Je t’enverrai mon fidèle serviteur et parfait ami…

15 février 2017 : Saint Claude la Colombière (F. Clément-Marie)

Claude La Colombière naît en 1641 à Saint-Symphorien d’Ozon dans le Dauphiné d’une famille de la petite bourgeoisie, dont la devise était : « sans réserve ». Ils sont quatre frères et une sœur, sans compter deux enfants morts en bas âge. Trois des frères deviendront prêtres, et la sœur deviendra religieuse Visitandine. En 1650, son père achète une charge d’ « élu », c’est-à-dire d’officier des finances, à Vienne ; c’est là que vient s’établir la famille. Il confie son fils Claude aux Jésuites de Lyon. En 1658, à 17 ans, il entre comme novice chez les Jésuites d’Avignon. Il poursuit des études à Paris, et est précepteur des enfants de Colbert, ministre des finances de Louis XIV.

Claude est ordonné prêtre le 6 avril 1669 à Paris. Il est d’abord nommé professeur à Lyon, dans l’établissement où il fut collégien. Dans cette province lyonnaise, il y avait eu du relâchement. En voyant cela, le Père la Colombière en tire une conclusion personnelle vécue : il fait le vœu (privé) de suivre les Constitutions et règles de la façon la plus exacte et il constate que ce vœu au lieu de le contraindre, le libère profondément. Le 2 février 1675, il est admis aux vœux solennels et quelques jours plus tard, il est nommé supérieur de la petite école jésuite de Paray le Monial. Il est aussi confesseur extraordinaire des religieuses de la Visitation. A cette époque-là, le clergé de la ville discute beaucoup au sujet d’une jeune visitandine qui transmet des messages du Seigneur lui-même. On reste sceptique, également dans son couvent, mais la jeune Marguerite-Marie résiste, par obéissance à l’Esprit. Notre Seigneur la console et lui annonce : « Je t’enverrai mon fidèle serviteur et parfait ami qui t’apprendra à me connaître et à t’abandonner à moi » ; et lorsque le Père se présente au couvent, le Seigneur lui fait comprendre qu’il s’agit de celui qu’il lui a annoncé.

Il s’ensuit une parfaite union spirituelle entre eux deux dans le Seigneur, voulue par Jésus pour faire connaître les trésors de son Sacré Cœur. En juin 1675, la sœur reçoit la grande révélation : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qui n’a rien épargné jusqu’à s’épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour. » Claude La Colombière n’est resté que très peu de temps à Paray : à peine un an et demi…

Dès 1676, il est nommé chapelain du duc d’York, un proche du roi. Il se rend à Londres. Il s’agit d’une mission délicate dans ce pays officiellement non-catholique. Il en profite pour étendre son ministère, notamment soutenir les religieuses établies en secret à Londres malgré les persécutions. En 1678, on invente un « complot papiste » et le Père de la Colombière est arrêté. Déjà malade de la poitrine après avoir passé un hiver sans se chauffer, la prison aggrave son état. Devant son état de santé, on le renvoie en France. Malgré sa maladie, ses supérieurs, qui l’estiment, le nomment Père spirituel des jeunes religieux qui viennent étudier au collège de Lyon. Les jeunes religieux l’admirent pour son exactitude et sa spiritualité qui se développe dans la perspective de la réparation et de la miséricorde infinie. Il est tout offert au Sacré Cœur toujours brûlant d’amour, pratiquant un complet oubli de soi.

Mais le poste est trop lourd pour lui. En 1681 il revient à Paray le Monial où il peut encore réconforter Sœur Marguerite-Marie dont la vie mystique se heurte toujours au scepticisme de son entourage. Quand la tuberculose l’emporte le 15 février 1682, alors qu’il n’a que 41 ans.

 

Le martyrologe romain voit en lui un « homme entièrement donné à la prière, qui dirigea bien des fidèles à l’amour de Dieu par ses conseils sûrs et droits. »

Terminons par son acte d’offrande au Sacré-Cœur de Jésus, acte d’offrande qui a marqué Mère Marie-Augusta, et qu’elle a repris en le faisant sien : « Sacré-Cœur de Jésus, apprenez-moi le parfait oubli de moi-même, puisque c’est la seule voie par où l’on peut entrer en Vous. Puisque tout ce que je ferai à l’avenir sera à Vous, faites en sorte que je ne fasse rien qui ne soit digne de Vous. Enseignez-moi ce que je dois faire pour parvenir à la pureté de Votre Amour, duquel Vous m’avez inspiré le désir. Je sens en moi une grande volonté de vous plaire et une grande impuissance d’en venir à bout sans une grande lumière et un secours très particulier que je ne puis attendre que de Vous. Faites en moi votre volonté, Seigneur, je m’y oppose, je le sens bien ; mais je voudrais bien, ce me semble, ne m’y opposer pas. C’est à Vous à tout faire, Divin Cœur de Jésus-Christ. Vous seul aurez toute la gloire de ma sanctification, si je me fais saint, cela me paraît plus clair que le jour, mais ce sera pour Vous une grande gloire, et c’est pour cela seulement que je veux désirer la perfection. Amen. »

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