Relève-toi !

Mercredi 25 janvier 2017 : Conversion de Saint Paul (Fr. Clément-Marie)

 

Dans les Actes des Apôtres, on trouve trois récits de la conversion de Saint Paul (cf. Ac 9 ; Ac 22 ; Ac 26), les deux derniers étant des récits de l’apôtre lui-même. Qu’a été au juste cette conversion ?

La tradition artistique représente habituellement Saint Paul tombant de cheval. On a beaucoup discuté de la réalité ou non du cheval… Peu importe. Le texte ne permet ni de l’affirmer ni de l’infirmer. Quoi qu’il en soit, cette représentation assez unanime souligne une profonde réalité et met en lumière un aspect central de la conversion de Saul. Le cheval dans la Bible est le symbole de la force terrestre sur laquelle on s’appuie, par opposition à la force venant de Dieu. En témoigne le psaume : « Aux uns les chars, aux autres les chevaux. À nous le nom de notre Dieu : le Seigneur ! » (Psaume 19, 8). Ainsi, la chute de saint Paul de son cheval est un signe très clair de ce qui se passe à cet instant : Saul est renversé de sa force, il perd la force qui lui vient de lui-même, pour recevoir celle de Dieu par laquelle désormais il annoncera l’évangile. Il croyait se sauver par son observance, à la « force des poignets » des prescriptions de Moïse. Il est renversé, et avec lui son assurance humaine. On retrouvera cela dans ses écrits un peu partout : « Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Co 12, 9). Ou encore : « C’est par grâce que vous êtes sauvés, et par le moyen de la foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Ep 2, 8). Ainsi, cette chute, signe de la conversion, est en quelque sorte une mort. Mort à soi-même. Et il est significatif que dans les trois récits de cette conversion, Jésus lui-même dise à saint Paul : « Lève-toi ! » – qui peut aussi se traduire : « ressuscite ! » Saul restera d’ailleurs trois jours sans voir, et il ne recouvrera la vue qu’à son baptême, qui sera donc une vraie résurrection…

Les récits des Actes des Apôtres évoquent enfin la mission qui sera désormais celle de Saul : être témoin de Jésus, et souffrir en son nom. L’évangile choisi pour cette fête prolonge ces récits en rappelant l’envoi des Douze. Jésus demande à ses apôtres une annonce explicite et zélée : « Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. » Aujourd’hui on insiste beaucoup sur le danger de faire du prosélytisme. Ce danger peut exister, mais le danger qui nous guette le plus aujourd’hui n’est certainement pas celui-là, mais son contraire : ne plus annoncer l’évangile avec conviction comme les apôtres et comme saint Paul, quitte à souffrir en son nom. Demandons aujourd’hui cette grâce : que nous puissions nous aussi « tomber de cheval », et témoigner avec la force de Dieu dans la mission de l’Église.

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