C’est la dernière heure : heure de combat, heure de grâce…

Samedi 31 décembre 2016 – Saint Sylvestre (Fr. Paul)

C’est la dernière heure (1Jn 2,18) ! L’heure est un mot fréquent dans la Bible, mais l’expression « la dernière heure » n’y apparaît que deux fois et seulement dans le passage de la 1ère épître de Saint Jean que nous venons d’entendre.

Nous sommes à la dernière heure : dernière heure de notre retraite, dernière heure de l’année 2016. Que veut nous dire Saint Jean ? Saint Jean-Paul II, au seuil de l’an 2000 écrivait : « Dans le christianisme, le temps a une importance fondamentale. C’est dans sa dimension que le monde est créé, c’est en lui que se déroule l’histoire du Salut, qui a son apogée dans la  » plénitude du temps  » de l’Incarnation et atteint sa fin dans le retour glorieux du Fils de Dieu à la fin des temps. En Jésus Christ, Verbe incarné, le temps devient une dimension de Dieu, qui est en lui-même éternel. Avec la venue du Christ commencent les  » derniers jours  » (cf. He 1,2), la  » dernière heure  » (cf. 1Jn 2,18), avec elle commence le temps de l’Église, qui durera jusqu’à la Parousie[1] ». Il y a eu l’heure de la création, puis l’heure du péché et de l’exil, et enfin est venue la grande heure de Jésus, l’heure de la rédemption. Par sa mort et sa résurrection Jésus nous a fait entrer dans la dernière heure, celle qui doit nous préparer à son retour dans la gloire. C’est l’heure de la grâce, l’heure de la miséricorde mais aussi l’heure du grand combat, comme l’écrivait Saint Jean : « comme vous l’avez appris, un anti-Christ, un adversaire du Christ, doit venir ; or, il y a dès maintenant beaucoup d’anti-Christs ; nous savons ainsi que c’est la dernière heure » (1Jn 2,18). C’est le combat de Satan contre Dieu. Aujourd’hui Satan pense pouvoir remporter la victoire. Il s’est infiltré partout : dans la société, dans les familles, dans l’Église – même jusque dans certains membres de sa hiérarchie. Il suscite une nouvelle doctrine anti-christ à travers ceux qui, consciemment ou non, luttent contre Jésus-Christ et son Évangile. Ces personnes veulent imposer un faux Christ et une fausse Église : un Jésus à dimension humaine, adapté au monde, un nouveau sauveur qui doit rassembler dans la concorde toute l’humanité même au prix de la vérité.

Saint Sylvestre, que nous fêtons en ce jour a lui aussi connu une situation de crise dans l’Église. Romain de naissance et exerçant à Rome son ministère sacerdotal, il fut choisi en 314 par les cardinaux pour devenir le 33eme pape. Son pontificat fut l’un des plus longs : 21 années. En ces années vit le jour en Orient l’hérésie d’Arius qui niait que Jésus soit vraiment le Fils de Dieu. Nombre de chrétiens et même des évêques furent séduits par la théorie humainement attirante d’Arius et ceci porta à une profonde division dans l’Église. L’empereur Constantin convoqua en 325 le concile de Nicée qui condamna Arius et proclama le dogme de la divinité du Christ. Le pape Sylvestre ne participa pas lui-même au concile mais y envoya ses légats. Le concile de Nicée, hélas, ne suffit pas à arrêter la grande division de l’Église dont une très grande partie fut entraînée dans l’arianisme. La crise devint telle qu’il était très difficile de savoir où était la vérité. Il faudra beaucoup de souffrance et de courage de la part des témoins de la foi catholique pour qu’après de nombreuses années soit retrouvée l’unité dans la vérité et la charité.

Tandis qu’en Orient les Pères de l’Église s’investissaient pour la juste compréhension de la foi et l’édification de la doctrine catholique, le pape Sylvestre fit faire de grands travaux dans Rome. Avec l’aide le l’empereur Constantin, converti au christianisme, la basilique Saint-Jean de Latran, la basilique de Sainte-Croix de Jérusalem, la basilique de Saint-Paul hors les Murs et la basilique de Saint Laurent furent érigées à Rome. Saint Sylvestre eut le souci du mobilier liturgique et des ornements. Il fit aussi aménager les catacombes comme de grands cimetières souterrains. C’est d’ailleurs dans les catacombes de Sainte Priscille qu’il fut enterré après sa mort en 335. Profitant de la paix conquise par Constantin, le pape Sylvestre se donna à l’organisation de l’Église. Il fut l’un des premiers saints non martyrs de l’Église. Sa réputation de sainteté et son culte apparurent très tôt à Rome[2].

Nous sommes à la dernière heure : temps de combat, temps de grâce. Nous ne devons pas avoir peur car cette heure est aussi l’heure de la Vierge Marie. Cette nuit nous entrerons dans l’année du 100ème anniversaire des apparitions de Fatima. A Fatima la Sainte Vierge a annoncé le triomphe de son Cœur Immaculé. Ce triomphe viendra, c’est une certitude. La Vierge Marie ne nous a pas abandonnés. Benoît XVI le 13 mai 2010 avait dit : « Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée se tromperait[3] ». L’enfer pourra encore se déchaîner, les tempêtes pourront encore éclater, ceux qui vivront la consécration à la Vierge Marie comme des enfants confiants et abandonnés entre ses mains résisteront aux persécutions.

A la fin de cette retraite et au seuil de cette nouvelle année, accueillons avec confiance la Vierge Marie comme guide sûr de notre vie. Que l’année 2017 soit une année mariale et que vienne le triomphe de son Cœur Immaculé. Amen.

[1]             Saint Jean-Paul II, Lettre apostolique Tertio Millenio Adveniente, 1994, n. 10.

[2]             Cf. http://nominis.cef.fr .

[3]             Benoît XVI, Homélie du jeudi 13 mai 2010, Fatima.

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