C’est seulement des saints que vient la véritable révolution !

Homélie du Dimanche 19 février – Forum à Sens (P. Bernard)

Bien chers amis,

Dieu, en ce 7e dimanche du temps ordinaire, nous lance un grand appel à la sainteté. Ce grand appel est particulièrement à souligner en ce Forum sur Luther et l’œcuménisme. L’Eglise catholique n’a pas déformé la Parole de Dieu en développant le culte des saints, elle a été fidèle au grand appel de Dieu dans le Lévitique que nous venons de réentendre : « Soyez saints, car moi, le Seigneur, Je suis saint ». Jésus, dans le discours sur la montagne, disait : « vous donc soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». Saint Paul, dans la deuxième lecture, lançait lui aussi le même appel : « Frères, n’oubliez pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ». Benoît XVI disait : c’est seulement des saints, c’est seulement de Dieu que vient la véritable révolution, le changement décisif du monde. Au cours du siècle qui vient de s’écouler, nous avons vécu les révolutions dont le programme commun était de ne plus rien attendre de Dieu, mais de prendre totalement dans ses mains le destin du monde. Ce ne sont pas les idéologies qui sauvent le monde, mais seulement le fait de se tourner vers le Dieu vivant, qui est notre Créateur, le garant de notre liberté, le garant de ce qui est véritablement bon et vrai. La révolution véritable consiste uniquement dans le fait de se tourner sans réserve vers Dieu, qui est la mesure de ce qui est juste et qui est, en même temps, l’amour éternel. Qu’est-ce qui pourrait bien nous sauver sinon l’amour ?

Luther n’a pas été un saint, mais des protestants l’ont été. Parmi eux le pasteur Richard Wurmbrand, arrêté en 1948 par les communistes roumains. Il passa trois années de solitude totale, ne voyant personne d’autre que ses tortionnaires communistes, puis il vécut 13 années dans les prisons communistes de Roumanie. Il ne fut relâché qu’en 1964. Son livre est un émouvant témoignage : mes prisons avec Dieu. Quelle héroïcité ! Il raconte : « Seul dans ma cellule, je pouvais sentir presque physiquement la présence de Satan. Il faisait sombre, froid, et il se moquait de moi. La Bible parle de lieux retirés où les esprits mauvais dansent, et j’étais dans un de ces lieux. J’entendais sa voix, jour et nuit: « Où donc est ton Jésus? Ton sauveur ne peut pas te sauver. On t’a menti, et tu as menti aux autres. Il n’est pas le Messie ! Tu t’es trompé de personne! » Alors j’ai crié: « Et qui est le vrai Messie qui doit venir? » La réponse fut simple, mais trop blasphématoire pour être répétée ici. J’avais écrit des livres et des articles prouvant que Jésus était le Messie, mais je n’avais pas même un seul argument à présenter. Le diable, qui était parvenu à faire douter en prison Nils Hauge, le grand évangéliste norvégien, qui avait fait de même à Jean Le Baptiste dans son donjon, s’acharnait contre moi. J’étais sans défense. Ma joie, et ma sérénité, tout s’en était allé. J’avais senti le Christ si proche de moi auparavant, enlevant mon amertume, illuminant mes ténèbres, mais à ce moment je criais: « Eli, Eli, lama sabachtani« . J’étais totalement seul, abandonné ». Mais le Pasteur Richard Wurmbrand n’a pas renié sa Foi. Saint Jean-Paul II a parlé de l’œcuménisme des saints.

Puisse notre Forum nous obtenir la grâce de nous décider avec conviction pour la sainteté. Tel sera le thème de notre Session de cet été en ce Foyer de Sens auquel vous êtes invités. Ne nous lassons pas de répéter ce que ce Saint Pape ne cessait pas de rappeler aux jeunes et moins jeunes : « n’ayez pas peur d’être des saints ! ». Nous avons célébré la Fête d’un grand saint Jésuite, cette semaine : Saint Claude la Colombière, qui a été le conseiller spirituel de Sainte Marguerite-Marie. Je voudrais vous citer en conclusion la prière qu’il adressait au Cœur de Jésus pour lui demander la grâce de la sainteté en restant dans l’humilité : « O Jésus, je sens en moi un grand désir de Te plaire et une grande impuissance d’en venir à bout sans une lumière particulière et le secours que je n’attends que de Toi. C’est à Toi de tout faire, mon Seigneur. Toi seul aura toute gloire de ma sanctification si je me fais saint. Cela me paraît plus  clair que le jour, mais ce sera pour Toi une grande gloire et c’est pour ça seulement que je veux désirer la perfection ». Demandons à Notre-Dame des Neiges la grâce de répondre sans peur à l’appel à la sainteté que nous lance Dieu notre Père et Jésus, qui nous envoient l’Esprit Saint qui sanctifie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *