Dieu s’occupe de nous : occupons nous de Dieu !

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Dimanche 26 février 2017 [8ème dimanche du temps ordinaire]

 

Ces dernières semaines, nous avons entendu des paroles très fortes de Jésus dans ce sermon sur la montagne : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non. » Ou encore : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Aujourd’hui, nous entendons des mots d’une grande tendresse, avec ces images très touchantes prises dans la nature : « Regardez les oiseaux du ciel… Observez comment poussent les lys des champs… » Jésus nous parle de la Providence, c’est à dire de Dieu, père plein d’amour qui pourvoit à nos besoins. Et pourtant, cet enseignement de Jésus, donné avec tant de beauté et de délicatesse, est aussi très exigeant. Aujourd’hui, on voit particulièrement deux exigences. La première concerne notre rapport à l’argent. Jésus est très direct : « Vous ne pas servir deux maîtres. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » Et il nous pose cette question : « Votre vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ? » Jésus nous invite à voir plus que notre dimension matérielle. Sommes-nous soucieux d’abord de nos âmes ? Puis, dans ce passage, Jésus nous rappelle que Dieu son Père s’occupe de nous, ses enfants. Dans la crise économique actuelle, il peut sembler légitime d’être inquiet. Et ces paroles de Jésus qui dit : « Ne vous faites pas tant de souci pour demain… » peuvent sembler une provocation à notre société de consommation aux lendemains si incertains… Jésus ne nous appelle pas à l’insouciance. Mais ces paroles sont une invitation à nous appuyer sur Dieu, dans la confiance, même pour nos besoins matériels : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » Confions souvent nos familles, et toutes les familles à la Providence de Dieu.

Une seconde exigence pour répondre aux paroles de Jésus : Dieu s’occupe de nous ; nous, occupons-nous de Dieu. « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît… » Chercher d’abord le Royaume de Dieu aujourd’hui, ce n’est pas facile… En particulier en raison de la pression, des opinions dominantes qui nous marginalisent quand nous parlons de Dieu, ou quand nous cherchons tout simplement à chercher d’abord ce royaume de Dieu, c’est à dire à mettre Dieu à la première place dans notre vie. Écoutons ce que dit Saint Paul dans la seconde lecture : « Je me soucie fort peu de votre jugement sur moi, ou de celui que prononceraient les hommes. Celui qui me juge, c’est le Seigneur. » Donc nous devons chercher d’abord ce royaume, même s’il faut pour cela aller à contre-courant. Dieu nous assure, dans sa Providence, de sa fidélité. Mais il attend la nôtre. Fidélité à nos engagements, fidélité à notre devoir d’état. La fidélité n’est pas facile aujourd’hui, dans toutes les états de vie : dans le mariage, dans la vie consacrée à Dieu. Et nous souffrons de nombreux abandons, de nombreuses ruptures de cette fidélité pourtant librement promise devant Dieu. Plus encore, on exalte aujourd’hui et on donne en exemple l’infidélité, au nom d’une fausse idée de la liberté. Le saint Pape Jean-Paul II avait dit aux jeunes à Strasbourg, en 1988 : « Si Dieu exige une fidélité totale, c’est qu’elle est possible. »[1] Oui, cette fidélité est possible, par la grâce de Dieu. Jésus veut que nous soyons fidèles : « Que votre oui soit oui, que votre non soit non. Tout le reste vient du Mauvais. » Jean-Paul II avait conclu son discours aux jeunes par ces mots : « J’aime être l’ami des jeunes. Mais, comme vous le savez, je demeure un ami exigeant. Parce que le Christ est exigeant: il demande tout. Il vous appelle à refuser les démagogies complaisantes. Votre cœur est à la mesure des élans radicaux qui engagent toute la vie. Ce qui a de la valeur coûte forcément, comme le trésor et la perle de grand prix. Ainsi en va-t-il des béatitudes. En suivant le Christ, on porte la croix, mais on reçoit la joie d’une récompense au centuple, dès cette vie. » Demandons à Dieu de nous donner les sentiments du psalmiste, chantés en ce dimanche : « Lui seul est mon rocher, mon salut, ma citadelle : je suis inébranlable. » Oui, si nous nous appuyons sur Dieu, notre fidélité pourra être inébranlable, et nous chercherons ainsi le royaume de Dieu, en répondant à la fidélité même de Dieu.

Nous voudrions terminer en réécoutant les mots par lesquels Benoît XVI concluait il y a quatre ans presque jour pour jour – le 27 février 2013 – la dernière audience de son pontificat : « Je n’abandonne pas la croix, mais je reste d’une façon nouvelle près du Seigneur crucifié. Je ne porte plus le pouvoir de la charge pour le gouvernement de l’Église, mais dans le service de la prière, je reste, pour ainsi dire, dans l’enceinte de saint Pierre. » Puis il ajoutait pour finir : « Dieu guide son Église, la soutient toujours aussi et surtout dans les moments difficiles. Ne perdons jamais cette vision de foi, qui est l’unique vraie vision du chemin de l’Église et du monde. Dans notre cœur, dans le cœur de chacun de vous, qu’il y ait toujours la joyeuse certitude que le Seigneur est à nos côtés, qu’il ne nous abandonne pas, qu’il nous est proche et nous enveloppe de son amour. »

[1] JEAN-PAUL II, Discours aux jeunes au stade de la Meinau (Strasbourg), 8 octobre 1988

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