de la Hollande à l’Italie, de la Pologne à la Suisse…

21 décembre 2016 : Saint Pierre Canisius (Fr. Jean)

Si le monde germanique n’a pas complètement abandonné l’Église pendant la crise suscitée par Luther, c’est grâce en parti à un jésuite : Saint Pierre Canisius. Dans une audience que Benoît XVI lui a consacrée nous lisons : « Le devoir de Pierre Canisius, chargé de revitaliser, de renouveler la foi catholique dans les pays germaniques, était presque impossible. Il n’était possible que par la force de la prière. Il n’était possible qu’à partir du centre, c’est-à-dire d’une profonde amitié personnelle avec Jésus Christ; une amitié avec le Christ dans son Corps, l’Eglise, qui doit être nourrie dans l’Eucharistie, Sa Présence réelle. »[1]

Pierre naquit au Pays bas en 1521, soit 4 ans après la révolte de Luther. Il fut très tôt un enfant attiré par Dieu. Tout jeune il jouait à célébrer la messe, il portait aussi le cilice sans que personne ne le lui recommanda. Il lisait la Bible et des vies de saints. A 19 ans il décide de se consacrer à Dieu dans la virginité. 3 ans après il fit les exercices de Saint Ignace avec Saint Pierre Favre et fut conquis par la Compagnie de Jésus qui venait de naître. Il y demanda sont admission. Il est ordonné prêtre en 1546 et Saint Ignace le fit venir à Rome pour sa profession solennelle.

Il est ensuite envoyé en Allemagne où il travailla 30 ans dans une atmosphère où fermentent les doctrines de Luther. Saint Pierre a alors une activité prodigieuse : supérieur religieux, éducateur, théologien, diplomate, conseiller des princes et des prélats, représentant du Saint Siège. Il se retrouve en plus en face d’une situation déplorable : jeunesse licencieuse, clergé qui laisse à désirer, beaucoup d’églises sont sans pasteur ou ont un pasteur hérétique…

En 1556 il est nommé provincial pour l’Allemagne, l’Autriche et la Bohême. Il se montre un prédicateur zélé. Pour le carême il prêche de village en village sans se laisser arrêter par le froid. Il prêche devant les pauvres et les princes ; de la Hollande à l’Italie, de la Pologne à la Suisse. Il intervint dans de nombreuses affaires politico-religieuses en défendant toujours l’Eglise. Son influence fut si grande qu’il dut faire face à beaucoup d’humiliation et parfois des tentatives d’attentat.

Il est également un grand écrivain et on lui doit particulièrement 3 catéchismes sous forme de questions-réponses qui présentent l’essentiel de la foi avec simplicité et clarté. Le premier était destiné aux étudiants en mesure de comprendre des notions élémentaires de théologie ; le deuxième aux jeunes du peuple pour une première instruction religieuse ; le troisième aux jeunes ayant une formation scolaire de niveau secondaire et supérieur. Encore récemment, en Allemagne, le catéchisme était toujours appelé le ‘Canisius’. « Il est réellement le catéchiste à travers les siècles, il a formé la foi de personnes pendant des siècles. » disait encore Benoît XVI.

En plus d’une quantité de livres de piété et de ‘propagande’ religieuse, il publia également un livre sur Saint Jean Baptiste, des œuvres de Saint Cyrille d’Alexandrie, de Saint Léon le Grand, des lettres de Saint Jérôme et des oraisons de Saint Nicolas de Flue.

A la fin de sa vie il fut envoyé à Fribourg en Suisse pour fonder un nouveau collège. Jusqu’à sa mort il régénéra cette ville en payant de sa personne dans les plus humbles besognes. Il y mourut le 21 décembre 1597. Béatifié par le bienheureux Pie IX en 1864, il fut proclamé en 1897 le deuxième Apôtre de l’Allemagne par le Pape Léon XIII, et canonisé et proclamé Docteur de l’Eglise par le Pape Pie XI en 1925.

Saint Pierre Canisius est pour nous aujourd’hui un bel exemple d’évangélisateur. Son union avec le Seigneur était intense et primordiale. C’est cette union au Cœur de Jésus qui lui a permis d’être l’instrument divin pour rappeler la Foi dans un lieu et un moment où les dogmes fondamentaux étaient foulés aux pieds. Il ne se laissa pas impressionner – ni par les puissants, ni par les idéologies de Luther – mais demeura fidèle à l’enseignement des apôtres. Demandons-lui de nous donner du zèle et de la confiance dans ce monde où les hérésies luthériennes trouvent des oreilles bienveillantes même au cœur de l’Eglise catholique. Qu’il intercède pour nous afin que notre foi demeure inébranlable.

[1] Audience du 9 février 2011

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