Un guide vers la foi authentique, avec patience et intelligence théologique

13 janvier 2017 : Saint Hilaire de Poitiers. (P. Bernard)

L’Eglise a choisi une lecture bien adaptée pour la Messe de Saint Hilaire (1 Jn 2, 18-25), qui a été surnommé l’Athanase de l’Occident et le champion de l’orthodoxie contre l’arianisme.

Il était issu de l’aristocratie gallo-romaine de la cité de Lemonum, devenu aujourd’hui Poitiers. Il reçut une bonne éducation et fut formé à la rhétorique latine. La question du sens de la vie le tourmentait. Où se trouve le bonheur pour l’homme? A quoi sert d’exister si l’on doit mourir? Y a-t-il un dieu? Déçu dans ses lectures, il découvre un jour ce passage de la Bible « Je suis celui qui est » et s’enthousiasme. Mais la mort reste une idée insupportable. Il trouve le plein rassasiement de sa faim spirituelle dans l’Évangile de saint Jean, l’évangile de l’Incarnation et de la Résurrection.

A trente ans, il demande le baptême. Son envergure le désigne à l’attention des fidèles. Il est élu évêque de Poitiers et il rencontre saint Athanase, alors en exil en Gaule à cause de l’hérésie arienne. Soucieux de l’instruction de son peuple, il rédige un Commentaire sur l’évangile de Matthieu, mais il ne connaît pas la tradition orientale et ignore les formulations du Concile de Nicée qu’il n’a découvert qu’en 354. En 355, alors que l’arianisme s’étend en Gaule, il s’oppose à cette théologie hérétique. En 356, il est déclaré par un Concile régional hors de la communion et exilé en Phrygie. C’est là qu’il découvre la pensée des théologiens orientaux et écrit ses grands traités de doctrine trinitaire. Hilaire cherche à exposer la doctrine catholique à l’empereur Constance. Il expose ses thèses au Concile de Séleucie en 359, où il obtient l’union des nicéens et des semi-ariens contre l’arianisme. Les ariens vont convaincre l’empereur de la véracité de leur thèse et celui-ci promulgue une loi qui définit que la foi des sujets de l’Empire doit être arienne. Hilaire retrouve sa ville de Poitiers en 360-361 après 4 années d’exil. Son influence sera déterminante auprès d’évêques de la Gaule romaine pour condamner clairement l’arianisme et destituer les évêques ariens de l’Eglise gallo-romaine. Saint Hilaire écrit, pour son peuple, un Traité des mystères et des Commentaires sur les psaumes. Il poursuit sa lutte anti-arienne en s’opposant à Auxence de Milan, avec l’aide d’Eusèbe de Verceil. Saint Martin de Tours, un des plus glorieux disciples d’Hilaire, fonde l’abbaye de Ligugé à proximité de Poitiers et de Saint Hilaire. Dans son magistral « Traité sur la Trinité« , disent les historiens, il est le premier à avoir fait entrer dans la langue latine, les subtilités et les délicatesses de la langue grecque. De tous les Pères Latins, Saint Hilaire est celui dont la pensée est la plus proche des Pères Grecs. Les théologiens admirent la clarté et la profondeur de sa synthèse théologique qui ouvrira la voie à Saint Augustin.

Benoît XVI, dans sa présentation de la vie de Saint Hilaire, disait : «Dans son œuvre principale, De Trinitate, Hilaire expose son « cheminement personnel vers la connaissance de Dieu et démontre que l’Écriture atteste avec clarté la divinité du Fils, sa ressemblance au Père dans l’Évangile comme dans l’Ancien Testament qui dévoile le mystère du Christ ». Le Saint-Père a ensuite rappelé que le saint évêque « a développé sa théologie trinitaire à partir de la formule baptismale même donnée par le Père: au nom du Père, du Fils et de l’Esprit ». Saint Hilaire offre aussi des règles de lecture de l’Évangile, écrivant aussi, a précisé le Pape, que « certaines pages de l’Écriture annoncent Jésus comme étant Dieu, tandis que d’autres soulignent son humanité… Des passages  montrent sa préexistence aux côtés du Père…, rapportent son incarnation et jusqu’à sa mort…et sa résurrection« . Dans un esprit de conciliation, Hilaire cherchait à comprendre ceux qui ne parvenaient pas à la vérité, et il les aidait avec patience et intelligence théologique à atteindre la foi authentique en la divinité de Jésus. Étant tout amour, Dieu est en mesure de communiquer sa pleine divinité au Fils. En assumant la nature humaine, le Fils s’est uni à tout homme… ce pour quoi la voie vers le Christ est ouverte à chacun de nous… s’il y a conversion personnelle ». Saint Hilaire mériterait d’être davantage connu des Français. Prions afin que la ville de Poitiers l’honore comme il mérite d’être honoré. Sans Saint Hilaire, la Gaule ne serait peut-être pas devenue la Fille aînée de l’Eglise ! Car sans lui, le soldat Martin ne serait pas devenu le grand Saint Martin, évangélisateur des campagnes et fondateur de Ligugé. Clovis ne se serait alors peut-être jamais converti … mais on ne fait pas l’histoire avec des « si ». Dieu a voulu Saint Hilaire. Il lui a donné de grands dons intellectuels et une force d’âme peu ordinaire pour s’opposer à l’arianisme. Grand et courageux Saint Hilaire rends-nous forts dans la Foi et fidèles !

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