Ne suis-je pas la source de ta joie ?

9 décembre 2016 : Saint Juan Diego (Fr. Clément-Marie)

« Dieu résiste aux orgueilleux, mais aux humbles il donne sa grâce » (Jc 4, 6). Voilà qui résume bien la vie de notre saint d’aujourd’hui.

Juan Diego naît vers l’an 1474 à Cuauhtitlan, au Mexique. Sa vie se déroule comme celle de tous les indiens d’Amérique d’alors, jusqu’au jour où, vers l’an 1524, à l’âge de 48 ans, il se convertit et il est baptisé par les premiers Franciscains arrivés dans le pays. Il reçoit le nom de Juan Diego. À partir de ce moment, il vit saintement, participant régulièrement à l’enseignement des missionnaires et aux offices liturgiques.

En 1531, Juan Diego, veuf depuis deux ans, a 57 ans. Or le samedi 9 décembre de cette année, en longeant la colline de Tepeyac pour se rendre à la messe, il y entend un chant merveilleux et une voix douce qui l’appelle par son nom du haut de la colline. Arrivé en haut de cette colline, il rencontre une belle Dame qui se tient debout, et qui est enveloppée d’un manteau resplendissant comme le soleil. Elle se présente comme la mère de l’unique Dieu de tous les temps et de tous les peuples, dont la volonté est que soit édifiée une église en ce lieu. Jean  Diego doit rencontrer l’Évêque, ce qu’il fait. Celui-ci lui demande un signe comme preuve. Le voyant est découragé d’autant plus qu’en rentrant chez lui, il trouve son oncle malade, lequel, sentant sa fin imminente, lui demande d’aller à Mexico chercher un prêtre pour lui administrer l’extrême onction.

Le 12 décembre, de bon matin, Jean Diego se met en route vers le couvent des franciscains, mais pour aller plus vite, il cherche à éviter la Dame et contourne la colline par un autre côté. Celle-ci vient à sa rencontre. Confus, il lui avoue son trouble. Elle lui répond « N’es-tu pas sous mon ombre et ma protection ? Ne suis-je pas la source de ta joie ? N’es-tu pas sous les plis de mon manteau, entouré de mes bras ? As-tu besoin d’autre chose ? » Et la Vierge Marie le rassure : « Qu’aucune autre chose ne t’afflige, ne te trouble ; que la maladie de ton oncle ne t’opprime pas de douleur, car il ne mourra pas. Sois certain qu’il va déjà mieux. » Et pour qu’il puisse présenter à l’Évêque une preuve de son message, elle lui ordonne de monter au sommet de la colline où ils s’étaient rencontrés la première fois et elle lui dit : « Là, tu verras qu’il y a des fleurs ; cueille-les, fais-en un bouquet puis descends et tu les porteras ici, devant moi. » Jean Diego obéit et gravit la colline. Il sait bien qu’il ne peut y avoir aucune fleur en cet endroit caillouteux et aride. De plus on est en plein hiver, il fait très froid et la terre est gelée. Arrivé au sommet, il est saisi d’émerveillement, car devant lui il y a un beau jardin plein de multiples fleurs fraîches, couvertes de rosée, qui diffusent un parfum très doux. Parmi ces fleurs se trouvent notamment des roses castillanes, très délicate attention de la Vierge à l’égard de l’Évêque, originaire de cette région. Jean Diego commence alors à couper toutes les fleurs que peut contenir sa tilma (sorte de poncho) et la Sainte Vierge l’envoie trouver l’Évêque. Au terme d’une longue attente il se retrouve à nouveau devant lui. Il ouvre son manteau d’où tombent les fleurs. Et sur le manteau est peinte l’image de la Sainte Vierge Marie telle qu’on la voit encore aujourd’hui. L’évêque en est bouleversé. Il pleure et demande pardon de ne pas avoir cru en la volonté du ciel.

Dès lors Juan Diego va vivre dans une grande humilité auprès du petit sanctuaire, dont il fera le ménage. Et il répètera inlassablement aux pèlerins le récit des apparitions. Le martyrologe romain mentionne sa « foi très pure », ainsi que « son humilité et sa ferveur ». Il meurt 17 ans après les apparitions, en 1548, âgé de 74 ans.

On reparlera de l’apparition de Notre Dame à Guadalupe, puisque nous la fêterons dans trois jours, le 12 décembre. Soulignons que  Juan Diego est le premier Indien, le premier autochtone canonisé en Amérique. Sa canonisation le 31 juillet 2002 par Jean-Paul II a attiré entre 10 à 12 millions de Mexicains ! Jean-Paul II dira au cours de l’homélie : « Heureux Juan Diego, homme fidèle et authentique ! Nous te confions nos frères et sœurs laïcs, afin que, se sentant appelés à la sainteté, ils diffusent l’esprit évangélique dans tous les domaines de la vie sociale. Bénis les familles, soutiens les époux dans leur mariage, encourage les efforts des parents en vue d’éduquer leurs enfants de façon chrétienne. »

En nous préparant à la fête de Notre Dame des Neiges, continuons à prier et travailler humblement à l’école de Juan Diego pour le triomphe du cœur Immaculé de Marie. Et que la Vierge Marie, comme elle le lui a rappelé, soit vraiment « la source de notre joie » !

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