Je suis la Mère de Miséricorde, la Mère de tous ceux qui vivent unis dans ce pays et de toute l’humanité…

12 décembre 2016 : Notre-Dame de Guadalupe (Fr. Jean-Régis)

Dans sa conférence donnée à Viviers à l’occasion de l’ouverture de l’année de la foi, le cardinal Sarah avait proposé une définition de l’inculturation. Il parlait bien sûr de l’Afrique, mais ses propos valaient pour tous les continents. « L’inculturation est une irruption, une épiphanie du Seigneur dans notre culture qui provoque la déstabilisation, un arrachement en vue d’un cheminement selon une référence nouvelle qui est créatrice d’une culture nouvelle porteuse de bonne nouvelle pour l’homme et sa dignité. Quand Jésus entre dans une vie, il la déstabilise, il la désarçonne, il la transforme, il la transfigure, il la divinise radicalement par la lumière fulgurante de son visage. Plus le péché individuel et collectif abonde dans une communauté humaine et ecclésiale, moins il y a de place pour l’inculturation. Plus une communauté chrétienne resplendit de sainteté et des valeurs évangéliques, plus elle a des chances de réussir l’inculturation du message chrétien. Elle ne se réalise pas essentiellement dans l’utilisation des langues, des instruments de musique et des danses ou des rites et symboles africains dans la liturgie et les sacrements. L’inculturation, c’est Dieu qui descend et entre dans la vie, les comportements moraux, les coutumes et les cultures des hommes pour les libérer du péché, les diviniser, les introduire dans sa vie et sa sainteté. »

La Vierge Marie, l’Immaculée, la toute pure, est celle qui a vécu à la perfection l’inculturation du message évangélique. C’est pourquoi Notre-Dame de Guadalupe peut être vue comme l’instrument providentiel envoyé par Dieu pour permettre au continent des Amériques de vivre une véritable inculturation du message chrétien. En effet, chez les Aztèques, au Mexique, avant l’arrivée des Espagnols, on pratiquait les sacrifices humains à grande échelle. On a estimé qu’ils offraient à leurs dieux entre 50 à 60 000 victimes par an, parfois plus.

Le 22 avril 1519, Cortez posa le pied sur le sol mexicain, accompagné de deux prêtres et de 550 hommes. En trois mois, il réussit à conquérir la ville de Mexico. Malgré les protestations des sorciers, il entreprit d’abattre les idoles. Dans les temples, il les remplaçait par des crucifix et des images de Notre-Dame. Il fit cesser les sacrifices humains. Malgré cela, les conversions ne se faisaient pas au rythme qu’il avait espéré. Cortez, manquant de missionnaires, écrivit à Charles-Quint pour lui demander d’en envoyer. L’empereur accéda à sa demande et, en 1524, des franciscains arrivèrent qui s’adonnèrent aussitôt à l’évangélisation. Tout aurait été parfait sans l’avidité des conquérants, qui instituèrent l’esclavage. L’évêque protesta, mais en vain. Des prêtres, qui avaient tenté de s’opposer à l’esclavage, furent torturés à mort. Devant toutes les difficultés auxquelles il était confronté, l’évêque implora l’intervention de Notre-Dame, lui demandant même de lui envoyer des roses pour signifier que sa prière serait exaucée.

C’est le 12 décembre 1531 que ce signe souhaité lui sera donné. En effet, la Vierge Marie se manifesta une première fois, le 9 décembre, à Juan Diego, converti et baptisé quelques années auparavant : « Je suis la parfaite et toujours Vierge Marie, mère du vrai Dieu, de qui provient toute vie, le Seigneur de toutes choses, maître du Ciel et de la terre. Je désire ardemment qu’une église soit construite ici pour moi. J’y offrirai tout mon amour, ma compassion, mon soutien et ma protection à tout mon peuple. Je suis la Mère de Miséricorde, la Mère de tous ceux qui vivent unis dans ce pays et de toute l’humanité, de tous ceux qui m’aiment, de tous ceux qui m’implorent et de tous ceux qui ont confiance en moi. Ici j’entendrai leurs pleurs et leurs douleurs et je soulagerai leurs souffrances, leurs besoins et leurs malheurs. Afin que puisse se réaliser ma mission, rends-toi chez l’évêque de Mexico et dis lui que je t’ai envoyé et que c’est mon désir qu’une église soit érigée ici… »

L’évêque ayant demandé à Juan Diego un signe, le 12 décembre suivant, Notre-Dame de Guadalupe donne à Juan Diego, en plein hiver, des roses de Castille à apporter à l’évêque. Celui-ci découvre alors, imprimée sur la Tilma de Juan Diego comme sur un miroir, l’image de Notre-Dame. Son visage est un mélange des races indienne et espagnole. Toutes les proportions du corps humain y sont conservées à la perfection. Debout devant le soleil, elle est plus importante que le dieu principal des Aztèques, Huitzilopochtli. Sa tête inclinée et ses mains jointes en signe d’adoration signifient qu’elle n’est pas Dieu mais intercède auprès de lui. Cette image miraculeuse recèle de très nombreux symboles et significations. Grâce à l’image sainte de la Vierge, les pèlerins affluent rapidement à Tepeyac où est construit le sanctuaire dans lequel est vénéré la Tilma. De 1531 à 1541, 9 millions d’Indiens se convertissent à la foi catholique ! Cela revient à 3000 conversions par jour, soit autant que le jour de la première Pentecôte !

neuvaine_ndn_2016Notre-Dame de Guadalupe est à juste titre invoquée aujourd’hui comme l’étoile de la nouvelle évangélisation. En ce 4ème jour de notre neuvaine où nous approfondissons le vocable « Notre-Dame des Neiges, première de cordée », demandons la grâce d’être d’ardents apôtres de la nouvelle évangélisation sans oublier que la mission maternelle de la Vierge Marie précède, accompagne et guide la mission des Apôtres. Redisons à la Vierge Marie notre confiance dans le triomphe de son cœur Immaculé et notre désir d’en être ses petits instruments. Nous savons qu’il viendra d’une manière magnifique, même s’il faut d’abord passer par de grandes tribulations. Dans les ténèbres de notre monde, que brille l’étoile de la nouvelle évangélisation : qu’elle nous entraine à rayonner la joie et l’amour de Dieu autour de nous et qu’advienne enfin la civilisation de la Vérité, de la Vie et de l’Amour !

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