Il faut tout faire par amour, et rien par force.

24 janvier 2017 : Saint François de Sales [1] (Fr. Jean)

Saint François de Sales est né en 1567 à Thorens près d’Annecy. Il est d’une famille de petite noblesse. Très jeune il désire être prêtre mais son père s’y oppose pendant toutes ses études. Il fait alors des études d’Humanités puis de Philosophie à Paris de 1578 à 1588.

A 19 ans la question de la damnation éternelle le préoccupe « serai-je du nombre des élus ou serai-je damné ? » Il vit aussi une inquiétude intellectuelle qui devient angoisse du cœur et épreuve de santé … Il en vient aux portes de la mort jusqu’au jour où il découvre la prière du ‘Souvenez-vous’ de Saint Bernard qui lui permet de retrouver la paix.

En 1588 il part faire des études de droit à Padoue. Son père le destine au Sénat de Savoie. En 1592 il rejoint la Savoie. Il persévère dans son désir de devenir prêtre. Son père cède à contrecœur quand on propose à François une place honorable : celle de Prévôt de l’évêque d’Annecy. Il est alors ordonné prêtre en décembre 1593. Dans son homélie d’installation comme prévôt il livre son programme : conquérir les âmes par l’amour et non par les armes. Comment ? Par notre propre exemple avec la prière, le jeûne et le témoignage. Autrement dit : « Vivre en enfants de Dieu, non seulement de nom, mais d’effet. ». Intérieurement il mène une vie de prière et de pénitence intense. Extérieurement il prêche, confesse, réconcilie, catéchise. Il a une préférence pour les pauvres, les enfants, les prisonniers.

Dès 1594 il est envoyé comme missionnaire au Chablais. En effet, le duc de Savoie veut ramener cette région calviniste à la foi catholique. Saint François accepte d’y aller, et part seul. Son témoignage d’amour et de rectitude intellectuelle séduit progressivement.

En 1599, il est nommé évêque et coadjuteur de Mgr de Granier, Prince-évêque de Genève en exil à Annecy depuis la Réforme. 3 ans plus tard, le 29 septembre 1602, Mgr de Granier meurt. François de Sales lui succède tout en étant lui aussi obligé de rester à Annecy à cause des calvinistes. Comme évêque, il prend pour modèle Charles Borromée. Il aura le souci de visiter toutes les paroisses de son diocèse et de continuer d’être aussi présent qu’avant dans son ministère sacerdotal. Benoît XVI dit de lui : « C’est un apôtre, un prédicateur, un homme d’action et de prière ; engagé dans la réalisation des idéaux du Concile de Trente ; participant à la controverse et au dialogue avec les protestants, faisant toujours plus l’expérience, au-delà de la confrontation théologique nécessaire, de l’importance de la relation personnelle et de la charité. »[2]

Il aura une intense activité et une correspondance importante de direction spirituelle. Son premier livre ‘Introduction à la Vie dévote’ est écrit dans cette perspective. Dans cet ouvrage il s’adresse à chaque baptisé. Il y rappelle que tout laïc peut se sanctifier en faisant joyeusement son devoir d’état, en lequel s’exprime la volonté de Dieu.

En 1610, il fonde la Visitation Sainte Marie avec Sainte Jeanne de Chantal. Une fondation originale destinée à accueillir aussi les femmes de santé fragile et les veuves désirant vivre la vie religieuse. Elles commenceront par aller visiter les pauvres et les malades d’Annecy. Cependant quelques années plus tard, l’archevêque de Lyon exigera que les sœurs soient cloîtrées comme toutes les religieuses de l’époque. Saint François fait alors de la Visitation un foyer privilégié de la dévotion. Saint Vincent de Paul, qui l’a rencontré, dira de lui qu’il apparaît comme « l’homme qui a reproduit le mieux le Fils du Dieu vivant  » ! Il introduit aussi en France le Carmel réformé, initié par Sainte Thérèse d’Avila. Il écrit un deuxième ouvrage : ‘Le Traité de l’Amour de Dieu’, qui contient l’essentiel de sa pensée spirituelle et mystique.

En 1622, il doit accompagner le duc de Savoie en Avignon, mais sa santé, déjà fragile, fléchit gravement. Il meurt sur le chemin du retour à la Visitation de Lyon le 28 décembre 1622.

 

Saint François de Sales a été déclaré docteur de l’Amour. Lui de tempérament si violent est devenu d’une douceur angélique. Dans le vœu d’obéissance, il voyait l’amour : « voici la règle générale de notre obéissance écrite en grosses lettres : il faut tout faire par amour, et rien par force ; il faut plus aimer l’obéissance que craindre la désobéissance ». Demandons-lui de nous aider dans ces deux vertus de la douceur et de l’obéissance en comprenant que c’est l’amour qui les anime.

 

[1]Cf . http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/francoisdesales/

[2] Audience du 2 mars 2011

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