« L’amour du Christ nous presse »

18 janvier 2017 : Ouverture de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens (Fr. Clément-Marie)

 

Le 18 janvier, notre Père fondateur souhaitait que nous disions une messe votive de saint Pierre. Dans l’ancienne liturgie, il existait deux fêtes de la chaire de saint Pierre : la chaire de saint Pierre à Antioche, qu’on célébrait le 22 février. Et celle de saint Pierre à Rome, fixée au 18 janvier, jour où la tradition situe l’arrivée de saint Pierre dans la ville éternelle. Après le Concile, les deux dates ont été réunies dans celle du 22 février.

En célébrant aujourd’hui cette Messe votive de saint Pierre, nous restons donc bien dans l’année des saints, en rappelant celui qui fut le chef des apôtres. Et nous commençons aujourd’hui avec lui cette importante semaine de prière pour l’unité des chrétiens. C’est donc l’occasion aussi de rappeler l’importance primordiale, pour l’unité des chrétiens, du témoignage des saints. Jean-Paul II écrivait dans l’encyclique Ut Unum Sint : « Bien que de manière invisible, la communion encore imparfaite de nos communautés est en vérité solidement soudée par la pleine communion des saints, c’est-à-dire de ceux qui, au terme d’une existence fidèle à la grâce, sont dans la communion du Christ glorieux. Ces saints proviennent de toutes les Eglises et Communautés ecclésiales qui leur ont ouvert l’entrée dans la communion du salut. »[1] Notre année des saints est donc un moyen de mieux connaître ceux qui sont les plus grands artisans de l’unité par leur marche concrète à la suite du Christ.

Le thème de cette semaine de prière de l’année 2017 est cette phrase de saint Paul : « L’amour du Christ nous presse ! » (2 Co 5, 14). Si tous nous vivons davantage cet appel, nous progresserons à grands pas vers l’unité. Cependant le passage proposé à notre méditation cette année est plus long, et se termine par cet appel à la réconciliation : « Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu. » (2 Co 5, 20). Mais de quelle réconciliation s’agit-il ? Évidemment, vient à l’esprit en cette année 2017 cette grande déchirure que fut la Réforme, dont nos frères protestants célèbrent cette année le 500ème anniversaire. Cet anniversaire devrait d’abord être l’occasion d’un examen de conscience, après 500 ans de division… Nous devons reconnaître que, malgré la volonté du Seigneur Jésus, nous ne sommes pas unis. Et reconnaître aussi que, malheureusement, ce qui nous sépare n’est pas seulement un ensemble de questions ouvertes…

C’est pourquoi le dialogue doit se poursuivre dans l’amour, et dans une réelle franchise, qui est condition du dialogue. Jean-Paul II écrivait encore dans l’encyclique Ut Unum Sint : « En matière de foi, le compromis est en contradiction avec Dieu qui est Vérité. »[2]

Que Saint Pierre, les apôtres et tous les saints nous aident à progresser vers l’unité dans la foi et l’amour. Et il ne peut y avoir de progrès que dans la fidélité. C’est un devoir pour répondre à la volonté de Jésus. C’est un devoir pour être des témoins crédibles dans la mission. C’est un devoir parce que l’amour du Christ nous presse à la réconciliation dans la vérité.

[1] Ut Unum Sint, nº 84

[2] Ut Unum Sint, nº 18

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