La Résurrection éclaire tout l’enseignement de St Jean

27 décembre 2016 : Saint Jean l’Apôtre bien-aimé. Retraite 2016. (P. Bernard)

Saint Jean, que nous fêtons avec joie en ce premier jour de retraite, est le disciple bien-aimé de Jésus. Il est fils de Zébédée et frère de Jacques le Majeur. La Tradition dit qu’il est le plus jeune des apôtres et qu’il n’était pas marié lorsque Jésus l’a appelé. Grâce à son cœur d’enfant, il a mieux compris que les autres apôtres les paroles de Jésus. Il mérite d’être appelé le premier apôtre du Sacré Cœur. C’est à son apôtre bien-aimé que Jésus a remis sa Mère avant de mourir sur la Croix : «Voici Ta Mère». L’apôtre bien-aimé lui a fait édifier une maison dans la région d’Ephèse. Alors que les trois évangiles synoptiques, Matthieu, Marc et Luc ont été écrits avant la mort de Saint Pierre et de Saint Paul (avant 64), l’évangile selon Saint Jean a été écrit à la fin du premier siècle. Le plan de cet évangile n’est pas du tout le même que celui des évangiles synoptiques. Il commence en parlant du Verbe éternel du Père qui s’est fait chair. Saint Jean révèle ainsi que Jésus, que nous contemplons dans la Crèche en ce temps de Noël, n’est pas un enfant comme les autres enfants. Il est bien vrai homme, mais Il est aussi vrai Dieu. Il n’est pas un homme qui est devenu Dieu, mais Dieu qui a assumé notre nature humaine dans le sein de la Vierge Marie. Comment Saint Jean a-t-il compris ce mystère ? Non, en puisant dans les philosophies grecques ou dans les récits mythologiques des religions païennes, mais dans sa prière et sa réflexion, éclairées par le Saint-Esprit, après la mort et la Résurrection de Jésus. Les lectures de sa fête nous font découvrir, d’une certaine manière, les sources de son enseignement: l’évènement historique de la Résurrection de Jésus. L’évangile est le récit de la découverte du tombeau vide au matin de Pâques. Avec Saint Pierre, Jean, le disciple bien-aimé, s’est rapidement rendu au tombeau après que Marie-Madeleine leur ait dit que le corps de Jésus n’était plus au tombeau. Jean, plus jeune que Pierre, court plus vite et arrive le premier au tombeau, mais il respecte l’autorité du Chef des apôtres. Il laisse Pierre entrer le premier dans le tombeau. Jean voit le linceul vide : il croit aussitôt ! Que croit-il ? Tout simplement que Jésus est ressuscité comme Il l’avait prédit. Il n’a pas besoin, comme les autres apôtres, de voir Jésus ressuscité pour croire. Saint Jean a beaucoup réfléchi au mystère de la Résurrection qui révèle que Jésus est Dieu. Il en a été émerveillé. Dans sa première lettre, adressée à ses disciples mais aussi à tous les baptisés de tous les temps, il écrit avec conviction, enthousiasme et flamme : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de vie … nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous… nous vous l’écrivons pour que notre joie soit complète ». Ce témoignage révèle que l’auteur de la première lettre de Saint Jean est bien le même apôtre qui a écrit l’Evangile. Aucun autre disciple de Jésus ne pouvait écrire une telle lettre. Seul le témoin unique qu’est Saint Jean pouvait l’écrire ! L’évangile n’est pas un mythe, un récit imagé. Il est historique. Saint Jean en est le témoin oculaire et l’interprète autorisé de par le Saint Esprit. Jésus a commencé d’exister en tant qu’homme au moment de sa conception dans le sein de la Vierge Marie, mais Il n’a pas commencé d’exister en tant que Verbe de vie. De toute éternité, Il est le Verbe de vie, la Vie éternelle, qui partage la vie du Père !

Que savons-nous de plus de cet apôtre au cœur d’enfant ? Il avait un cœur très pur, mais ce n’était pas un mou ! Avec son frère Jacques, il avait demandé à Jésus de faire descendre le Feu du Ciel sur les samaritains qui ne L’avait pas accueilli ! Avec ce même frère, Jean fait une demande pleine d’ambition : siéger aux deux premières places aux côtés de Jésus (Mc10, 37). Jésus lui dira alors qu’il ne sait pas ce qu’il demande. Jean, dans son humilité, tiendra compte des remarques de Jésus et, peu à peu, son cœur changera. Saint Jean a eu une relation unique avec la Vierge Marie. Jésus la lui a confiée pour qu’elle soit sa Mère. Remercions-le d’avoir si bien pris soin de la Mère de Jésus comme un enfant très affectueux. Il lui a fait construire une maison à Ephèse. Jean a beaucoup reçu de la Vierge Marie. Que la Vierge Marie nous aide aussi, au cours de cette Retraite à grandir dans la Foi, à goûter la joie de croire et à être témoin de l’Amour de Dieu. Jean est devenu vieux, parce que Dieu le voulait ainsi. Il aurait dû mourir martyr à Rome où il avait été plongé dans une cuve d’huile bouillante, mais il avait encore une importante mission à accomplir : celle de recevoir les visions de l’Apocalypse sur l’Ile de Patmos et, ensuite, celle d’écrire le merveilleux quatrième évangile. Saint Jean peut être appelé l’apôtre de l’Amour. C’est lui qui a rapporté les derniers enseignements de Jésus et, particulièrement le discours après la Cène et le nouveau commandement de l’Amour : comme Je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. Saint Jean, apprends-nous à aimer comme Jésus. Apprends-nous à nous laisser guider et conduire par la Vierge Marie. Apprends-nous à ne pas rechercher les premières places mais à être un disciple humble de Jésus.

Laissez un commentaire