J’ai tout fait à coups de chapelets !

3 Février 2017 : Bienheureuse Marie Rivier (Fr. Clément-Marie)

 

Marie Rivier est née le 19 décembre 1768, à Montpezat, en Ardèche. À l’âge de seize mois, elle fait une chute de son lit qui la rend infirme : elle ne peut plus marcher. Sa mère, femme de grande foi, la porte devant la statue de la Vierge Marie (La Pietà). Elle fera ainsi tous les jours pendant quatre années, afin de demander sa guérison. « Marinette » promet qu’en cas de guérison elle consacrera sa vie à faire l’école aux enfants. Laissée seule aux pieds de Marie tenant son enfant mort dans ses bras, elle contemple. Ce mystère d’amour fou s’imprime dans son cœur. Le 15 août 1780, jour de l’Assomption, Marie est guérie miraculeusement de toute infirmité.

Elle fréquente alors l’école du couvent de Pradelles, et de Montpezat. Elle demande alors à devenir religieuse chez les Sœurs de Pradelles. Sa petite taille (elle mesure 1, 32m), sa santé déficiente sont des obstacles à sa requête. Déçue mais pas découragée, elle déclare : « Puisqu’on ne veut pas me laisser entrer au couvent, j’en ferai un moi-même. »

Revenue à Montpezat, Marie demande au curé de diriger l’école paroissiale. Elle s’installe dans une maison appartenant aux sœurs du Tiers-Ordre. L’école ouvre ses portes malgré l’hostilité d’une partie de la population ; Marinette y enseigne l’écriture, la lecture et le catéchisme. Marie a beaucoup d’influence sur la jeunesse de son village, grâce à sa fermeté mais également sa douceur et sa bonté. En 1788, elle créé le « petit couvent » une communauté pour les jeunes filles de la paroisse. En 1789, elle est chargée de préparer les enfants, filles et garçons, à la première communion. À cette époque, la Révolution et la Terreur règnent et tout acte religieux devient suspect. Anne-Marie Rivier convoque en secret les assemblées du dimanche. Très prudente, elle reste l’apôtre au cœur de feu malgré tout ! La religion est outragée : l’église paroissiale est fermée au culte en 1792 et est transformée en grange, la chapelle Notre-Dame-de-Pitié  sert de salle de réunion à la municipalité. La conduite d’Anne-Marie reste cependant exemplaire, elle soutient les fidèles et fait de sa maison un couvent.

En 1794, elle s’installe à Thueyts, où elle reste jusqu’en 1819. Dès son arrivée à Thueyts, Marie Rivier ouvre une école. Les enfants fréquentent la classe en grand nombre. Parents et enfants témoignent leur reconnaissance à cette pieuse institutrice qui s’occupe également de l’éducation religieuse des adultes. Fin 1794, les prêtres n’ont pas le droit d’officier dans l’église de la paroisse ; les fidèles perdent l’habitude de fréquenter l’église. Marie Rivier rassemble la population pour la faire prier et redonner une instruction religieuse.

En 1795 la situation religieuse est désastreuse ; dans ce contexte troublé, elle s’impose une nouvelle règle : « prier, travailler et se taire ». Bientôt quatre jeunes filles la rejoignent et se laissent gagner par le feu de l’Évangile. À l’heure où tous les couvents ferment, Marie Rivier va ouvrir le sien. Le 21 novembre 1796, jour de la fête de la Présentation de Marie au Temple, Marie Rivier et ses quatre compagnes se consacrent à Dieu. La nouvelle communauté des Sœurs de la Présentation de Marie commence, et grandit rapidement. De 1797 à 1799, la communauté est victime de persécutions dirigées par le Directoire de Privas. Mais peu à peu de nombreuses fondations voient le jour dans tout le Vivarais. De janvier 1805 à janvier 1808, 23 nouvelles écoles s’ouvrent dans le département de l’Ardèche. La maison de Thueyts est devenue trop petite ; un ancien couvent des Visitandines laissé à l’abandon à Bourg-Saint-Andéol est acheté, et la congrégation s’installe à Bourg-Saint-Andéol en 1819. Marie Rivier continue à se dépenser sans compter pour fonder de nouvelles maisons et des écoles. « Ou faire connaître Jésus Christ ou mourir » disait-elle.

La santé de Marie Rivier se dégrade. Elle meurt, le 3 février 1838. Cette apôtre au cœur de feu a fondé 141 maisons, reçu plus de 350 sœurs pour continuer son œuvre. Elle est béatifiée à Rome le 23 mai 1982 par le pape Jean-Paul II.

Marie Rivier est une sainte très proche et très actuelle. Son désir d’être une éducatrice des âmes doit nous toucher. Et elle désirait être éducatrice en conduisant à Jésus. Pour cela elle a eu un zèle extraordinaire, en une période particulièrement hostile. Mais, comme elle en avait pris l’habitude enfant, en contemplant longuement la Vierge Marie dans sa souffrance, elle a continué toute sa vie à tout lui confier. « J’ai tout fait à coups de chapelets », disait-elle. Que la bienheureuse Marie Rivier nous aide à être, en ces temps difficiles, avec l’aide de Notre Dame des Neiges, des éducateurs à l’amour.

 

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