L’humilité jusqu’à l’héroïsme…

6 janvier 2017 : Sainte Raphaëlle ( 1925) (Père Bernard) [Voir l’article d’ In Altum consacré à Sainte Raphaëlle ici]

Le 6 janvier est la date traditionnelle où se fêtent, en Orient, l’Epiphanie et les Saints Rois mages : Gaspard, Melchior et Balthazar. Dans l’Eglise romaine, nous les fêterons ce dimanche et nous nous souviendrons des discours lumineux donnés par Benoît XVI à Cologne, au cours des JMJ 2005. Les rois mages sont des modèles pour tous les baptisés. Ils n’ont pas douté dans leur pèlerinage extérieur, qui les a conduits de leur pays à Jérusalem puis à Bethléem. Ils n’ont pas douté dans leur pèlerinage intérieur au moment où ils ont adoré Jésus Enfant. Ils ont compris, disait Benoît XVI, que Dieu était différent ! Lui si Grand s’est fait si petit ! Saint Jean, en la première lecture, écrit qu’ils sont trois à rendre témoignage de l’Incarnation rédemptrice : l’eau, le sang et l’Esprit. Saint Marc, dans l’évangile de ce jour, cite un plus grand témoin encore : Dieu le Père dont la voix s’est faite entendre au jour du Baptême du Seigneur : Celui-ci est mon Fils bien-aimé.

Sainte Raphaëlle Marie du Sacré-Cœur (1850-1925) – 2/2En ce 6 janvier, nous fêtons également Sainte Raphaëlle, née à Pedro Abad, près de Cordoue en Espagne, le 1er mars 1850, dans une famille profondément chrétienne. En 1875, Raphaëlle-Marie, avec sa sœur Pilar, entrent comme novices dans la Congrégation de Marie Réparatrice. Elles y restent deux ans et découvrent ce que Dieu veut d’elles. En 1877, Raphaëlle-Marie fonde la Congrégation des Ancelles du Sacré Cœur. Le Christ Eucharistie est pour Raphaëlle-Marie le centre de son existence. Elle passe une grande partie de sa vie devant le Saint Sacrement exposé et cette contemplation transforme son regard sur le monde qui devient un grand temple où elle adore, en esprit et en vérité, le Seigneur de la Vie. Le dynamisme de l’Eucharistie pousse Raphaëlle-Marie à créer des communautés dans lesquelles l’union et la joie de servir un tel Seigneur sont les motifs d’engagement. Passionnée par le Christ, elle fait que l’amour de celui-ci arrive à chaque personne, à toute l’humanité. Elle veut faire de la Congrégation le lieu où l’Evangile soit proclamé, toujours avec une préférence pour les plus pauvres et avec un esprit universel. Ses « Ancelles du Sacré-Cœur » sont vouées à l’adoration du Saint Sacrement et à l’éducation des enfants de milieu populaire. En 1893, son économe générale, estimant que la fondatrice n’avait pas les qualités requises pour remplir ses fonctions dans un Institut en plein développement, mena campagne contre elle. Elle obtint sa destitution. Raphaëlle-Marie resta ainsi oubliée et méprisée pendant trente-deux ans, heureuse de pouvoir se donner. Certains la firent passer pour folle. Elle termina sa vie dans les tribulations et la pénitence. Ce n’est qu’à sa mort que l’on apprit ce qui s’était passé. Ces années passées à Rome dans l’anonymat complet ont révélé qu’elle avait été identifiée avec le Christ en croix. Cette identification transmit à son Institut le témoignage de son don total dans une attitude d’authentique ancelle du Seigneur, libre, humble et courageuse. Raphaëlle-Marie est décédée le 6 janvier 1925. Les autorités romaines, apprenant ce qui s’était passé, décidèrent sa béatification. Elle a été béatifiée le 18 mai 1952 à Rome par Pie XII et canonisée le 23 janvier 1977 à Rome par Paul VI. Ce Bienheureux Pape, dans la conclusion de son homélie demanda à Sainte Raphaëlle d’intercéder pour obtenir des grâces, dont celles dont nous avons un plus grand besoin : la fermeté dans la vraie foi, la fidélité à l’Eglise, la sainteté du Clergé, la fraternité sincère entre toutes les composantes de la Nation espagnole. Puisse sa figure resplendissante, couronnée aujourd’hui par l’auréole de la sainteté, répandre sur l’Eglise entière et sur le monde la vérité, la charité, la paix du Christ. Ajoutons à cette ardente prière de Paul VI, ce souhait en ce premier Vendredi du mois : que Sainte Raphaëlle nous obtienne une plus grande dévotion au Sacré Cœur et qu’elle nous aide à nous développer dans cette vertu d’humilité qu’elle a exercée héroïquement et sans se plaindre. Comme Sainte Jeanne Jugan et Sainte Thérèse Couderc, elle a été écartée de sa fonction de Mère fondatrice. Elle a vécu 32 ans dans l’oubli ! Quelle héroïcité ! Qu’elle nous aide à ne pas rechercher les honneurs et les premières places, mais à imiter Jésus, le Serviteur des serviteurs ! Les rois mages, que nous fêtons également en ce jour, ont compris que Dieu était différent. Ils s’attendaient à trouver Jérusalem en Fête pour la naissance de son Roi. Personne à Jérusalem n’était au courant. Jésus n’est pas né dans un Palais royal mais une grotte étable. La pauvreté de la Sainte Famille n’a pas découragé les rois mages. Ils ont adoré ce Dieu différent et, aujourd’hui, avec Sainte Raphaëlle, ils l’adorent au Ciel avec un humble cœur d’enfant.

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