Je me suis fait moine parce que Dieu m’a révélé la beauté et la grandeur de l’obéissance

Lundi 30 janvier 2017 : Bienheureux Dom Marmion (Fr. Jean-Régis)

Joseph Marmion naît en 1858 à Dublin (Irlande), d’un père irlandais et d’une mère française. Trois de ses sœurs deviendront religieuses. Lui-même entre au séminaire à 16 ans. Il finit ses études à Rome au Collège de la Propagande de la Foi et il est ordonné le 16 juin 1881. Sur le chemin du retour, il passe par la Belgique et visite l’Abbaye bénédictine de Maredsous ; en franchissant le seuil du cloître, il entend une voix intérieure lui dire : « C’est ici que je te veux ». Cinq ans se passeront avant qu’il puisse répondre à cet appel. Rentré en Irlande, l’abbé Marmion est nommé vicaire dans une paroisse au sud de Dublin ; l’année suivante, on le charge des cours de philosophie au séminaire de Holy Cross, où naguère il a été élève. Pendant quatre ans, il mûrit sa décision et, en 1886, muni de l’approbation de son Archevêque, il part pour le cloître. « Avant d’être moine, expliquera plus tard Dom Marmion, je ne pouvais, aux yeux du monde, faire plus de bien que je n’en faisais là où je me trouvais. Mais j’ai réfléchi, j’ai prié et j’ai compris que je ne serais sûr d’accomplir toujours la volonté de Dieu qu’en pratiquant l’obéissance religieuse. J’avais tout ce qu’il me fallait pour ma sanctification, à l’exception d’un seul bien : celui de l’obéissance. C’est la raison pour laquelle j’ai quitté ma patrie, renoncé à ma liberté et à tout… J’étais professeur, j’avais, très jeune encore, ce qu’on appelle une belle situation, du succès, des amis qui m’étaient fort attachés ; mais je n’avais pas l’occasion d’obéir. Je me suis fait moine parce que Dieu m’a révélé la beauté et la grandeur de l’obéissance ». Noviciat laborieux pour ce prêtre de 30 ans qui doit changer de coutumes et de langue. Après sa profession solennelle en 1891, dom Marmion seconde le Maître des novices et prêche avec succès dans les paroisses alentour. Il participe à la fondation de l’Abbaye du Mont-César à Louvain et en devient le prieur en 1900. Il prêche des retraites en Belgique et au Royaume-Uni. En 1909, Dom Marmion est élu 3ème Abbé de Maredsous. Il adopte pour devise : « Plutôt servir que dominer ». Sous son abbatiat, le monastère connaît un grand rayonnement spirituel et intellectuel. Les vocations affluent. La communauté compte une centaine de moines, avec deux écoles et des publications, en particulier la Revue bénédictine. Il aide les moines anglais de Caldey qui veulent passer au catholicisme. Lorsqu’éclate la guerre de 1914, il envoie ses jeunes moines en Irlande et lui-même souffre beaucoup dans sa santé déjà éprouvée. Mais il continue son activité de prédicateur et de directeur spirituel. Son zèle pour les âmes trouve sa source dans une intense dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Aussi estime-t-il au plus haut point le Saint-Sacrifice de la Messe, renouvellement du sacrifice du Calvaire et témoignage de l’amour du Christ pour nous : « Pendant la Messe conventuelle que nous chantons tous les jours, explique-t-il, j’ai le loisir de méditer le grand acte qui s’accomplit à l’autel. Le plus souvent, je sens mon cœur déborder de joie et de reconnaissance en pensant que je possède, en Jésus présent sur l’autel, de quoi offrir au Père une réparation digne de Lui, une satisfaction d’un prix infini. Que de grâces contenues dans la Messe ! Aucun saint n’a pu retirer de ce sacrifice tout le fruit qui y est renfermé ». Sa dévotion envers la Passion se traduit, en outre, par la pratique quotidienne du chemin de la Croix. Dom Marmion est aussi animé d’une profonde dévotion envers Notre-Dame : « Nous devons être par grâce ce que Jésus est par nature, un enfant de Dieu et un enfant de Marie », répète-t-il souvent. Quelqu’un lui dit un jour : « Le chapelet, c’est pour les femmes et les enfants. – Admettons-le, répondit-il ; mais, qu’a dit Notre-Seigneur ? Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. Et moi, je veux y entrer ! ». En octobre 1922, il préside aux fêtes du cinquantenaire de Maredsous (qu’il aura dirigé pendant 35 ans). Il succombe de la grippe, le 30 janvier 1923, et s’éteint en son monastère en murmurant « Jésus, Marie ».

Ce n’est pas un hasard si notre neuvaine de mois pour les vocations se déroule en même temps que l’année des saints que nous vivons. Ne négligeons pas le trésor qui nous est offert par l’intercession de tous ces saints et bienheureux et bénéficions de leur aide dans notre supplication. Que bienheureux Dom Marmion nous aide à croître dans l’union avec le Christ et que nous restions fidèles à notre vocation. Qu’il nous aide à être rayonnants et conquérants pour que de nombreux jeunes entendent l’appel à suivre Jésus de plus près et se mettent à sa suite d’un cœur simple et joyeux. Oui, bienheureux Dom Marmion, nous vous confions tous les monastères bénédictins mais aussi plus largement tous les consacrés du monde. Aidez-nous à nous enraciner dans le véritable esprit religieux en vivant avec ardeur et détermination nos vœux de pauvreté, chasteté et obéissance. Que nous puissions conformer notre vie à celle de Jésus Christ et rayonner ainsi son amour et sa paix autour de nous.

 

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