Quand le Bon Dieu appelle, il faut marcher coûte que coûte !

28 février 2017 : Bienheureux Daniel Brottier (Fr. Jean)

Durant l’homélie de la messe de béatification du Père Brottier, Jean-Paul II le définissait ainsi : « Prêtre, religieux, sa grande activité ‘découlait de son amour de Dieu comme l’a dit un témoin. À la fois humble et vrai, actif jusqu’aux limites du possible, serviteur désintéressé, Daniel Brottier avançait avec audace et simplicité car il travaillait ‘comme si tout dépendait de lui, mais aussi sachant que tout dépend de Dieu. »

Le bienheureux Daniel est né le 7 septembre 1876, à la Ferté-Saint-Cyr. Le jour de sa première communion, à onze ans, il perçoit, dans un « vrai cœur à cœur avec Jésus », l’appel à devenir prêtre. Il entre au Grand Séminaire de Blois à seize ans ; il y sera ordonné prêtre à vingt-trois ans. L’évêque lui permet ensuite d’entrer au noviciat de la Congrégation du Saint-Esprit le 26 septembre 1902 ; il a 27 ans. Il veut vivre sa vie religieuse à fond : « Je crois avoir compris l’étendue des obligations de la vie religieuse dans la congrégation. La charité surtout, la simplicité, l’obéissance aveugle… Quant à la vie de mission, je l’ai toujours envisagée, dès l’âge de 12 ans, comme la vie d’un homme qui veut se sacrifier et s’immoler pour le salut des âmes, vite ou goutte à goutte, qu’importe ! ». Il est nommé en Afrique à Saint-Louis du Sénégal. Cependant, sa santé ne résiste pas à son excès de zèle et il doit rentrer en métropole au bout de trois ans et demi ! De retour il fut confronté à un terrible doute : ne doit-il pas se retirer dans le silence d’un monastère ? Lors d’un passage à Lérins il reçoit la conviction que le Seigneur l’appelle bien pour l’apostolat.

En août 1914, la première guerre mondiale éclate ! Daniel Brottier n’est pas mobilisable. Mais il participe à la création du corps d’aumôniers volontaires, et s’engage lui-même en entrainant avec lui quelques centaines de religieux. Il ne sera jamais blessé, on l’appellera « l’aumônier légendaire ». Au retour de la guerre, Daniel apprend de son évêque que la protection mystérieuse dont il fut l’objet était due à Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus que celui-ci avait sollicitée durant les quatre terribles années de guerre. Le Père Brottier se met alors à lire Histoire d’une âme et lui et Sainte Thérèse vont désormais cheminer « la main dans la main », tant dans l’intimité du cœur que dans l’ardeur de l’action : « Ma consolation est de penser, pendant que je lutte ainsi tout le jour dans la plaine, que des mains sont étendues sur la montagne d’un carmel aimé, et supplient le Seigneur pour le pauvre combattant… Si Dieu cogne un peu fort sur vous, n’en soyez pas surpris, il y a tant d’intérêt en jeu dans cette lutte. »

Le 21 novembre 1923, le père Brottier devient le Directeur de l’Œuvre des Orphelins-Apprentis d’Auteuil. Fondée en 1866 par l’Abbé Roussel, elle périclitait sous des revers financiers. Daniel est appelé à rayonner l’infinie tendresse de Dieu pour ceux et celles qui ne sont pas aimés. On le voit désormais totalement donné au service des enfants en détresse, qu’il va favoriser par une éducation de choix. Tous ceux qui travaillent avec lui à l’Œuvre d’Auteuil reconnaissent son grand art de savoir collaborer fraternellement. Ceci va favoriser en même temps la construction « d’une grande et belle basilique » dédiée à Thérèse, et la construction à distance de la cathédrale de Dakar.

Pourtant le mérite de Daniel fut de travailler constamment avec d’atroces maux de tête qu’il appela sa « couronne d’épines ». Aux épreuves physiques s’ajoutent de pénibles tribulations morales. Enfin, quand l’heure arrive de partir pour Dakar à l’inauguration de sa chère cathédrale, malade, il reste à Paris avec « ses enfants ». Le 15 février, on le transporte à l’hôpital Saint-Joseph. Il y meurt durant la nuit du 28 février 1936, sous la protection maternelle de Notre Dame. Jusqu’au bout, il aura voulu participer aux souffrances du Christ pour être, avec Lui, co-rédempteur pour les siens. Il écrivait à son frère : « Quand le bon Dieu appelle, il faut marcher coûte que coûte. »

 

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