S’il vous faut ma personne, la voici !

7 décembre 2016 : Saint Ambroise (Fr. Xavier)

Ambroise naquit (vers 340) à Trèves où son père était préfet du prétoire pour les Gaules. A la mort de son père, sa mère qui était une pieuse chrétienne, vint habiter Rome. Ambroise devint un brillant avocat. Ceci lui valu d’être nommé gouverneur de la Région de Milan. Arrivant à Milan, il se trouve confronté à une succession épiscopale difficile. On n’arrivait pas à se mettre d’accord pour désigner un nouvel évêque. Survenant, comme un pacificateur, Ambroise quoique simple catéchumène, sur le cri d’un enfant, fut acclamé évêque ; malgré ses résistances, il ne put se dérober. Les évêques d’Italie et l’Empereur donnèrent leur approbation au choix du peuple de Milan. Ambroise fut baptisé et, huit jours plus tard, fut consacré évêque (7 décembre 374).

Son éloquence captivait la foule. Saint Augustin doit, en partie à saint Ambroise, sa conversion, car il épiait ses sermons en cachette, écoutait sa pensée, admirait la parole de ce grand orateur.

St Ambroise est d’abord un défenseur de la doctrine orthodoxe (dans le sens de « droite », « vraie »). Il lutte avec ardeur contre l’arianisme et fit condamner des ariens. La mère de Valentinien II, l’arienne Justine, rencontra dans l’évêque de Milan un adversaire inflexible ; Ambroise refusa à l’Impératrice deux basiliques qu’elle exigeait pour les ariens ; il répondit aux envoyés de l’Empereur : « Si l’Empereur me demandait ce qui est à moi, mes terres, mon argent, je ne lui opposerais aucun refus, encore que tous mes biens soient aux pauvres. Mais les choses divines ne sont point sous la dépendance de l’Empereur. S’il vous faut mon patrimoine, prenez-le. S’il vous faut ma personne, la voici. Voulez-vous me jeter dans les fers, me conduire à la mort ? J’accepte tout avec joie… » Enfermé dans l’église, il exhorta le peuple à résister et, ayant mis les soldats de son côté, la cour dut se retirer. Ambroise subit enfin des tentatives d’assassinat.

Ses relations avec les empereurs successifs (qui favorisent tantôt les catholiques, tantôt les hérétiques ariens) sont mouvementées. Il n’hésita pas à défendre farouchement la liberté de l’Eglise «L’Empereur est dans l’Eglise, il n’est pas au-dessus de l’Eglise. Un bon empereur recherche l’assistance de l’Eglise, il ne la refuse pas. Je le dis avec humilité mais je le publie aussi avec fermeté.» Il sut rappeler à l’ordre l’empereur même si ce dernier était son ami. Ainsi en 390, l’empereur Théodose fait massacrer toute une partie de la population de Thessalonique pour arrêter des émeutes. Pour cette raison, saint Ambroise lui refusera l’accès de son église à Milan, exigeant qu’il se soumette d’abord à la pénitence publique de l’Église. L’empereur, subjugué, obéit et, après des mois de pénitence, Théodose ne communie plus dans le sanctuaire avec les prêtres (selon le privilège impérial), mais au milieu des laïcs.

 St Ambroise eut une influence considérable. Il fut un catéchète remarquable. Il fut « l’inventeur » du chant populaire liturgique pour aider à la prière et à la mémorisation des vérités de foi ; il nous laissa de nombreuses hymnes.

Après une vie bien remplie, saint Ambroise de Milan mourut la nuit du Vendredi Saint 397 les bras en croix, « exprimant dans cette attitude sa participation mystique à la mort et à la résurrection du Seigneur. Ce fut là son ultime catéchèse« . Sans paroles et dans le silence des gestes il continua de témoigner.

Portrait de saint Ambroise de Milan (Benoît XVI)[1]

Celui qui est considéré comme un des plus grands Pères de l’Église (339-397) fut initié aux études bibliques par Origène. « Il a transposé dans le contexte culturel latin – a expliqué le Pape – la méditation de l’Ecriture, inaugurant en Occident la Lectio Divina, qui inspira sa prédication et son œuvre, toute orientée sur l’écoute » de la Parole divine.

Il enseigna tout d’abord aux catéchumènes « l’art de vivre bien afin d’être bien préparés aux grands mystères christiques ». Sa prédication partant « de la lecture des Livres sacrés pour vivre en conformité à la Révélation ».

« Il est évident – a précisé le Saint-Père – que le témoignage personnel du prédicateur et son exemple pour la communauté conditionnent l’efficacité de sa démarche. C’est pourquoi le mode de vie et la réalité de la Parole vécue sont déterminants ».

Puis Benoît XVI a rappelé le témoignage de saint Augustin dont la conversion fut le fruit des « belles homélies » d’Ambroise entendues à Milan, mais aussi « du témoignage qu’il donnait et de celui de l’Église milanaise qui ne faisaient qu’un en priant et chantant d’une seule voix ». L’Évêque d’Hippone raconte également sa surprise de voir Ambroise lire mentalement en privé les Écritures, « alors qu’à l’époque leur lecture devait être faite à voix haute afin d’en faciliter la compréhension ». Dans ce mode de lecture, a souligné le Pape, « où le cœur s’efforce de comprendre la Parole de Dieu, on entrevoit la méthode catéchistique de saint Ambroise. Complètement assimilée, l’Écriture suggère les contenus à diffuser en vue de la conservation des cœurs…

 

[1] VIS 071024 (390) le 24 octobre 2007, Benoît XVI durant l’audience générale.

Autre source : Site Nominis

 

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