L’Amour : source de l’Incarnation et du martyre

26 décembre 2016 : martyre de Saint Étienne (Fr. Paul)

Au lendemain de cette belle fête de Noël, enveloppés de la joie et de la paix qui rayonnent de l’Enfant Dieu, l’Église nous invite en ce jour à célébrer le martyre de saint Étienne. Hier c’était la naissance sur cette terre du Fils de Dieu, aujourd’hui c’est la « naissance au ciel » du premier de ses martyrs. Ces deux événements qui semblent s’opposer : la vie face à la mort, la paix face à la violence sont en réalité profondément unis par un lien profond : l’Amour divin. En effet, comme le disait Benoît XVI, « l’Amour qui  poussa le Fils de Dieu à se dépouiller lui-même et à devenir obéissant jusqu’à la mort sur une croix (cf. Ph 2, 6-8), a ensuite poussé les Apôtres et les martyrs à donner leur vie pour l’Évangile[1] ».

Le livre des Actes des Apôtres nous raconte qu’Étienne, dont le nom signifie  « couronne » fut l’un des sept chrétiens d’origine grecque qui furent choisis à la demande de saint Pierre pour être consacrés au service des tables et à l’annonce de la Parole. Étienne, nous dit saint Luc, était « rempli de foi et d’Esprit Saint » (Ac 6, 5), « rempli de la grâce et de la puissance de Dieu, faisait des prodiges et de grands miracles parmi le peuple » (Ac 6,8). Toute son existence est un parfait miroir de celle de son Seigneur. Porté par jalousie devant le Sanhédrin, il y est faussement accusé pour blasphème. Sa réponse est une parfaite illustration de l’avertissement de Jésus à ses disciples : « Mettez-vous dans la tête que vous n’avez pas à vous soucier de préparer votre défense. Moi-même, je vous inspirerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront opposer ni résistance ni contradiction » (Lc 21,14-15). Son expérience mystique à la fin de son discours de défense est aussi un rappel du procès de Jésus : « Voici que je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu » (Ac 7,56). Enfin, les dispositions de son cœur au moment de mourir rappellent celles de Jésus : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit […] Seigneur, ne leur compte pas ce péché » (Ac 7,59-60). Étant donné ses grandes qualités de prédicateur, Étienne aurait certainement pu avoir une longue mission sur cette terre. Humainement parlant, on aurait pu s’attendre à ce qu’il vive longtemps pour préparer bien des cœurs à reconnaître en Jésus le Messie. Mais Dieu, dans sa mystérieuse providence en a jugé autrement. Tertullien, Père de l’Église dira plus tard : « le sang des martyrs est semence de chrétiens ». Les bourreaux d’Étienne avaient déposé leurs vêtements auprès d’un jeune nommé Saul. Ce jeune homme, que certaines traditions disent être le cousin d’Étienne, sera plus tard illuminé par la lumière du Christ sur le chemin de Damas. Saint Étienne par le sacrifice de sa vie a certes renoncé à sa prédication terrestre mais il a obtenu la conversion de l’Apôtre des nations, le grand prédicateur de l’Évangile. Dieu est le maître du temps et de l’histoire.

En cette messe prions pour tous les diacres afin qu’ils soient à la suite de saint Étienne remplis de foi et d’Esprit Saint. Prions aussi pour tous ceux que Jésus appelle aujourd’hui à lui rendre témoignage jusqu’au martyr. Que notre prière leur obtienne la force de la persévérance et du courage.

Enfin en tournant nos regards vers la crèche, citons encore Benoît XVI qui disait : «Celui qui pleure dans la mangeoire est le Fils de Dieu fait homme, qui nous demande de témoigner avec courage de son Évangile, comme l’a fait saint Étienne qui, empli de l’Esprit Saint, n’a pas hésité à donner sa vie par amour de son Seigneur. Il meurt comme son maître, en pardonnant ses persécuteurs et nous fait comprendre que l’entrée du Fils de Dieu dans le monde donne naissance à une nouvelle civilisation, la civilisation de l’amour, qui ne se rend pas face au mal et à la violence et abat les barrières entre les hommes, les rendant frères dans la grande famille des enfants de Dieu[2].

[1]              Benoît XVI, Angélus du 26 décembre 2007.

[2]              Benoît XVI, Angélus du 26 janvier 2009.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *