je recommande l’humilité… et l’humilité !

21 février 2017 : St Pierre-Damien, Bse Henriette et Bx Noël Pinot (Fr. Clément-Marie)

 

Selon Benoît XVI qui lui a consacré l’audience du 9 septembre 2009, saint Pierre-Damien est « l’une des personnalités les plus significatives du XIème siècle. » Il est né à Ravenne en 1007. Dernier enfant d’une famille noble mais pauvre, devenu orphelin de ses deux parents, souvent maltraité, il connut la faim dans son enfance. Tout en gardant les porcs, il étudie et cet écrivain-né est aidé par son frère pour faire des études. Très doué, il est d’abord enseignant, et devient grâce à sa connaissance des grands classiques latins l’un des meilleurs latinistes de son époque, l’un des plus grands écrivains du Moyen Age latin. La rencontre de deux ermites l’amène dans un petit ermitage fondé selon l’idéal de saint Romuald. Il s’y voue à la prière, à l’ascèse, à l’étude des Saintes Écritures, à la contemplation, à la prédication aussi. Nommé prieur à Font-Avellane, il est en relation avec les grands monastères de son époque, comme Cluny ou le Mont-Cassin. Il faut souligner un détail : l’ermitage de Fonte Avellane était consacré à la Sainte Croix, et la Croix fascinera Pierre Damien : « Celui qui n’aime pas la croix du Christ n’aime pas le Christ. » L’Église connaît une période difficile où bien des clercs, prêtres et moines, mènent une vie débauchée, en tous cas relâchée. En 1057, il est nommé cardinal-évêque d’Ostie et chargé de mission à Milan, Cluny, Francfort, etc. Il soutient les papes dans leur action réformatrice : il a vu, disait Benoît XVI, « que la contemplation n’était pas suffisante et il a dû renoncer à la beauté de la contemplation pour apporter son aide à l’œuvre de renouveau de l’Église. Il a ainsi renoncé à la beauté de l’ermitage et avec courage il a entrepris de nombreux voyages et missions. » Pour son amour de la vie monastique, dix ans plus tard, en 1067, il obtient la permission de retourner à Fonte Avellane, en renonçant au diocèse d’Ostie. Demandé encore pour plusieurs missions, il s’y donne généreusement, et meurt dans la nuit du 22 au 23 février 1072. Benoît XVI soulignait enfin que « toute véritable réforme doit surtout être spirituelle et morale… Si nous voulons d’un meilleur environnement humain en qualité et efficacité, il faut, avant tout, que chacun commence par se réformer lui-même… »

Nous fêtons également la Bienheureuse Henriette Dominici. Née en 1829, elle souffre du départ de son père qui abandonne son épouse et ses enfants. Elle s’enflamme à la lecture des livres religieux et fait le vœu secret un jour de devenir religieuse à tout prix. Elle s’impose des pénitences et à quinze ans fait partie d’une confraternité chargée d’accompagner les  enterrements. Elle entre dans la Congrégation de Sainte-Anne et de la Providence, fondée quelques  années auparavant, en 1834, par le marquis et la marquise di Barolo. Elle y entre en 1850 et prit le nom de sœur Marie-Henriette au couvent de Turin, dans ce qui avait été le palais Barolo. Le couvent de Turin s’occupait en particulier des enfants de la rue que les sœurs soignaient, éduquaient et évangélisaient. En 1854, elle fut nommée dans une nouvelle maison, près de Lorette. Elle se fit particulièrement aimer de la population lors d’une grave épidémie de choléra, où elle se dépensa sans compter. Le 21 février 1857, le pape Pie IX vint en visite à Lorette et  la jeune religieuse eut la grâce de le voir lors d’une audience aux religieuses de la région, à laquelle assistait aussi sainte Madeleine-Sophie Barat. Elle revint à Turin puis fut nommée, à seulement 32 ans Supérieure générale. Jusqu’à la fin de ses jours la bienheureuse restera à la tête de la congrégation, lui donnant un élan exceptionnel. Plus de trente maisons de la Providence furent fondées. En 1871, elle eut la joie d’envoyer en mission aux Indes de jeunes religieuses qu’elle ira visiter en 1879. Don Bosco recevra ses conseils pour la rédaction de la Règle de sa propre congrégation. Elle meurt le 21 février 1894 (6 ans après Don Bosco…). Ses derniers mots sont : « Je recommande l’humilité… et l’humilité. »

Enfin, le Bienheureux Noël Pinot, dernier de 16 enfants, prêtre et curé au Louroux-Béconnais, refusa de prêter le serment de la constitution civile du clergé et expliqua en chaire sa position. Il fut arrêté alors qu’il célébrait une messe clandestine de nuit dans une maison, et fut jugé à Angers, par un tribunal dont le président était un prêtre défroqué. Ce dernier, par dérision, lui proposa d’être guillotiné revêtu des ornements sacerdotaux. Noël Pinot répondit : « Oui, ce serait une grande satisfaction. » C’est ce qui advint. Mais l’effet recherché ne fut pas atteint, et lorsque les foules, sur le parcours du condamné, virent passer ce prêtre en chasuble, qui priait profondément, les moqueries et cris habituels firent place pour beaucoup à un silence impressionné. Arrivé au bas de l’échafaud, Noël Pinot récita les prières au bas de l’autel : « Je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu… » Puis il fut guillotiné. C’était un vendredi ; il était 15 heures, le 21 février 1794. Il avait dit encore : « Mon Dieu, qui avez donné votre vie pour moi, c’est avec plaisir que je donne la mienne pour vous. »

Laissez un commentaire