Mystère de l’innocence victorieuse du mal

28 décembre 2016 : Saints Innocents (Fr. Joseph)

La fête des Saints innocents nous met en face de l’effroyable mystère de l’iniquité et du mal ; mais elle nous apporte la lumière supérieure du mystère de l’innocence victorieuse du mal.

Le mystère de l’iniquité

Considérons d’abord la présence du mal qui est une réalité terrifiante. Qui est cet Hérode qui fait massacrer des centaines de petits enfants de moins de deux ans ? Il est un homme sans scrupule et que rien ne peut arrêter dans ses calculs. Déjà, en 7 av. J-C, il avait fait exécuter deux de ses fils parce qu’il sentait son pouvoir menacé par eux. Trois ans plus tard, il n’hésite pas à éliminer un troisième fils, toujours pour le même motif. Bientôt, il ne recule pas non plus devant le massacre de petits enfants. Le mal est fort, il a une grande emprise. Songeons aussi aux soldats qui sont chargés d’exécuter un tel dessein : même s’ils exécutent un ordre, ils ne sont pas sans grave responsabilité : eux aussi sont gravement souillés par ce qu’ils font. Le mal entraîne le mal. Alors nous sommes confrontés à une grave question : où s’arrête la puissance du mal ?

Cette question nous la vivons aujourd’hui, particulièrement en France, où le mal de l’avortement est de plus en plus érigé en système : ces dernières années le critère de détresse a été supprimé, le délai de réflexion avant de passer à l’acte est lui aussi supprimé. L’avortement est remboursé à 100% et ceux qui donnent une information sur la façon de garder son enfant sont coupables du délit d’entrave à l’avortement.

D’où la terrible question : Où donc s’arrête la puissance du mal ?

La profondeur de la souffrance

Regardons maintenant la souffrance, car avec l’insolence du mal, nous rencontrons aussi la profondeur de la souffrance, une souffrance telle que l’on peut arriver à refuser d’être consolé. Nous l’avons entendu dans l’Evangile : le pleur des mamans dont les enfants ont été massacrés est comme les pleurs de Rachel qui pleure ses enfants et qui refuse d’être consolée, car ils ne sont plus. Souffrance intolérable. Combien de souffrance aujourd’hui suite à l’avortement ! Combien de souffrances qui demeurent cachées et que l’on ne peut consoler, car l’idéologie va jusqu’à interdire que l’on parle de la souffrance de nombreuses femmes qui ont cédé à l’avortement.

L’innocence victorieuse

Mais ne nous arrêtons pas au mystère du mal. Regardons le mystère de l’innocence victorieuse. Parler d’innocence victorieuse peut sembler étrange, car en quoi ces petits enfants sont-ils victorieux, eux qui ont été anéantis et qui ne peuvent plus faire entendre leur voix ?

Pourtant l’innocence est victorieuse, elle l’est en Jésus, car Jésus est innocent, et les saints innocents sont victorieux en Lui. Ecoutons St Jean nous parler de la victoire de Jésus innocent : « Jésus Christ le Juste, est la victime offerte pour nos péchés et non seulement pour le nôtres, mais pour ceux du monde entier ».

Mais notre mentalité moderne peut éprouver quelques difficultés face à cela. Comment dire que Jésus est victime pour nos péchés ? Dieu n’est-il pas Amour ? Dieu le Père a-t-il donc voulu que son Fils soit offert en victime innocente ? Cela peut même sembler cruel ! Que répondre ?

Alors regardons notre Dieu qui se révèle en Jésus son Fils Bien Aimé qui s’est fait petit enfant dans la crèche. Le Fils unique du Père s’est fait si petit, si vulnérable. Voilà que le Tout Puissant doit fuir devant la colère d’Hérode. La faiblesse et la vulnérabilité du petit enfant de la crèche nous révèlent Dieu, car Jésus est l’image parfaite de son Père et il l’est aussi dans la crèche. Jésus enfant nous révèle que Dieu est réellement blessé par le péché, qu’il en est offensé et qu’il en souffre. Devant la crèche, nous comprenons que Dieu n’est pas indifférent au mal, au péché, il en est terriblement offensé.

Plus encore la vulnérabilité du Fils de Dieu dans la crèche fait pressentir la vulnérabilité du Fils de Dieu sur la Croix. Sur la Croix, Dieu montrera toute la mesure qu’il reconnaît au péché. Le péché est terrible, effroyable et Dieu l’a pris au sérieux. Dieu n’a pas fermé les yeux sur le mal, mais il a vaincu la force du mal. Il l’a fait non pas comme un souverain qui renverserait le mal du souffle de sa bouche, mais il a vaincu le mal en le prenant sur lui, en en souffrant. Il a vaincu le mal précisément en se faisant victime innocente du mal. Méditons ce mystère ineffable de la victoire de Dieu sur le mal et sur le péché. Méditons sur la souffrance réparatrice de Dieu lui-même.

Que ce mystère de l’innocence victime et victorieuse du mal nous donne grande espérance. Le mal ne l’emportera pas, il peut se déchainer avec arrogance, mais Dieu triomphe dans ses amis fidèles. Mère Marie Augusta en avait la conviction profonde : Les démons sont déchainés à travers ce monde perverti. Les cœurs sont pleins de désirs de vengeance, de crimes horribles. Et cependant au milieu d’eux s’élève droit fort, impératif : l’Amour. C’est Jésus dans se amis fidèles. Humblement, tournons-nous vers Jésus, et choisissons de répondre Oui à son amour qui est plus fort que le mal.

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