Ma seule paix sur la terre : me donner à Jésus et vivre d’une vie toute à Dieu, toute en Dieu

Lundi 6 février 2017 : Saint Paul Miki et ses compagnons et vénérable Marthe Robin (Fr. Jean-Régis)

En 1552, aux portes de la Chine meurt le grand jésuite François Xavier après avoir évangélisé l’Inde, le Ceylan, les Moluques et le Japon. Quarante ans plus tard, le christianisme est profondément ancré sur le sol japonais. Jésuites et franciscains œuvrent pour affermir la foi en fondant dans tout le pays écoles, paroisses, hospices et léproseries, témoignant ainsi de la vigueur de cette jeune église. Mais, à cette date, le Japon est en proie à des bouleversements politiques importants. Le shogun Taïcosama cherche à unifier le pays en limitant l’influence des daïmios, les seigneurs locaux. Il veut aussi limiter l’influence des étrangers au Japon. Or le christianisme est une importation étrangère : le shogun s’en prend donc aux chrétiens. En 1587, les missionnaires sont expulsés, le christianisme interdit. Celui-ci s’enfouit et devient clandestin. Dix ans plus tard la persécution reprend de plus belle. En février 1597, vingt-six chrétiens sont arrêtés : parmi eux, des missionnaires européens, jésuites et franciscains, mais aussi des religieux et des laïcs japonais dont des catéchistes, des interprètes, des médecins mais aussi trois jeunes enfants de chœur. La seconde lecture de l’Office des Lectures nous relate le récit émouvant de leur martyre, empreint d’une grande paix et d’une profonde joie au milieu d’atroces tortures. Parmi eux, Paul Miki, premier jésuite japonais et prédicateur passionné. On les promène de ville en ville, pour l’exemple, pour dissuader ceux qui seraient tentés d’embrasser la religion interdite. Torturés, les martyrs continuent à prêcher et à chanter pendant leurs supplices avant de finir crucifiés sur une colline proche de Nagasaki, face à l’Occident, comme pour narguer cet horizon d’où venait le christianisme. Mais leur terrible martyre ne servit qu’à faire éclater les merveilles de la foi.

Cette fête nous invite à prier pour tous ceux qui, en Asie, ont souffert et souffrent pour leur foi. Nous les connaissons peu en Occident mais ils sont pourtant innombrables. Comme nous y invite l’oraison de ce jour, demandons au Seigneur de nous accorder la grâce de garder comme ces vaillants martyrs jusqu’à la mort la foi que nous proclamons.

En ce 6 février, nous voudrions aussi évoquer la grande amie que nous avons au ciel : vénérable Marthe Robin. Nous savons son amitié profonde avec notre Père et Mère Marie-Augusta. Nous lui devons beaucoup. Sa vie fut une immolation perpétuelle, une vie toute unie à Jésus, unie en Jésus souffrant sa Passion et aimant les âmes, toutes les âmes. Comme nous y a encouragé notre Père, prions chaque jour pour l’œuvre des Foyers de Charité. Marthe, nous vous remercions pour votre générosité, pour votre don à Jésus dans la souffrance et dans l’amour. Nous vous remercions pour toutes les grâces que vous avez obtenues à notre Famille spirituelle. En ce jour, nous voulons redire avec vous « O le Bien-aimé de mon âme, mon doux Jésus, c’est Vous seul que je veux et pour votre amour, je renonce à tout ». Apprenez-nous à renoncer généreusement à tout ce qui peut faire obstacle à notre mission d’apôtre de l’Amour. Marthe, vous avez résisté avant de dire un oui total à Jésus ; mais après l’avoir dit, vous n’avez jamais rien refusé à Jésus. Que nos cœurs soient réceptifs pour répondre à toutes les demandes de Jésus. À votre suite, nous pouvons dire à Jésus : « Que ferez-vous de moi aujourd’hui, où me mènera votre amour, que me demanderez-vous encore ? Je l’ignore et ne cherche pas à le savoir. Fiat, ô mon Jésus, fiat et toujours fiat ; fiat sur le Thabor, fiat sur le Calvaire, fiat encore dans l’amour et le renoncement de tout« . Marthe, vous qui avez correspondu si humblement aux demandes de Dieu, éclairez-nous afin que l’orgueil ne s’enracine jamais dans notre cœur, mais que ce soit l’humilité qui grandisse chaque jour davantage. A votre suite, nous voulons dire : « Ma seule paix sur la terre : me donner à Jésus et vivre d’une vie toute à Dieu, toute en Dieu. »

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