J’ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu

9 février 2017: Bse Anne-Catherine Emmerich   (1774-1824)    (Frère Xavier)

 

Anne-Catherine, béatifiée le dimanche 3 octobre 2004 par le Pape Jean-Paul II, est née le 8 septembre 1774, dans un hameau de l’évêché de Munster. Ses parents étaient des paysans pauvres et pieux. Dès son plus jeune âge elle vécut dans le surnaturel, et ses visions, quasi permanentes, étaient pour elle tout à fait naturelles : elle pensait qu’il en était ainsi pour tout le monde. Compte tenu de sa pauvreté, elle ne put être reçue dans aucun couvent. Mais à l’âge de 24 ans elle reçut les stigmates de la couronne d’épines. Il fallut attendre 1802 pour qu’elle fût reçue chez les Augustines de Dülmen, elle avait 28 ans. Elle participait à la vie monastique avec ferveur, toujours prête à accomplir les travaux les plus durs que personne ne voulait faire. Elle tomba fréquemment malade et dut supporter de grandes douleurs. En 1811, l’Allemagne passa sous la domination napoléonienne, et Jérôme Bonaparte décréta la dissolution de ses monastères. Anne-Catherine fut jetée dans le monde, où elle perdit toute espèce d’anonymat. Jusqu’alors, elle avait réussi à cacher au grand public ses visions et les stigmates de la couronne d’épines qu’elle avait reçus quelques années auparavant. Mais dans la petite ville de Dülmen, où elle vécut jusqu’à sa mort, ses visions, ses miracles, autrefois protégés derrière les murs du couvent, se trouvèrent étalés au grand jour. Et elle reçut les autres stigmates. On ne peut pas cacher des blessures aux mains. Elle devint rapidement un objet de curiosité pour les médecins, l’Église, et de nombreuses autres personnes. La vie d’Anne-Catherine devint une épreuve permanente jusqu’à sa mort qui surviendra le soir du 9 février 1824.

Une caractéristique de sa personnalité était l’amour qu’elle éprouvait pour son prochain. « J’ai toujours considéré le service au prochain comme la plus haute vertu. Dans ma jeunesse, j’ai prié Dieu afin qu’il veuille bien me donner la force de servir mon prochain et d’être utile. A présent je sais qu’il a exaucé ma prière« . Ainsi, elle cherchait toujours à aider les autres, même sans pouvoir se lever de son lit, où elle cousait des vêtements pour les enfants pauvres.

La vie d’Anne-Catherine Emmerich a été une longue passion. A de nombreuses reprises elle a vécu la douloureuse Passion de Jésus. Parfois, succombant sous le poids de ce qui lui était imposé et qu’elle avait généreusement accepté, elle suppliait Dieu de venir la délivrer, mais, chaque fois, elle disait: « Seigneur, non pas ma volonté, mais la vôtre. » Alors, il lui était enjoint de continuer à vivre ; elle se relevait avec sa croix, et se remettait à la porter péniblement à la suite du Seigneur.

Elle parlait par obéissance, parce que ses supérieurs le lui avaient ordonné, et quand elle recevait l’ordre de se taire, elle se taisait. Elle aurait bien préféré rester cachée, et surtout, ne pas avoir vu certaines choses «Pourquoi faut-il que je voie tout cela, moi, pauvre pécheresse ; je ne peux pas le raconter, et il y a tant de choses que je ne comprends pas !». Alors son ange gardien lui dit : «Tu ne peux pas savoir combien d’âmes liront un jour cela et seront par là consolées, ranimées et incitées au bien. Il existe beaucoup de récits de grâces semblables accordées à d’autres, mais la plupart du temps, ils ne sont pas faits comme il faudrait. De plus, les anciennes choses sont devenues étrangères aux hommes de ce temps, et elles ont été discréditées par des inculpations téméraires : ce que tu peux raconter est suffisamment intelligible, et cela peut produire beaucoup de bien que tu ne peux pas apprécier». «Ces paroles, me consolèrent» dit simplement Anne-Catherine

Dieu dans son dessein providentiel va lui envoyer le célèbre auteur romantique allemand, Clemens Brentano. Lorsqu’il vint la voir pour la première fois, il fut tellement enthousiasmé par ce qu’il entendit, qu’il s’installa à Dülmen, où, pendant six ans, il prit des notes et tenta d’en tirer des récits cohérents. On lui doit de connaître les précieux récits concernant le Christ, la Vierge et de nombreux saints. On lui doit aussi de savoir ce qu’Anne-Catherine endura de souffrances pour soulager ceux qui ployaient sous le poids de leurs fardeaux et pour leur donner la force de se relever..

La vie d’Anne-Catherine fut caractérisée par une profonde union avec le Christ; les stigmates qu’elle portait en furent la preuve. Elle éprouva également une profonde dévotion à l’égard de Marie. A travers la foi et l’amour elle servit l’œuvre de la Rédemption.

 

Laissez un commentaire