Saint Ethelbert, à l’origine de l’Eglise d’Angleterre

Vendredi 24 février 2017 : Saint Ethelbert (Fr. Joseph)

 Nous connaissons l’origine de la France chrétienne qui est marquée surtout par trois personnes : un évêque : saint Rémi, une reine : sainte Clotilde et un roi : Clovis. Nous connaissons moins l’origine de l’Angleterre chrétienne qui est aussi marquée par trois personnes : un missionnaire évêque : saint Augustin de Cantorbéry, un roi : saint Ethelbert (appelé aussi saint Albert), que nous fêtons aujourd’hui, et une reine chrétienne du nom de Berthe.

De même que la Gaule du temps de Clovis avait déjà été évangélisée, ainsi en était-il de l’île de la Grande-Bretagne du temps d’Ethelbert. Cependant l’invasion des Saxons l’avait fait retomber dans le paganisme. Une nouvelle annonce de l’Evangile était nécessaire. Ethelbert est le 1er roi anglo-saxon à s’être converti au christianisme.

Né vers 552, il devient roi de Kent en 567. Il semble avoir dominé l’Angleterre en son temps, car Bède le Vénérable le mentionne comme le troisième roi à exercer l’imperium sur les autres royaumes anglo-saxons, et la Chronique anglo-saxonne lui attribue le titre de « souverain de Bretagne ».

   Encore païen, il épouse une princesse chrétienne franque, Berthe, fille de Caribert 1er, roi des Franc, lui-même petit fils de Clovis. Une condition est posée : il devra laisser son épouse pratiquer sa religion.

   Or le pape saint Grégoire le Grand avait grand souci du salut des Anglo-saxons. De Rome il envoya le moine Augustin avec une quarantaine de moines. Ceux-ci avaient très peur d’aller vers les saxons, car on parlait beaucoup de leur cruauté. Il fallut toute l’énergie du pape pour les décider. Ils arrivent donc sur l’île de Grande-Bretagne. Ethelbert ne consent pas à les recevoir immédiatement mais leur ordonne de demeurer à l’embouchure de la Tamise, sur une île. Après quelques jours, il vient les voir, mais ne leur parle qu’en plein air, une superstition païenne lui faisant redouter quelque maléfice s’il s’entretenait avec ces étrangers sous un même toit.

  A la nouvelle de son approche, les moines viennent à son devant en chantant les litanies suivant l’usage de Rome. Le roi les écoute, il ne se convertit pas, mais leur accorde l’hospitalité et leur permet de convertir qui ils veulent.

   Les missionnaires suivent le roi à Cantorbéry et il leur donne une demeure. Ils peuvent célébrer l’office, prêcher et baptiser. Mais le roi finit par être touché par la pureté de leur vie et aussi par leurs promesses attestées par des miracles qu’il peut voir. Il demande le baptême. Augustin le baptise en 597 le jour de Pentecôte. Beaucoup suivent librement l’exemple du roi. En effet, il encourageait ses sujets à l’imiter, mais refusait de les contraindre.

   Puis, selon les désirs du pape, Grégoire le Grand, Augustin va en France recevoir l’ordination épiscopale des mains de l’archevêque d’Arles. A son retour, pour la Noël de cette même année, le nouvel évêque baptise plus de 10 000 anglo-saxons.

   Ethelbert est un grand bienfaiteur de l’Eglise. Il donne au moine Augustin devenu évêque son propre palais de Cantorbéry et transforme sa demeure en monastère. Lui-même va s’établir dans une ancienne forteresse romaine. Et sur le site d’une ancienne église du temps des romains, on commence à construire une basilique (Christ Church) qui devint la métropole de l’Angleterre.

   Le roi favorise aussi l’introduction du christianisme dans un royaume voisin placé sous sa dépendance. Il fait construire à Londres une église dédiée à saint Paul et destinée à devenir la cathédrale. Il autorise aussi la fondation d’un second évêché à Rochester. Enfin, il accorde légalement à l’Eglise le fait d’avoir des propriétés et de jouir de la liberté. Ce sont les premières lois écrites du peuple anglais ; elles sont désignées sous le nom de « jugements d’Ethelbert », c’est le début d’un code national.

   Ethelbert travaille aussi à la conversion d’un roi voisin qui malheureusement retourne ensuite au culte des idoles.

   A la mort de son épouse, Berthe, Ethelbert se remarie. Lui-même meurt quelques années après. Il avait régné 56 ans dont 20 en tant que roi chrétien.

Son corps fut enterré dans l’église saint Pierre-et-Paul à côté de celui de Berthe (24 février 616).

   Saint Ethelbert a été spécialement honoré en Angleterre jusqu’aux jours du roi Henri VIII qui laissa un bien triste héritage. En raison d’un second mariage que le pape ne voulait ni ne pouvait reconnaître, Henri VIII entraîna l’église d’Angleterre dans le schisme anglican. Actuellement les anglicans de Grande-Bretagne se sont tellement conformés à l’esprit du monde qu’ils sont menacés de disparition.

   En France, c’est plutôt la Révolution qui a marqué le début d’un antichristianisme.

   Comme au temps d’Ethelbert et de l’évêque saint Augustin de Cantorbéry, le Seigneur appelle des ouvriers dans sa vigne, pour une nouvelle reconstruction. En quittant le sol français en 2008, le pape Benoît XVI disait : « les temps sont propices à un retour à Dieu ». Nous y croyons profondément. Ils sont propices surtout pour les âmes missionnaires qui ne s’arrêtent pas à des considérations trop humaines, qui s’appuient sur Dieu, en croyant que rien n’est impossible à Dieu.

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