« C’est la pâte la plus rude que j’ai maniée… »

Samedi 3 décembre 2016 : Saint François-Xavier  (Fr. Clément-Marie)

 

Nous avons commencé dans la Communauté cette semaine l’année des saints. Pendant toute l’année liturgique, nous découvrirons, lors de l’homélie, le saint du jour. Puisque l’homélie est faite pour commenter l’Écriture, les saints y ont toute leur place. Rappelons ce que Benoît XVI disait dans l’exhortation apostolique sur la Parole de Dieu, Verbum Domini : « L’interprétation la plus profonde de l’Écriture vient proprement de ceux qui se sont laissés modeler par la Parole de Dieu, à travers l’écoute, la lecture et la méditation assidue. (…) En ce sens, la sainteté dans l’Église constitue une herméneutique de l’Écriture dont personne ne peut faire abstraction. L’Esprit Saint qui a inspiré les auteurs sacrés est le même qui conduit les saints à donner leur vie pour l’Évangile. Se mettre à leur école représente un chemin sûr pour entreprendre une interprétation vivante et efficace de la Parole de Dieu. »[1]

Aujourd’hui, 3 décembre, nous célébrons Saint François-Xavier. Ce saint nous est cher, notamment parce qu’il partage avec sainte Thérèse de l’Enfant Jésus d’être le saint patron des missions. Sixième enfant d’une famille de grande noblesse et de petites ressources, il naît en 1506, au château de Xavier près de Pampelune. Il quitte la Navarre pour faire ses études à l’Université de Paris. À Paris, il partage sa chambre avec un étudiant, âgé de 40 ans, Ignace de Loyola. Au début, François-Xavier supporte mal ce compagnon d’études que la pauvreté oblige à résider avec lui. Cet étudiant qui sent chez François-Xavier une âme énergique mais orgueilleuse, et qui constate son ambition,  lui répète très souvent la phrase de l’évangile : « Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? » Longtemps François-Xavier résiste. Mais il est finalement touché par le zèle d’Ignace qui dira de François-Xavier : « C’est la pâte la plus rude que j’ai maniée… » Avec six autres compagnons, ils prononcent ensemble des vœux, le 15 août 1534 à Montmartre, et fondent la Compagnie de Jésus, les Jésuites.

Lorsque le Pape demande des missionnaires pour l’Inde, François Xavier dit simplement : « Me voici ! ». En 1541, il part pour Goa, ville portugaise, qu’il ramène à la Foi. Pendant une dizaine d’années, il travaille à la conversion des Paravers, pêcheurs de perles, près de Ceylan. Son ardeur et les nombreux miracles ont un succès extraordinaire. Il écrit de là à saint Ignace de Loyola : « Quant aux nouvelles de l’Inde, je dois vous faire part que le Seigneur, dans le royaume où je me trouve, a invité beaucoup d’hommes à se faire chrétiens. En un mois, j’en ai baptisé plus de dix mille. »

Cette mission est faite de fatigues, de veilles. Saint François-Xavier priera notamment sur le tombeau de l’apôtre saint Thomas. Il fonde ensuite les premières communautés chrétiennes au Japon, où il arrive encore à une date mariale, le 15 août 1549, 15 ans jour pour jour après ses Vœux à Montmartre. Son désir de faire connaître Jésus-Christ est si grand qu’il a également le grand désir d’aller en Chine, mais il meurt, le 2 décembre, à l’île Sancian, en vue de la côte chinoise.

Saint François-Xavier est canonisé en 1662. Depuis 1927, par décision de Pie XI, il est, avec sainte Thérèse, le saint patron des missions.

En ce premier samedi du mois, où nous renouvelons notre consécration au Cœur Immaculé de Marie, associons-nous à cette prière de saint François-Xavier, que nous pouvons faire en particulier pour la Chine, qu’il aurait tant désiré voir se tourner vers Jésus : « Ne permettez pas, mon Dieu, que votre Fils soit plus longtemps méconnu et méprisé (…), faites [à beaucoup] la grâce de connaître et d’adorer avec nous votre Fils Jésus-Christ, que vous avez envoyé au monde pour être l’auteur de notre salut, de notre vie et de notre résurrection, par lequel, en effet, nous avons été délivrés et rachetés de la mort éternelle. Qu’il soit glorifié de toutes les créatures, dans le temps et dans l’éternité. »

Et demandons enfin à Saint François-Xavier et à la Vierge Marie, Reine des missions, de nous donner son zèle pour la nouvelle évangélisation, selon ces mots touchants de Paul VI : « Gardons la douce et réconfortante joie d’évangéliser, même lorsque c’est dans les larmes qu’il faut semer […] Que le monde de notre temps qui cherche, tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’espérance, puisse recevoir la Bonne Nouvelle, non d’évangélisateurs tristes et découragés, impatients ou anxieux, mais de ministres de l’Évangile dont la vie rayonne de ferveur, qui ont les premiers reçu en eux la joie du Christ. »[2]

[1] Verbum Domini, nº 48-49

[2] Evangelii Nuntiandi, nº 80

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *