Considérez cette grande grâce de connaître Dieu !

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8 Février 2017 : Sainte Joséphine Bakhita (Fr. Clément-Marie)

 

Joséphine Bakhita naquit vers 1869 dans le Darfour, au Soudan. À l’âge de neuf ans, elle fut enlevée par des trafiquants d’esclaves. Elle ne reverra jamais sa famille. Bakhita n’est pas le prénom qu’elle reçut de ses parents à sa naissance. L’effroi éprouvé le jour où elle fut enlevée, provoqua quelques trous de mémoire. La terrible expérience lui avait fait également oublier son prénom. Elle fut vendue cinq fois sur des marchés soudanais. Elle fut très durement maltraitée par les maîtres successifs auxquels elle appartint, souvent battue jusqu’au sang et conservera toute sa vie de nombreuses marques de ces souffrances physiques.

Dans la capitale du Soudan, Bakhita fut rachetée par un Consul italien, Calliste Legnani. Pour la première fois, depuis le jour de son enlèvement, elle se rendit compte, avec une agréable surprise, que personne en lui donnant des ordres, n’utilisait plus le fouet, et qu’on la traitait même de façon affable et cordiale. Dans la maison du Consul, Bakhita connut la sérénité, l’affection et des moments de joie, peut-être même s’ils étaient encore voilés par la nostalgie de sa famille, perdue pour toujours.

Le consul dut retourner en Italie, et Bakhita demanda à partir avec lui et sa famille, à Gênes. Et c’est là que Bakhita demanda et obtint de connaître ce Dieu que depuis son enfance « elle sentait dans son cœur sans savoir qui Il était » : « Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même : Qui est donc le Maître de ces belles choses ? Et j’éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages. »

Après quelques mois de catéchuménat, Bakhita fut baptisée et confirmée, et elle fit sa première communion des mains du Patriarche de Venise. Elle reçut le nouveau nom de Joséphine. C’était le 9 janvier 1890. Ce jour-là, elle ne savait pas comment exprimer sa joie. Ses grands yeux expressifs étincelaient, révélant une émotion intense. Ensuite on la vit souvent baiser les fonts baptismaux et dire : « Ici, je suis devenue fille de Dieu ! » En ce temps de catéchuménat se fit plus clair pour elle l’appel à se faire religieuse, à se donner entièrement au Seigneur dans l’Institut de Sainte Madeleine de Canossa, où elle avait été confiée un temps.

Le 8 décembre 1896, Giuseppina Bakhita se consacra pour toujours à Dieu. Durant plus de cinquante ans, cette humble Fille de la Charité, vrai témoin de l’amour de Dieu, vécut en s’adonnant à diverses occupations dans la maison de Schio : elle fut, en effet, cuisinière, lingère, brodeuse, concierge.

Son humilité, sa simplicité et son sourire constant conquirent le cœur de tous les habitants de Schio. Les Sœurs l’estimaient pour sa douceur inaltérable, sa bonté exquise et son profond désir de faire connaître le Seigneur.

« Soyez bons, aimez le Seigneur, priez pour ceux qui ne le connaissent pas. Considérez cette grande grâce de connaître Dieu ! » Elle connut une maladie longue et douloureuse, au long de laquelle elle conserva toujours son sourire et sa bonté. À sa mort, le 8 février 1947, sa réputation de sainteté s’étend très rapidement, et on la prie sur tous les continents.

Le 17 mai 1992, Joséphine Bakhita est proclamée Bienheureuse, et le dimanche octobre 2000, Jean Paul la canonise au cours d’une Messe solennelle célébrée sur la Place Saint-Pierre : elle est la première Sainte soudanaise.

Benoît XVI, dans son encyclique Spe Salvi, la donne en exemple (cf. nº 3) : elle a fait l’expérience de ce qu’est la Rédemption : « À présent, elle entendait dire qu’il existait un Maître au-dessus de tous les maîtres, le Seigneur des seigneurs, et que ce Seigneur était bon, la bonté en personne. Elle apprit que ce Seigneur la connaissait, elle aussi, qu’il l’avait créée, elle aussi – plus encore qu’il l’aimait. Elle était connue et aimée, et elle était attendue. Plus encore, ce Maître avait lui-même personnellement dû affronter le destin d’être battu et maintenant il l’attendait « à la droite de Dieu le Père ». (…) Elle comprenait ce que Paul entendait lorsqu’il rappelait aux Éphésiens qu’avant ils étaient sans espérance et sans Dieu dans le monde – sans espérance parce que sans Dieu. »

Comme elle est belle, notre Église, qui nous présente, par la grâce du Christ, une esclave du Soudan en modèle, parce que le Christ l’a rachetée, qu’elle s’est donnée à lui, et que le Roi du ciel et de la terre en a fait une de ses filles bien-aimées… Prions-la pour notre monde, sans espérance parce que sans Dieu… Prions-la de nous faire réaliser le bonheur de connaître Jésus, et d’être baptisés.

 

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