Aidez-moi à devenir saint !

9 mars 2017 : Saint Dominique Savio (Fr. Clément-Marie)

« Dominique est la plus délicieuse figure de la geste de don Bosco », disait l’historien Daniel-Rops. Dominique naît en 1842 à une vingtaine de kilomètres de Turin, deuxième enfant d’une famille de dix. Sa famille est pauvre, ce qui oblige son père à exercer à tour de rôle les métiers de forgeron ou de paysan suivant les nécessités et à changer plusieurs fois de lieu d’habitation. Deux ans après la naissance de Dominique, ses parents retournent dans leur pays d’origine, le hameau de Murialdo, village natal de Don Bosco. Dès l’âge de cinq ans, Dominique suit la messe quotidiennement et lorsque l’église n’est pas encore ouverte, il s’agenouille à la porte et prie, quel que soit le temps. Très pieux, on n’a pas besoin de lui rappeler ses prières. C’est plutôt lui qui les rappelle à ses parents quand, pressés par la tâche, ils les oublient. Bien qu’à l’époque on ne fasse la première communion qu’à 11 ou 12 ans, Dominique est si avancé qu’on lui permet de la faire à 7 ans. Conscient de ce à quoi il s’engage, il écrit ceci : « Résolutions prises par moi, Dominique Savio, en 1849, quand j’ai fait ma première communion à 7 ans : 1) Je me confesserai très souvent et je communierai toutes les fois que mon confesseur me le permettra. 2) Je veux sanctifier les jours de fête. 3) Mes amis seront Jésus et Marie. 4) La mort mais pas de péchés. »

À l’école, Dominique est un élève excellent et sa conduite est irréprochable. Don Bosco passant dans la région en octobre 1854 avec un certain nombre de ses garçons, on lui parle de Dominique Savio avec éloges et ce dernier vient le voir, accompagné de son père. Dominique se rend ensuite à Turin à l’Oratoire. Arrivé dans la chambre de don Bosco, son regard s’arrête sur un carton où sont écrits en gros caractères les mots suivants : « Da mihi animas, cœtera tolle – Donne-moi des âmes, prends tout le reste. » Don Bosco en a fait sa devise. Elle deviendra aussi celle de Dominique. Don Bosco lui demande : « Veux-tu devenir saint, comme le demande l’apôtre Paul ? Par la grâce du Seigneur, tu en as l’étoffe !Oui, je le désire vivement et je souhaite que cette étoffe devienne un bel habit pour le Seigneur, répond Dominique ; mais il me faut pour cela un bon tailleur. Acceptez-vous de le devenir pour moi ? »

La fête de l’Immaculée Conception du 8 décembre 1854 est l’occasion pour lui de faire un grand pas dans la vie spirituelle. C’est le jour de la proclamation du dogme de l’Immaculé Conception par le bienheureux Pape Pie IX. Le soir de ce grand jour, Dominique se consacre à la Sainte Vierge et renouvelle les promesses faites à sa première communion, puis répète les phrases suivantes : « Marie je vous donne mon cœur ; faites qu’il soit toujours vôtre. Jésus et Marie, soyez toujours mes amis, mais de grâce, faites-moi mourir plutôt que d’avoir le malheur de commettre un seul péché. » Dès lors sa vie en paraît tellement transformée qu’à partir de ce jour, don Bosco se met à noter ses faits et gestes pour ne pas les oublier. Dominique est un bon camarade, toujours joyeux, pur, serviable, fervent pour l’apostolat, héroïque parfois comme lorsqu’il s’interpose entre deux camarades plus âgés que lui qui veulent se battre à coups de pierres.

Au carême 1855, à la suite d’un sermon de Don Bosco qui dit que Dieu veut pour chacun la sainteté, Dominique se répète : « Dieu me veut saint ! » Quelques semaines plus tard, le 24 juin, jour de fête, don Bosco annonce : « Que chacun écrive sur un billet le cadeau qu’il désire de moi. Je vous assure que je ferai mon possible pour vous satisfaire. » Il y a de tout sur les billets. Sur celui de Dominique, juste cinq mots : « Aidez-moi à devenir saint. »  Cherchant à ressembler à Jésus, il s’ingénie au sacrifice et fonce dans la voie des pénitences extraordinaires. Mais Don Bosco remarque que Dominique semble avoir perdu son entrain et sa bonne humeur. « Non, lui dit-il. Ton devoir d’étudiant, la joie permanente au service des autres, voilà ta sainteté. Un saint triste est un triste saint. » Dominique s’y donnera de tout son cœur.

Atteint de la tuberculose, il doit quitter l’Oratoire au début de l’année 1857 et rentrer dans sa famille. Il en est très peiné, car il sait, malgré ce que lui dit don Bosco, qu’il ne reviendra plus. Le 9 mars, son curé vient le voir. Il se réveille, dit adieu à ses parents, et s’exclame d’une voix claire et joyeuse : « Oh Papa, comme c’est beau, ce que je vois… » À ces mots et toujours en souriant, le visage lumineux, il meurt paisiblement. Dominique n’avait pas encore 15 ans.

Confions à Saint Dominique Savio les jeunes, et les servants de messe, dont il est le saint patron. Le martyrologe romain souligne que, « D’un caractère doux et joyeux depuis son enfance, il parcourut à grands pas, sous la direction de saint Jean Bosco, le chemin de la perfection… » Qu’il nous aide tous, et plus spécialement en ce carême, à accélérer le pas sans notre marche vers la sainteté.

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