Celui qui déclare demeurer en Jésus doit, lui aussi, marcher comme Jésus Lui-même a marché

29 décembre 2016 : Saint Thomas Becket (Fr. Jean)

« Celui qui déclare demeurer en lui [Jésus] doit, lui aussi, marcher comme Jésus lui-même a marché. » En ce 3ème jour de retraite, jour que nous appelons ‘jour de l’élection’, St Jean nous invite à faire la vérité sur nous même afin de marcher comme Jésus lui-même a marché. En ce 29 décembre deux modèles peuvent nous être donnés dans cette démarche.

D’abord Jésus lui-même. En effet, ce temps de Noël nous fait contempler l’abaissement du Fils de Dieu. L’Éternel entre dans le temps. Le Tout Puissant se fait petit enfant. Celui par qui tout a été fait naît dans une grotte et est couché dans une crèche. La correspondance du Fils à la volonté du Père est totale et parfaite : « Tu ne voulais ni offrande ni sacrifice mais tu m’as façonné un corps ; tu ne demandais ni holocauste ni victime alors j’ai dit : ‘voici je viens pour faire, O Dieu ta volonté’ » Que la générosité de notre Seigneur puisse nous apporter force et courage dans les décisions que Jésus nous demande de prendre en cette retraite.

St Thomas Becket que nous fêtons aujourd’hui est notre deuxième modèle pour cette journée. Il dut prendre des décisions courageuses pour rester fidèle à la Vérité. Sa fidélité lui valut la palme du martyr.

            St Thomas naquit vers 1118 à Londres. Sa mère l’éduqua chrétiennement et lui enseigna sa dévotion envers la Vierge Marie ainsi que l’amour d’une vie chaste et généreuse envers les plus pauvres. Il avait un tempérament taillé pour l’action, le gouvernement, le combat. Après avoir étudié à Paris jusqu’aux alentours de l’année 1139, il entra comme intendant chez un de ses proches, puis devint clerc de l’archevêque de Cantorbéry ; sa fonction le fit notamment voyager à Rome ; il fit également des séjours à Bologne pour sa formation de juriste. Il était fortement attaché à son vieil archevêque et au Roi Henri II qui devint un ami particulier. Ce dernier fini par le nommer chancelier du royaume. Pendant 7 ans Thomas Becket sut emporter l’estime et réduire les jaloux au silence par son énergie tempérée de tact et de prudence. Cependant il vivait encore dans une certaine mondanité qu’il cherchait à compenser par de larges aumônes, des prières et des pénitences cachées.

            En 1161, l’archevêque de Cantorbéry mourut. Becket fut nommé à sa place en mai de l’année suivante. Cette nomination a été favorisée par le roi Henri II lui-même. En arrière-pensée, celui-ci pensait avoir ainsi une main mise sur l’Eglise d’Angleterre, mais St Thomas mit son point d’honneur à être strictement fidèle à l’Église. Sa vie se transforma et devint plus austère, plus profonde. Par le fait même des conflits ne tardèrent pas à naître entre l’archevêque et le Roi. En effet, par de nouvelles constitutions le Roi voulait minimiser les relations du haut clergé anglais avec Rome. St Thomas s’y opposa fermement, ce qui lui enleva et sa popularité et ses amis. Les choses s’envenimèrent à tel point qu’il fut obligé de s’exiler en France en 1164 soit seulement 2 après sa nomination. De Vézelay il promulgua plusieurs excommunications contre les collaborateurs d’Henri II. Son exil dura 6 années.

            Le 22 juillet 1170, Henri II fait couronner son fils par l’archevêque d’York, ce qui représentait une insulte suprême au droit du primat qu’est l’évêque de Cantorbéry. Cependant, le Pape intervint directement ce qui fit céder le Roi d’Angleterre. Celui-ci permit donc à St Thomas de revenir dans sa ville où il trouva un accueil chaleureux de la part de la population. Néanmoins, cette attitude de bienveillance du Roi n’était que factice car le 29 décembre, 4 jours après la fête de Noël, 4 chevaliers proches de ce dernier pénétraient dans la cathédrale et le frappèrent à coup d’épée. Il mourut avec ces paroles à la bouche : « Pour le nom de Jésus et pour l’Église, j’accepte la mort ». Sa mort porta rapidement du fruit, le Roi, frappé d’interdit personnel, fit repentance et se réconcilia avec l’Église et le Saint Père.

St Thomas Becket est pour nous aujourd’hui un exemple à deux titres. En premier lieu, il sut changer de vie. Bien que véritablement chrétien et pieux, il lui manquait une certaine profondeur qu’il sut trouver avec sa responsabilité d’évêque et les persécutions qui ont suivi. Qu’il nous aide donc à approfondir notre vie quotidienne. En second lieu, il refusa toute compromission contre la vérité et la foi. Il le paya d’abord par l’exil puis par sa mort. Il est ainsi un exemple de fidélité dans la tempête. Qu’il nous donne donc sa force et son courage pour que nous demeurions fidèle à l’Évangile malgré vents et marrées.

Qu’en ce troisième jour de retraite nous n’hésitions pas à bien prier les uns pour les autres dans une même cordée.

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