Elu Pape à l’unanimité… en son absence !

19 décembre 2016 : Bienheureux Urbain V (Fr. Paul)

 

Le bienheureux Urbain V fut le douzième Pape français dans l’histoire de la papauté. Il est né en Lozère et reçu le nom de Guillaume. Après des études à Montpellier puis à Toulouse, il entra chez les bénédictins du Monastier. Il fit sa profession monastique à l’Abbaye Saint-Victor de Marseille et fut ordonné prêtre au Monastier en 1334.  Il enseigna brillamment le droit canon dans diverses universités dont Paris et Avignon. Il fut ensuite élu abbé à Saint-Germain d’Auxerre en 1352 puis à Saint-Victor de Marseille en 1361. Envoyé en Italie comme légat pontifical, c’est à Naples qu’il apprit que les cardinaux l’avaient élu pape à l’unanimité le 28 septembre 1362. Arrivé à Avignon, il fut intronisé le 31 octobre sous le nom d’Urbain V, puis consacré évêque et couronné le 6 novembre à Avignon, en refusant les fastes habituels à cette cérémonie. Le choix de son nom de Pape est tout un programme : tous les Papes Urbain qui l’ont précédé ont été des saints.

200ème Pape, il s’est donné assidument à ses responsabilités, tout en maintenant sa vie monastique, fidèle à son habit et à la règle de saint Benoît. Il partageait son temps entre la prière, l’étude, le courrier et les audiences, attentif aux affaires de l’Église et aux misères du monde, très généreux envers les pauvres et les malades, se contentant d’employer ceux qui le méritaient sans favoriser sa famille (http://pape-urbain-v.org).

Durant les huit années de son pontificat, Urbain V se donna sans compter. Son grand zèle pour Jésus le poussa à envoyer des missionnaires dans de nombreux pays païens ou hérétiques (Crête, Bosnie, Albanie, Moldavie, les îles Canaries et même en Asie). Il envoya un légat à Pékin et fonda le premier évêché de Chine. S’engageant pour l’unité des chrétiens, il obtient le retour officiel de l’empereur de Byzance, Jean V Paléologue, ainsi que de nombreuses communautés d’Europe de l’Est.

Avec courage il s’attela à la réforme de l’Eglise, en imposant aux évêques et aux abbés de résider dans leur diocèse ou leur abbaye, et invita les religieux à retrouver l’observance de leur règle.

Homme de culture, grand intellectuel et juriste de renommée, il correspondit avec les plus grands esprits de son temps, créa des universités en Suisse, en Pologne, en Autriche et en Hongrie. Il encouragea les artistes. Il fut à l’origine des jardins du Vatican. S’il rencontrait les grands de ce monde, les empereurs, les rois et les reines, il n’en gardait pas moins la simplicité et l’humilité du moine.

Malgré les récriminations des cardinaux et les insistances du roi de France, il ramena avec courage la papauté à Rome le 30 avril 1367 où il vécut trois ans. Mais face au danger de l’instabilité politique romaine et poussé par le désir de rétablir la paix entre la France et l’Angleterre, il retourna en Avignon en septembre 1370.

Portant le poids de l’échec et atteint de maladie, il mourut le 19 décembre de la même année. Il fut enterré à la cathédrale Notre-Dame des Doms puis, selon son désir, transféré en 1372 à Saint-Victor de Marseille. Très vite de nombreux miracles ses manifestèrent sur son tombeau, si bien qu’on ouvrir très vite son procès de canonisation. Mais, à cause du grand schisme d’occident, il fut interrompu. En 1870 Pie IX le déclara bienheureux.

Prions le bienheureux Urbain V pour notre Pape François, prions-le  pour la France, afin qu’elle retrouve ses racines chrétiennes et donne à l’Eglise de nouveaux saints. Et en ces derniers jours de l’Avent que son exemple d’humilité et de simplicité de cœur nous entraîne, nous rappelant que c’est aux humbles et aux petits que l’Enfant Jésus se révélera dans la nuit de Noël.

Sources :

–          http://nominis.cef.fr/

–          http://pape-urbain-v.org

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