Quand 3 grands saints veillaient sur la France naissante…

3 Janvier 2017 : Sainte Geneviève et le Saint Nom de Jésus (Fr. Jean-Régis)

Le propre de France nous donne d’honorer aujourd’hui la mémoire de Sainte Geneviève, une femme providentielle pour la Gaule païenne dans la deuxième moitié du Vème siècle. Elle naquit à Nanterre vers 420. Âgée de sept ans à peine, elle est remarquée par les saints évêques Germain d’Auxerre et Loup de Troyes alors qu’ils sont en route vers la Grande Bretagne pour combattre l’hérésie pélagienne. Ils l’encouragèrent à se consacrer à Dieu. Saint Marcel, le neuvième évêque de Paris, reçut sa consécration définitive mais elle continua sa vie ascétique dans la maison familiale, car les monastères n’existaient pas encore en Gaule. En 451, Attila et les Huns menacent Paris. Seule Geneviève, gardant son sang-froid, réunit les femmes dans les églises pour implorer l’assistance de Dieu dans le jeûne, les larmes et la prière, suppliant le Ciel d’épargner leur ville. Elle s’efforça de rendre courage aux hommes. Et Paris fut épargné : Attila se détourna bientôt de Paris et subit une cuisante défaite contre les Francs unis. Le roi des Francs, Childéric, exerça pendant une vingtaine d’années son hégémonie sur la région. Bien qu’encore barbare, il montrait du respect pour l’Eglise et, sur les instances de Sainte Geneviève, il consentit à adoucir les peines des prisonniers. Les Francs furent cependant repoussés par les Romains et cherchèrent à regagner l’avantage en retenant le ravitaillement de Paris. La disette menaçant, le peuple perdit de nouveau confiance en Dieu. Sainte Geneviève s’échappa par la Seine pour aller chercher du ravitaillement jusqu’en Champagne, puis revint faire une distribution à tous les Parisiens, en privilégiant les plus pauvres. Après la mort de Childéric, elle a des relations cordiales avec son fils Clovis. Mais ce n’est qu’après le mariage de ce dernier avec Sainte Clotilde qu’elle consent à lui ouvrir les portes de Paris. Clovis par égard pour sainte Geneviève, se départit plus d’une fois des rigueurs que semble exiger sa politique. Souvent à sa demande, comme l’avait fait son père, il pardonne aux prisonniers et aux criminels. Sainte Geneviève avait une grande dévotion pour les Saints qui avaient jeté les fondations de l’Eglise en Gaule. Elle fit construire la première basilique au-dessus de la sépulture de saint Denis de Paris et inspira aux Parisiens la pieuse habitude d’y venir en pèlerinage. De même, elle contribua grandement au développement du culte de saint Martin à Tours, qui devait devenir un des plus grands lieux de pèlerinages d’Occident. Tandis que Clovis achevait de conquérir la Gaule, Sainte Clotilde resta auprès de Sainte Geneviève à Paris, et Saint Remi venait parfois leur rendre visite pour s’entretenir des choses de Dieu. Trois saints veillaient alors sur la France naissante. Remercions le Seigneur pour les racines chrétiennes qui ont façonné la France et supplions-Le pour que la France retrouve ses racines chrétiennes et que nous ayons la même foi, le même courage et la même ardeur dont Sainte Geneviève fit preuve durant sa vie.

Dans l’Eglise universelle, en ce 3 janvier, nous faisons aussi mémoire du Saint Nom de Jésus ! Le CEC (430-435)  nous rappelle que « Jésus veut dire en hébreu : « Dieu sauve« . Lors de l’Annonciation, l’ange Gabriel lui donne, comme nom propre, le nom de Jésus qui exprime à la fois son identité et sa mission (cf. Lc 1,31). Puisque « Dieu seul peut remettre les péchés » (Mc 2,7), c’est lui qui, en Jésus, son Fils éternel fait homme « sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1,21). Le nom de Jésus est le Nom divin qui seul apporte le salut (cf. Jn 3,5 Ac 2,21) et il peut désormais être invoqué de tous car il s’est uni à tous les hommes par l’Incarnation (cf. Rm 10,6-13) de telle sorte qu' »il n’y a pas sous le ciel d’autre Nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4,12 cf. Ac 9,14 Jc 2,7). La Résurrection de Jésus glorifie le Nom du Dieu Sauveur (cf. Jn 12,28) car désormais, c’est le Nom de Jésus qui manifeste en plénitude la puissance suprême du « Nom au-dessus de tout nom » (Ph 2,9-10). Les esprits mauvais craignent son Nom (cf. Ac 16,16-18 19,13-16) et c’est en son Nom que les disciples de Jésus font des miracles (cf. Mc 16,17), car tout ce qu’ils demandent au Père en son Nom, Celui-ci le leur accorde (Jn 15,16). Le nom de Jésus est au cœur de la prière chrétienne. Toutes les oraisons liturgiques se concluent par la formule « par Jésus Christ notre Seigneur… ». Le « Je vous salue, Marie » culmine dans « et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni« . » À chaque fois que nous disons ces simples mots de « Jésus, Jésus”, nous pouvons en faire un acte d’amour parce que nous offrons à Dieu l’amour infini de Jésus et nous glorifions Dieu parce que nous lui offrons tous les mérites infinis de la passion et de la mort de Jésus. En paraphrasant le livre du Deutéronome, nous pouvons invoquer le nom de Jésus sans cesse, à la maison ou en voyage, que nous soyons couchés ou que nous soyons levés. Ce soir, en redisant les litanies du saint Nom de Jésus, prions-les avec la conviction qui habitait le cœur de Mère Marie Augusta : « Que le Nom de Jésus soit notre bonheur. Que sa présence soit la dilatation de notre cœur. Dans le danger, réfugiez-vous sur le Cœur de Jésus. Le démon n’ose pas s’approcher jusqu’à lui. Entourons Jésus d’amour et il déversera à flot sa miséricorde. » Notre père, dans les derniers mois de sa vie, répétait très souvent : « Jésus est là ». Gardons dans nos cœurs et sur nos lèvres ce doux nom de Jésus. Invoquons-le souvent et faisons-le connaître, faisons-le aimer.

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