement en complément de la Consigne Spirituelle du mois de Novembre.

Qu’est-ce que le Salut et la Vie éternelle ? (4/5)

            Je vous invite à approfondir la deuxième Encyclique de Benoît XVI Spe Salvi : « Dans l’introduction de son Encyclique, signée le 30 novembre 2007, Benoît XVI disait : «SPE SALVI facti sumus» – dans l’espérance nous avons été sauvés, dit saint Paul aux Romains et à nous aussi (Rm 8, 24). Selon la foi chrétienne, la « rédemption », le salut n’est pas un simple donné de fait. La rédemption nous est offerte en ce sens que nous a été donnée l’espérance, une espérance fiable, en vertu de laquelle nous pouvons affronter notre présent: le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s’il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu’il peut justifier les efforts du chemin. Maintenant, une question s’impose immédiatement: mais de quel genre d’espérance s’agit-il pour pouvoir justifier l’affirmation selon laquelle, à partir d’elle, et simplement parce qu’elle existe, nous sommes rachetés ? Et de quel genre de certitude est-il question? » La question du Salut est donc centrale dans cette Encyclique sur l’espérance. L’objet de l’espérance, en effet, c’est le Salut !

            Cette Encyclique de Benoît XVI nous permet, en outre, de développer la deuxième partie de cette causerie : la vie éternelle. Dans les numéros 13 à 15, Benoît XVI a expliqué ce qu’était la vie éternelle, objet de l’espérance chrétienne. Son explication, quoique difficile, est lumineuse pour l’homme de notre temps. Notre Pape connaît les pensées et les aspirations des hommes de ce troisième millénaire. Il veut donc clarifier pour eux la nature de ce que nous appelons la « vie éternelle » en commentant ce que disait Saint Augustin sur cette vie dont nous n’avons pas encore l’expérience, et qui est connue et inconnue en même temps (12) : « Je pense qu’Augustin décrivait là, écrit Benoît XVI, de manière très précise et toujours valable la situation essentielle de l’homme, la situation d’où proviennent toutes ses contradictions et toutes ses espérances. Nous désirons en quelque sorte la vie elle-même, la vraie vie, qui n’est même pas touchée par la mort; mais, en même temps, nous ne connaissons pas ce vers quoi nous nous sentons poussés. Nous ne pouvons pas nous arrêter de nous diriger vers cela et cependant nous savons que tout ce dont nous pouvons faire l’expérience ou que nous pouvons réaliser n’est pas ce à quoi nous aspirons. Cette «chose» inconnue est la véritable « espérance », qui nous pousse et le fait qu’elle soit ignorée est, en même temps, la cause de toutes les désespérances comme aussi de tous les élans positifs ou destructeurs vers le monde authentique et vers l’homme authentique. L’expression « vie éternelle » cherche à donner un nom à cette réalité connue inconnue. Il s’agit nécessairement d’une expression insuffisante, qui crée la confusion. En effet, «éternel » suscite en nous l’idée de l’interminable, et cela nous fait peur; « vie » nous fait penser à la vie que nous connaissons, que nous aimons et que nous ne voulons pas perdre et qui est cependant, en même temps, plus faite de fatigue que de satisfaction, de sorte que, tandis que d’un côté nous la désirons, de l’autre nous ne la voulons pas ».

En conclusion de ce numéro 12, il donne cette merveilleuse description de la vie éternelle : « la vie au sens plénier, une immersion toujours nouvelle dans l’immensité de l’être, tandis que nous sommes simplement comblés de joie. C’est ainsi que Jésus l’exprime dans Jean: « Je vous reverrai, et votre cœur se réjouira; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera » (16, 22). Nous devons penser dans ce sens si nous voulons comprendre ce vers quoi tend l’espérance chrétienne, ce que nous attendons par la foi, par notre être avec le Christ ». Je voudrais ajouter à ce commentaire de Benoît XVI, la définition que Jésus a donné Lui-même de la Vie éternelle dans son intime prière à son Père au terme du discours après la Cène (Jn 17) : « la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ ». Il ne faut pas oublier que la signification du verbe connaître, dans la Bible, est beaucoup plus large que la nôtre aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement d’une connaissance intellectuelle, acquise à l’école ou à l’université, mais d’une connaissance intégrale qui lie vérité et amour. Pour parler de l’union conjugale d’Adam et Eve, Moïse utilise le verbe connaître : Adam connut son épouse. Donc connaître Dieu, c’est le connaître avec son intelligence par la vraie Foi, mais aussi et surtout le connaître avec son cœur et sa volonté par l’union amoureuse avec Lui ! La Vie éternelle c’est donc participer à la Vie divine, qui est Vérité et Amour ! Il faut aussi ajouter cette phrase très importante de Jésus à ses apôtres, dans le même discours après la Cène : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,5).

Il me semble qu’il faudrait aussi ajouter, à partir des paroles de Jésus, que le Salut comporte aussi la plénitude de la joie, de la paix et du bonheur.

Cette vie éternelle, cependant, n’est pas une vie « individualiste ». Benoît XVI, à la suite du Père de Lubac qui se fondait sur les Pères de l’Eglise, montre que le salut est une réalité communautaire. La conclusion personnelle de Benoît XVI du numéro 14 est encore lumineuse : « Cette vie véritable, vers laquelle nous cherchons toujours de nouveau à tendre, est liée à l’être dans l’union existentielle avec un «peuple » et, pour toute personne, elle ne peut se réaliser qu’à l’intérieur de ce «nous ». Elle présuppose donc l’exode de la prison de son propre « moi », parce que c’est seulement dans l’ouverture de ce sujet universel que s’ouvre aussi le regard sur la source de la joie, sur l’amour lui-même – sur Dieu ». Qu’a voulu signifier Benoît XVI ? Tout simplement ceci : la vie éternelle sera la vie parfaite de Communion en Dieu : communion avec les Personnes divines, communion avec la Vierge Marie et tous les Saints, communion avec les Anges. La vie éternelle réalisera la grande prière de Jésus : « Ut Sint Unum » (Jn 17). Nos Père et Mère, qui aimaient beaucoup le chapitre 17 de Saint Jean, ont voulu prendre comme devise pour notre Communauté : « Ut Sint Unum », ils désiraient ardemment cette vie éternelle, cette vie du Ciel, qui est tout simplement la Vie parfaite d’Amour dans l’UN divin !

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